Les débats

L’économie, l’orientation, les arts et les langues

J’ai 24 ans et je suis dans la vie active depuis 3 ans, après 4 années d’études supérieures récompensées par une licence de journalisme. Je repense souvent au lycée et à l’école en général. Et j’en arrive à quatre constats.

- D’abord, je me dis que l’Economie devrait être enseignée dès la Sixième et présente jusqu’à la Terminale, quelle que soit la section. C’est tout de même LA matière en rapport étroit avec la future vie des élèves, qui seront salariés dans des entreprises pour la plupart. Je suis souvent abasourdi par le manque de culture et de compréhension économique de certaines personnes, même haut placées dans la société.

- Ensuite, il est clair que l’ensemble du processus d’orientation doit être revu et amélioré. Il faut instaurer des réunions d’information obligatoires, dans lesquelles seraient présentés des PDG, des cadres, des médecins, des secrétaires, des fonctionnaires, des entrepreneurs, que sais-je encore, qui viendraient parler de leur métier aux lycéens, concrètement. Ensuite, un suivi de l’orientation des élèves devrait avoir lieu, obligatoirement encore une fois, ainsi que des réunions d’information sur le contenu des différentes filières d’études supérieures et sur les chiffres de débouchés professionnels. Et il faudrait faire venir d’anciens lycéens qui sont aujourd’hui qui à la fac, qui dans une école privée, qui en BTS, en alternance…

- Et pourquoi ne pas plus développer l’accès aux arts, des visites dans les musées, des ateliers sculpture, dessin, etc. Mais aussi des enseignements divers, comme la création d’un site web, un atelier écriture, des cours d’expression orale et de prise de parole en public.

- Enfin, les langues DOIVENT être enseignées dès la classe de CP, de manière intensive, en privilégiant l’oral ! Et au lycée, l’Anglais pour le business doit être enseigné et non pas l’Anglais pour la vie de tous les jours. J’ai souvent été surpris par le niveau d’Anglais des jeunes Allemands, Scandinaves, Hollandais, etc. Ils sont tous presque bilingues ! Nous autres Français faisons pâle figure à côté !

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Commentaires9 commentaires

  • Alexis Grillet

    Je suis en grande partie d’accord avec vous. L’économie est une matière importante qui a pour quasiment toutes les carrières son importance. Tout comme l’Education Civique Juridique et Sociale qui est aussi très peu étudiée. Ces matières devraient prendre plus de place quitte à les regrouper si c’est plus simple lorsque l’élève n’est pas dans la section ES. L’une apprend à l’élève un minimum de culture économique qui malgré les sondages BVA nous disant les champions d’Europe dans ce domaine ne seraient pas inutiles. L’autre apprend la citoyenneté, et c’est regrettable qu’aujourd’hui cette matière ne soit pas mise en avant.

    L’orientation est en effet un problème majeur puisque de nombreux élèves de Terminale ne savent pas le métier ni même les études qu’ils souhaitent faire. Il faut prendre plus exemple sur les grandes écoles qui organisent ce type d’évènements. Évidemment, c’est plus difficile à organiser puisqu’il ne suffirait pas de rencontrer des professionnels d’un seul domaine. Mais, on peut aussi organiser des sorties dans les salons de l’orientation présents chaque année dans les grandes villes.

    Pour l’accès aux arts et les activités multiples, j’ai le souvenir d’une très bonne réussite dans mon école primaire dans laquelle nous allions souvent visiter des musées et où des stages de théâtre ou de cirque étaient organisés. Il faudrait continuer le plus longtemps possible ce type d’activités. Prenons l’exemple de la section scientifique : actuellement leur seule sortie consiste à étudier des roches à la mer ou en montagne pour leur programme de Sciences et Vie de la Terre. Il est tout de même dommage qu’aucun muséum d’histoire naturelle ou observatoire ne soit visité durant les deux années… Enfin, l’idée d’enseignements divers est assez plaisante. Chaque trimestre ou semestre l’élève pourrait choisir un atelier? De plus ces enseignements pourraient être mis en relation avec les cours théoriques tels que les langues vivantes ou le français.

    On sait maintenant que les langues vivantes s’apprennent plus facilement plus tôt. Il est donc impératif de commencer cet apprentissage au primaire. Dès la maternelle ou le CP peuvent être vus des films (animés ou non) en Version Originale Sous-Titrée. Dans beaucoup d’autres pays, le meilleur apprentissage des langues est dû à l’arrêt de la traduction systématique des films. Ainsi, l’élève travaille sans s’en rendre compte ce qui est plus agréable que de le contraindre à le faire à cet âge. Puis, une fois que l’enfant a appris à lire et écrire en français, on peut commencer l’apprentissage de la langue étrangère à l’écrit.

    PS : merci d’être indulgent pour les fautes, je ne me suis pas relu


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  • Bruno

    On s’accorde à dire que le français et les mathématiques sont de moins en moins maîtrisés par les élèves. Chacun s’accorde aussi à dire que l’anglais devrait être enseigner dès le CP, et voila que vous nous proposez d’enseigner en plus l’économie dès la 6ème… Merveilleux, et pourquoi ne pas apprendre aussi la cuisine, la mécanique, l’informatique, la couture ou même le marketing pour que ‘les élèves d’aujourd’hui soient les adultes responsables de demain’? Et que fait-on de la vie personnelle des élèves? Toutes ces heures d’enseignement supplémentaire ne nuiraient-elles pas au final à leur épanouissement personnel?
    Pour vous donner une expérience personnelle, j’ai toujours été attiré par les Sciences, et pourtant les musées m’ont toujours largement ennuyé. Peut-être que vous appréciez ça, du haut de vos 24 ans, mais mettez vous à la place de plus jeunes qui n’en ont pour la plupart strictement rien à faire. Ces initiatives sont de toute façon déjà en place mais il est facile d’en vouloir toujours plus.
    Vous dites, je vous cite “Je suis souvent abasourdi par le manque de culture et de compréhension économique de certaines personnes, même haut placées dans la société.”
    Vous placer de la sorte comme être portant la connaissance, par rapport aux autres, ignorants, est une attitude assez irritante. Les élites qui nous gouvernement sont tout de même sortis des meilleurs écoles de l’État, et l’économie a dépassé pour eux le très scolaire cadre théorique.
    Par ailleurs si leurs décisions et connaissances de l’économie sont si mauvaises malgré leurs brillantes études, pourquoi penser qu’un enseignement de l’économie dès la 6ème puisse être bénéfique pour la nation?
    La critique est honorable mais soyons indulgent envers ces gens car rien ne nous dit qu’une fois en place nous agirions autrement.


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  • Aurore

    “Enfin, les langues DOIVENT être enseignées dès la classe de CP, de manière intensive”
    Mais vous rêvez ou quoi ?

    Comment voulez-vous apprendre une langue étrangère à des gosses plombés par les méthodes globales et qui ne maîtrisent même pas leur propre langue maternelle ? Revenons sur Terre !


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  • Aurore

    “Et pourquoi ne pas plus développer l’accès aux arts, des visites dans les musées, des ateliers sculpture, dessin, etc. Mais aussi des enseignements divers, comme la création d’un site web, un atelier écriture, des cours d’expression orale et de prise de parole en public”

    Il existe déjà des structures associatives ou les conservatoires qui sont parfaitement compétents pour tout ceci. Il faut simplement inciter les parents à y inscrire leurs enfants et à développer l’offre. Mais ce n’est pas la mission du lycée qui a déjà assez à faire comme cela !

    Arrêtons de faire du saupoudrage d’activités ludiques, cela coûte très cher et n’apporte pas grand chose. Rehaussons les exigences, valorisons l’effort et le mérite et habituons nos élèves à des méthodes de travail vraiment efficaces. Il n’y a que cela pour réussir.


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  • Alexis Grillet

    Bruno et Aurore, je vois plutôt les sorties comme quelque chose remplaçant certains cours magistraux. Ainsi, on peut supprimer des heures passées au lycée sans enlever du temps de travail. Et je ne vois pas en quoi une sortie est moins intéressante qu’un cours : la difference entre les deux est que l’élève comprendrait le cours lui-même et ne se ferait pas dicter des connaissances qu’il comprendra lors de relectures plus tard… Certes, les coûts sont à prendre en compte : personnellement, je propose sans calculer car je n’ai pas de chiffres précis.

    Pour la langue, plus l’on commence tôt son apprentissage, plus il sera facile. Des élèves du CP et même de maternelle comme je l’ai dit pourraient jouer, faire des activités ou même visionner des films dans une langue vivante sans que cela ne gène l’apprentissage de la langue maternelle. Il ne faut pas le voir comme un cours de langue classique où l’on fait du par cœur mais comme un travail par l’amusement. De plus, le jeune enfant entend beaucoup plus de sons différents qu’un adolescent ou qu’un adulte et pourra plus facilement reproduire les sons.


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  • Aurore

    Alexis, pensez-vous vraiment que ce genre d’activités “ludiques” vous fait apprendre une langue ?
    En ce qui concerne les sorties, elles ont beau être parfois utiles, elles ne remplaceront jamais un un vrai cours structuré ou une séance d’entraînement.
    Réduisons les vacances scolaires, libérons les après-midi et organisons alors des sorties ou des activités culturelles. Mais pas à la place des cours ! Depuis 30 ans on a supprimé en français l’équivalent d’une année pleine de cours au collège. Voyez la baisse du niveau qui en résulte.
    Idem pour les langues. En primaire, les activités “par l’amusement” que vous évoquez se font au détriment des matières fondamentales. L’école élémentaire doit être réservée aux apprentissages élémentaires. Ne mettons pas la charrue avant les boeufs.


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  • Alexis Grillet

    Ces activités par l’amusement ne constituent pas un enseignement secondaire. Il est primordial d’augmenter le niveau en langue. Et je peux vous garantir que ce genre d’activités ludiques augmenteraient énormément les capacités en langues des élèves, ce qui pourrait aussi laisser de la place pour des matières telles que le français ou pour des sorties au lycée. Car si l’on apprend une langue plus rapidement, il reste juste à la pratiquer au lycée pour ne rien perdre. A l’étranger, on y arrive, pourquoi pas nous? Nos enfants ne sont tous de même pas si idiots que ça.

    En ce qui concerne les sorties, évidemment cela ne remplace pas un cours puisque moins de connaissances sont apprises. Mais celles-ci ne sont pas à négliger puisqu’elles développent l’esprit logique et la réflexion des élèves. De plus, elles permettent de mieux comprendre certains chapitres. Aujourd’hui, au lycée on ne voit plus de sorties et c’est bien dommage. Une ou deux par trimestre ne seraient pas de trop.
    Le niveau en français, lui, je ne pense pas qu’il soit dû au lycée mais plutôt que les problèmes sont antérieurs. Pour certains ils datent du collèges, pour d’autres de la primaire. Mais le débat n’est pas là.


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  • Francois

    le grand Yaka va déposer un brevet pour l’eau tiède…
    La plus part des lycees organisent effectivement et depuis des décennies les rencontres avec les professionnels, faites le point dans les établissements, cependant cela ne suffit encore pas à élargir suffisamment les connaissances; en “droit”, on veut voir un avocat ou un juge… peu un notaire jamais un huissier ou un juriste d’entreprise et leur présence est boudée ( heureusement que le lycée avait prévu un pot ce jour là, ils étaient furieux…) (par contre si nous avions eu un représentant de la police scientifique c’était le jackpot!!) Bref une action de ce type est intéressante, c’est pour cela qu’elle est pratiquée en complément d’autres… mais méfions nous des actions-Pub auto-valorisante (ça s’est vu.. donc on a fait quelque chose!cqfd)le fond du problème reste plus complexe…


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  • paradox

    A Bruno.
    Vous citez la phrase de Corentin Orsini : “Je suis souvent abasourdi par le manque de culture et de compréhension économique de certaines personnes, même haut placées dans la société” pour la critiquer.

    1. Cette phrase est évidemment à nuancer :

    * d’une part, les connaissances économiques de base de la population française sont fortement sous-estimées : “Dans son édition du mercredi 25 mars 2009, L’Expansion présente les résultats d’un sondage réalisé par BVA auprès de 3 500 adultes dans huit pays européens (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Pologne, Pays-Bas et République Tchèque). En réponse à des questions considérées comme portant sur des connaissances « de base » en économie, les Français obtiennent le meilleur score (80% de bonnes réponses), alors que les derniers sont les britanniques (59% de bonnes réponses)”
    http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/non-les-francais-ne-sont-pas-nuls-en-economie_177768.html

    * d’autre part, malgré ce que j’ai dit plus haut, on ne peut que constater les interrogations de nombreux français (et élèves, je le constate) face à la crise financière et économique actuelle (c’est légitime et sain de la part des citoyens de s’interroger de la sorte) : “d’où vient cette crise, comment s’explique t-elle, quel est le rôle d’une banque”, etc. Il suffit d’écouter les questions des auditeurs à la radio aux invités économistes pour se rendre compte qu’il y a un vrai manque en terme de culture économique.

    * D’où la nécessité selon moi d’un enseignement de sciences économiques ET sociales au lycée pour tous les élèves de seconde, mais aussi pour les élèves des filières L et S.
    Il est vrai que la filière ES accueille 43 % des élèves des lycées d’enseignement général, mais “les 57 % restants, qui vont jusqu’au bac n’entendront jamais parler d’entreprise ni de marché, car la matière obligatoire en seconde jusqu’en 1992 est aujourd’hui optionnelle” (Philippe Hayat, professeur à l’Essec).
    C’est à regretter, car la compréhension de l’économie (à associer avec une compréhension des phénomènes sociaux qui leurs sont souvent liés et parfois même indissociables) fait partie des connaissances fondamentales que devrait avoir tout élève et (futur) citoyen.

    2. * Pour ce qui est des élites. Vous dites : “Les élites qui nous gouvernement sont tout de même sortis des meilleurs écoles de l’État (…)”.
    Pas tous : beaucoup ont fait des études de droit, et les chemins qui mènent à la profession politique sont extrêmement divers. Par ailleurs, cela n’empêche pas certains responsables politiques (mais aussi de journalistes…) de faire d’énormes bourdes en terme de connaissances économiques ou de raconter n’importe quoi.
    Avoir un minimum de connaissances économiques pour un grand nombre de citoyens permet de ne pas gober sans comprendre ni esprit critique tout ce qui se dit sur l’actualité économique.

    * Pour ce qui est de l’utilité d’un enseignement de sciences économiques (à associer avec des sciences sociales) , vous dites : “Par ailleurs si leurs décisions et connaissances de l’économie sont si mauvaises malgré leurs brillantes études, pourquoi penser qu’un enseignement de l’économie dès la 6ème puisse être bénéfique pour la nation?”
    Il y a une grosse distinction à faire entre les connaissances, et l’usage qu’on en fait. Les décisions prises en terme de politiques économiques, fiscales, sociales ne sont pas à relier à la discipline économiques elle même :
    si une politique fiscale en vue de baisser les prélèvements obligatoires des contribuables les plus riches est un échec en terme d’équité et de rentrées fiscales pour l’Etat, ce n’est pas de la faute à la science économique mais au candidat qui a été élu sur ce slogan et qui l’a mis en oeuvre.
    Crise économique et crise sociale sont d’ailleurs liés puisque la crise financière qui s’est élargie en crise économique amène des ouvriers à exprimer leur mécontentement par … du conflit social. Des manifestations frnco-allemandes de salariés d’entreprises en difficultés voient le jour : c’est une “action collective”, peut-être en train de se transformer en mouvement social de mécontentement plus général… Nécessité de comprendre les phénomènes sociaux (liés aux phénomènes économiques) par un enseignement de sciences sociales, disais-je plus haut).

    * Pour finir, un enseignement qui élèverait l’esprit des jeunes collégiens ou lycéens, leur permettrait d’être éclairé et d’avoir des clés de compréhension sur des questions économiques et sociales de notre temps ne serait-il pas bénéfique pour la nation? La réponse est pour moi : forcément, oui.


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