Les débats

Les langues à l’école. Pour un vrai choix.

Afin de remédier au tout anglais, et de retrouver la diversité linguistique dans les lycées et un vrai choix de la ou les langues étrangères à étudier, je propose une complémentarité entre l’école, les clubs locaux, les instituts sous contrôle des autres pays, les instituts privés, les associations parentales (il existe déjà des aides aux devoirs), et même les familles.

Les établissements proposeraient un choix de langues selon leurs possibilités, et les élèves pourraient choisir une autre langue.

La validation du niveau acquis demeurerait du seul ressort de l’Education nationale.

Un module culturel lié à une langue pourrait être également exigé, afin de ne pas se limiter à l’aspect communication, sous réserve d’un programme réaliste, ne dépassant pas ce que les élèves acquièrent d’ordinaire. Ce module culturel pourrait être étudié grâce aux technologies de la communication pour les langues non disponibles dans l’école, et les heures d’étude pourraient avoir lieu dans et hors l’établissement, à discuter.

Autre avantage : une valorisation des langues de l’immigration, plus concrète que du baratin démagogique.

Vraie liberté de choix, dans un large panel de langues, souplesse, à coût constant, tout le contraire de ce qui se fait actuellement : une quasi-absence de choix, très limité quand il existe, un système lourd et bloqué, où de nombreux profs ne trouvent pas à enseigner la langue pour laquelle ils ont été recrutés à vie !

Cela ne peut s’envisager sans une réforme simultanée des langues au primaire, car la réforme dite d’initiation « aux » langues a amené insidieusement le tout anglais, imposé aux élèves sauf rares exceptions, faute de choix.

La notion même de pouvoir choisir sa langue étrangère a disparu de nos écoles, et même de nos esprits, ce qui est plus grave !

Ma proposition pour le primaire : un vrai choix entre langue régionale, anglais ( ou autre selon disponibilités), programme Evlang (Eveil aux langues, initiation linguistique non spécialisée dans une langue), et espéranto. Les profs de chaque tourneraient sur les quelques écoles proches. Une réforme simple, rapide à appliquer, à coût constant, sous réserve de se rappeler que l’école primaire est chargée d’une initiation aux langues, rien de plus… c’est le lieu de la découverte, pas de la spécialisation.

C’est ça ou le tout anglais, de la maternelle à l’enseignement supérieur, de gré ou de force… ce que souhaitent certains.

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Commentaires7 commentaires

  • Ghislain

    La valorisation de la diversité par les langues, oui.
    D’autres langues que l’anglais, oui.
    Les langues de l’immigration valorisées au lycée, oui et oui encore.

    Mais nous vivons dans un monde où l’anglais est plus que nécessaire. Se voiler les yeux est utopique. L’espéranto n’aidera pas nos enfants à s’ouvrir à ce monde, à l’international, à trouver des emplois.

    L’anglais doit être enseigné à tous, et enseigné tôt.

    Anglais ou autres langues, c’est bien plus qu’une initiation, une “découverte” que l’on devrait apprendre à l’école primaire. Les enfants des couples multiculturels parlent couramment plusieurs langues sans effort, et s’avèrent plus tard bien meilleurs pour en apprendre de nouvelles.

    Quand au lycée, il devrait systématiser l’usage des langues étrangères - anglais en premier - dans les différents cours. Cours d’histoire ou de géographie en anglais, ce type d’initiative permettra à nos enfants d’apprendre vraiment une langue, et de ne plus la voir comme un enseignement abstrait mais comme un réel outil de communication.


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  • Olivier

    Je suis en total désacord avec ce message. L’anglais est une obligation absolue pour la majorité d’entre nous (ne serait-ce que pour voyager), les autres langues sont facultatives.
    Je préfèrerais que les élèves de terminal pratiquent parfaitement l’anglais ; ils pourraient suivre par exemple la moitié de leurs cours (et de leurs manuels scolaires)dans cette langue.
    Secondairement (c’est à dire en 1ère et/ou dans le supérieur), les étudiants peuvent choisir d’apprendre d’autres langues dans un but culturel ou commercial et en connaissance de causes.
    Personnellement j’ai appris l’allemand en LV2 (de la 4e à la terminale) qui ne m’a servis absolument à rien, je n’en connais plus que quelques mots 10 ans après. J’ai pourtant quitté le lycée avec des carences en anglais.
    Je suis autant que vous attaché à la culture écrite, française ou étrangère. Mais il faut rester pragmatique et définir des priorités, on peut très bien apprendre le russe ou le mandarin à la fac par la suite.


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  • Viviane Micaud

    L’anglais est la langue de la communication de l’industrie et de la recherche. J’irai même plus c’est n’est pas une langue étrangère c’est la langue de communication du citoyen de la mondialisation. Le français a encore une bonne place comme langue de culture.
    Pour cette raison l’anglais est la langue imposée en bac pro, en IUT. Ceux qui ont cru avoir plus de possibilités en prenant Allemand LV1, se trouvent bien dépourvus voir en situation de difficulté.
    Soyons pragmatique, l’anglais doit faire partir de l’enseignement de base de tout jeune français, ce qui n’empêche pas d’encourager l’apprentissage d’autres langues et faire connaître la culture associée.
    Mais pitié pour ceux qui ont une mémoire totalement visuelle, ne les obligeons pas de maîtriser une autre langue, si cela n’est pas utile pour le parcours qu’ils ont choisi.


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  • ELCrustace

    Valoriser les langues de l’immigration est une très bonne idée, cela permettrait peut-être de rapprocher les jeunes qui en sont issues du système scolaire, et du système tout court! Susciter (et faciliter) chez eux le désir d’apprendre et de se perfectionner aurait certainement des répercussions dans les autres matières, et n’oublions pas que la maîtrise d’une langue permet à l’esprit de grandir et de s’épanouir! Quelle différence entre un individu qui pense en arabe et un autre qui pense en français? Si être français c’est avoir une sorte d’”esprit français”, alors effectivement nous avons un problème!
    Quant à l’anglais, il est assez clair qu’on ne peut s’en passer aujourd’hui, mais il faut savoir ce que l’on souhaite. Il est évident qu’apprendre 3 langues (Français, LV1 et LV2) nécessite du temps, et si le temps manque, c’est la qualité de l’enseignement qui diminue. Tout simplement.


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  • Melamine

    Bonjour,

    Les enfants ont déjà du mal à maitriser le français - aussi bien à l’oral qu’à l’écrit. Evitons de les pertuber en primaire avec une seconde langue. Attendons le secondaire.

    L’anglais est indispensable. Bien ou mal c’est un fait.
    Ce n’est plus une question de choix.
    Les français parlent mal l’anglais et ne le comprennent pas bien en sortant de l’école.
    Effectivement il serait bon que nos enfants puissent avoir des cours en anglais (bien plus que 3 heures pas semaine) avec des personnes de langue anglaise car nos professeurs sont bons mais n’ont pas forcément un accent aussi bon qu’une personne dont c’est la langue maternelle. Et pour bien parler il faut entendre de l’anglais juste.

    La diversité des langues est intéressante comme d’autres choses d’ailleurs. Mais on ne peut pas apprendre tout ce qui est intéressant et enrichissant à l’école. Il y a un nombre d’heures limitées, il faut donc se concentrer sur l’essentiel qui est peut-être à redéfinir depuis le CP dans notre monde qui a beaucoup évolué.

    Plutôt que d’apprendre une autre langue (ce qui me parait ambitieux et pas le but recherché dans la compréhension de l’autre), on pourrait inventer un cours sur les différences culturelles entre les français et les habitants de tel ou tel pays (ce type de cours existe pour les professionnels). Si on connait mieux les “habitudes” de l’autre, ses us et coutumes,on le comprend mieux et on est plus tolérant devant la différence. Plutôt que d’apprendre l’arabe, apprendre “comment on peut penser un arabe” en donnant des notions sur la langue quand cela est nécessaire pour comprendre.
    Je verrais ce type de cours dispensé par des personnes qui ont la DOUBLE CULTURE (française et chinoise par exemple) parce que ayant un parent de chacune des nationalités, pendant quelques heures. Et pendant l’année on découvrirait plusieurs pays en changeant à chaque fois de prof.

    En résumé non à tout en primaire, et oui pour plus d’anglais avec des anglais et oui pour apprendre à connaitre l’autre avec des personnes ayant des parents de culture différente.


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  • Giordano

    Valoriser l’anglais par l’école est une bêtise, et cela amène le “tout anglais” que vous citez à la fin, Ghislain, et à un étudiant comme Olivier (lire son message).
    L’idée de Mélamine me sidère : le but de l’école n’est pas de valoriser “une” langue, mais de donner un maximum d’atouts à un élève. Aujourd’hui, un élève qui sort de L1 Allemand au bac à un bagage qui devient rare, donc de valeur. Le tout anglais, c’est l’uniformisation, et ce n’est pas le but du Lycée. Quant aux langues régionales, tout est dans la place qu’on leur donne : un bac en breton c’est joli mais inutile dans notre société, alors que cette langue me semble riche et intéressante. Oui, Mélamine, il serait bon d’avoir plus de cours en “langues”, sous-entendu LES langues. Cela a un coût que l’éducation nationale n’est pas prêt de mettre, car la volonté financière en ce sens n’existe pas : moins d’élèves par classe, plus d’heures de langues, ou de cours “en langue” (soit en DNL, discipline non linguistique).


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  • Moi

    Des petits groupes et de l’oral : première et simple solution. Des cours d’histoire, de philosophie, d’éco. etc en langues étrangères au mois deux fois par trimestre (travail en équipe). Des exposés en Anglais , all. etc par les élèves. Des stages de pré-rentrée en immersion totale dans les lycées (trois jours plein sur place), l’utilisation de logiciels, la généralisation des labo. de langues dans tous les lycées, faire travailler des textes étrangers en philo, éco, histoire …
    imaginer une semaine Italien (par exemple) dans tout le Lycée avec tentative de ne parler que cette langue en dehors des classes voire à l’intérieur. Les idées ne manquent pas … Les professeurs n’en manquent pas.


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