Dans un lycée qui permette la réussite de tous les élèves, pour que les enseignants puissent accompagner vraiment les élèves, pour que ceux ci puissent progresser, il faut faire évoluer l’évaluation. A l’école et au collège, la loi Fillon a défini un “socle commun de connaissances et de compétences”. Le lycée général (car dans les lycées pro et les sections techniques c’est déjà le cas) devrait se situer dans ce prolongement. En identifiant clairement les compétences transversales et disciplinaires à acquérir, on rend la pédagogie plus explicite et on permet de construire une évaluation au service des apprentissages.
Faire évoluer l’évaluation
On a souvent opposé à tort “connaissances” et “compétences”. Ce n’est pas l’objet de ce texte de rentrer dans le détail de ce débat. J’ai coutume de dire que les compétences sont en fait des savoirs en action et qu’elles ne peuvent s’appuyer que sur des connaissances disciplinaires solides. Lorsque des élèves viennent vous voir des années après, que disent-ils sur ce qu’ils ont appris ? Ils ne disent pas que vous leur avez appris la valeur ajoutée, la formation brute de capital fixe ou bien encore le taux de chômage. Ce qu’ils retiennent c’est que vous leur avez appris à lire de manière critique un document, à faire une synthèse, à questionner ce qui semble une évidence, à se demander comment tel ou tel indicateur est construit et quels sont ses présupposés… Et si c’était cela les compétences ? Ce qui reste quand on a “oublié” tout le reste… On peut ici trouver une alternative au risque de l’empilement des connaissances et/ou du piège des “fondamentaux”. On peut aussi y trouver des pistes pour mieux identifier ce qu’il est nécessaire de maîtriser pour réussir dans l’enseignement supérieur (autonomie, maîtrise de l’oral, capacité de synthèse, capacité à trier l’information etc. )
Rénover le “Monument national”
En 2005, les lycéens étaient dans la rue pour protester contre un risque, selon eux, de remise en cause du Bac. Les Français sont très attachés à cet examen qui est considéré comme un “monument national” selon les mots d’un ancien ministre de l’éducation nationale. A la fois rite de passage et symbole de l’égalité républicaine.
Mais en 2005, les lycéens manifestaient aussi contre la suppression des TPE (Travaux personnels encadrés) en Terminale. Un dispositif fondé sur un travail de groupe où les élèves travaillaient dans la durée sur un projet choisi par eux et donnant lieu à une soutenance à l’oral. Cela était l’objet d’une évaluation en cours de formation par des examinateurs et d’un contrôle continu par les deux professeurs accompagnateurs. Ce que disaient les lycéens de l’époque c’est qu’ils appréciaient ce dispositif parce qu’il les préparait à l’enseignement supérieur , qu’il valorisait des compétences (oral, projet, travail en équipe) jusque là peu valorisées à l’école et qu’enfin ils y trouvaient plus de motivation et d’intérêt avec un sujet choisi par eux. Après avoir été réticents, les professeurs aussi apprécient les TPE car il leur permet de voir les élèves autrement et de travailler différemment avec eux
Sans vouloir détruire le monument national dont il faut garder la façade républicaine et l’aspect rituel, on pourrait repenser l’aménagement intérieur en laissant plus de place à d’autres formes d’évaluation et à la mise en valeur d’autres compétences utiles pour le lycéen du 21ème siècle. Dans un système français marqué par un très fort “pilotage par l’aval” (on prépare aux épreuves du bac dès la seconde) voilà un chantier auquel on ne pourra pas échapper…
Philippe Watrelot
Professeur de SES en lycée et Président des Cahiers Pédagogiques, porte parole du groupe “De l’ambition pour la réforme des lycées”








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Concernant les TPE je voudrais rectifier ceux-ci sont réalisés en 1ère....
Concernant l'évaluation et le baccalauréat. Il me semble important de...
Bonjour, je suis d'accord avec cet article, et j'aimerais signaler une...