C’est un constat partagé : la filière S reste aujourd’hui la filière la plus cotée et aussi la plus généraliste. Elle ouvre à tout, et pour cette raison, nombreux sont ceux qui veulent la suivre, et ce, à tout prix.
De multiples solutions ont été proposées pour revaloriser les parcours ES et L, mais rien n’y fait, les faits sont têtus, on se presse toujours autant pour intégrer LA filière S, pourtant réputée sélective.
Il ne faut pas être aveugle, la filière S exerce un effet “brain drain”, en attirant les élèves les plus brillants (statistiquement démontré) et les discours n’y font rien, tout le monde se presse au portillon scientifique.
Toutefois, la filière S elle-même finit par être victime de son succès car scientifique, au sens dur, elle l’est de moins en moins.
La pression que lui fait supporter la masse d’élève qui s’accroche à tout prix en math ou en physique pour pouvoir intégrer la S finit par être contre-productive : ce n’est plus l’aspect scientifique qui attire, c’est le sésame. Et donc l’exigence scientifique baisse, en S aussi, c’est inévitable. Aujourd’hui en école d’ingénieur et donnant des cours de soutien scolaire, c’est une réalité que j’ai pu constater de visu.
On a donc d’un côté une filière S-généraliste, qui attire les meilleurs élèves, et de l’autre les filières L et ES, vidées de leurs cerveaux.
Comment donc revaloriser à la fois les filières S, ES et L ? En accroissant la sélectivité de la filière S, tout simplement. De cette manière, on coupe sec dans la masse de ceux qui s’accrochent à tout prix en mathématiques et en physique, et de fait, on force les élèves et leurs parents à se poser le problème d’une vraie orientation positive.
Il s’agit donc de sortir du discours mensonger qui consiste à dire que les autres filières sont “aussi” très bien, car tant que la filière S conservera ce caractère si généraliste, tout le monde s’y précipitera.
Il faut aller en S parce que l’on aime les sciences et qu’on a témoigné d’aptitudes solides dans les matières concernées. De facto, si l’intégration en S devient vraiment plus difficile, se faisant sur la base d’aptitudes purement scientifiques, la cohorte de ceux qui veulent rejoindre les bancs de la S sera obligée de lâcher prise. Et on permettra ainsi à des gens doués dans les disciplines littéraires ou économiques de ne pas s’essouffler à “accrocher la S” coute que coute. Ils pourront enfin s’orienter positivement vers la filière L et ES où ils pourront retrouver à leur côté d’autres bons élèves qui ne seront pas non plus allés en S.
Cette solution est très pragmatique, peut-être un peu brutale, mais elle permettrait de régler une bonne fois pour toute le problème des filières et de la désaffection des élèves pour les parcours littéraires ou économiques et sociaux.








Les commentaires les plus notés
Effectivement, rendre plus sélective la S, c'est améliorer les autres...
Il semblerait que certains n'aiment pas cette tribune. Constat : En effet,...
D'accord pour le constat de l'attractivité de la filière S, et cela se voit...
Pourquoi ne pas condenser le programme d'histoire de scientifiques seulement...
A lire tous les messages, de bonnes idées transparaissent, mais idées reçues...