Bonjour,
Réformer le lycée ? pourquoi pas. Mais pour cela, il serait bon que l’on regarde ce qui marche et ce qui ne marche pas. On a crée le “collège unique”. Trente ans après sa création il serait bon de faire un bilan objectif avant de se lancer dans le “lycée pour tous”. Or celui-ci est clair: ça ne marche pas. Des élèves qui ne travaillent pas, qui n’apprennent plus, en savent beaucoup moins que leurs parents. Il est grand temps de revenir en arrière. Le minimum que l’on devrait exiger, est qu’un élève qui passe en classe supérieur ait le niveau pour suivre. Or c’est loin d’être le cas.
J’enseigne les maths et pour illustrer mon propos, je prendrai l’exemple de la classe de seconde dont j’ai la responsabilité . Dans cette classe, aucun (et ce n’est pas une approximation) élève ne sait factoriser une expression correctement. Après un an et des questions à chaque contrôle, très peu savent résoudre graphiquement une inéquation. Lors d’un récent TD, j’avais demandé de placer deux points A et B dans un repère, de tracer la droite (AB) et d’en donner l’équation. Sur 12 élèves, les 6 que j’ai été voir ont confondus l’abscisse et l’ordonnée et ont mal placé le point A. A ce moment, une élève me demande « Monsieur, c’est où déjà l’abscisse? ». Je me suis arrêté et j’ai répondu pour toute la classe. Dans un devoir commun de début d’année, avec beaucoup de questions de niveau collège, la moyenne de cette classe était inférieure à 6, et c’était à peine moins que la moyenne générale des secondes du lycée à ce devoir. Il est évident qu’avec ce niveau global, il est impossible d’être un minimum exigeant. De mon expérience et de l’avis des collègues avec qui j’ai évoqué la question, au moins la moitié des élèves n’ont pas le niveau pour suivre en seconde. Et pas seulement en maths. C’est beaucoup trop.
La mode est à la simplification des programmes (voir le nouveau programme envisagé en maths pour la seconde qui ne demande aucun démonstration ni beau raisonnement mathématiques), au trucage des notes du bac. En effet, on lit sur les sujets des phrases du type: « la clarté de la rédaction et du raisonnement prendront une part importante dans la notation » et on lit dans les consignes de correction: « on valorisera tout élément de réponse ». On arrondit systématiquement les notes au point supérieur, on ajoute des matières (TPE, TP en physiques et en SVT, future « épreuve pratique » en maths), qui sont notés par les enseignants du lycée. Sachant que les lycées sont maintenant notés selon les résultats, comment attendre autre chose que des « bonnes notes »? Enfin, on envisage de plus en plus des contrôles continus. Il serait temps de revenir en arrière.
On trompe les futurs bacheliers dont le taux d’échec dans le supérieur est inquiétant. Beaucoup ne trouvent pas d’emplois, y compris parmi ceux qui finissent leurs études, et de plus en plus reviennent à des formations type CAP (un article récent du Monde évoquait le cas du CAP de soudeur qui voyait arriver de plus en plus de titulaire du bac).
Bref, je pense qu’il est grand temps de revenir à des formations professionnelles beaucoup plus tôt dans le système éducatif, quitte à mettre des ponts, et d’arrêter d’envoyer au lycée des élèves trop faibles.
Donc, non, non et non au lycée pour tous. Et oui pour un lycée de d’élèves motivés par des études.








Les commentaires les plus notés
Le constat de Mr Skraber est juste , on ne pourra pas élever le niveau des...