Le premier changement à prévoir selon moi dans cette réflexion concerne la façon de percevoir l’architecture même du système éducatif.
En effet, toutes les dynamiques actuelles remettent en cause la séparation traditionnelle primaire - secondaire - supérieur :
- D’un côté, la mise en oeuvre du socle commun de compétence, l’apprentissage anticipé des langues vivantes, les dispositifs d’éducation prioritaire, … imposent de prendre en compte solidairement l’école primaire et le collège
- D’un autre côté, la nécessité de conduire 50% d’une classe d’âge vers le niveau Licence et de structurer le cursus de formation européen autour d’un socle commun LMD, doit renouveler notre perception du lycée et raccorder celui-ci au L du LMD, à savoir le premier temps de l’enseignement supérieur. Le Bac retrouvera alors tout son sens de “premier dimplôme du supérieur”
Je sais bien que ce nouveau découpage irait à l’encontre de toutes les structures et les usages administratifs (recrutement et gestion des enseignants, gestion des moyens, …) mais doit-on pour de simples raisons administratives rejeter cette évolution naturelle et balayer d’un revers de main les avantages pédagogiques que l’on pourrait en tirer ?
En effet, une telle structuration pourrait par exemple favoriser :
- La structuration des lycées en réseau autour d’un pôle universitaire de rattachement qui permettrait avec une instance de pilotage commune de mettre de la cohérence dans la carte des formations et limiter la surenchère d’options et d’ouverture de classes à petit effectifs que la concurrence entre établissements a engendré. Cohérence qui se fera évidemment en lien avec les besoins universitaires et qui permettra de mieux préparer les lycéens à ce qui les attendra dans le supérieur en multipliant les échanges avec le pôle universitaire de rattachement (échanges de professeurs, visites d’établissement et aide à l’orientation, tutotat par des étudiants …)
- De même, la constitution des programmes et des filières du lycée pourra être conduite avec des experts des universités pour les adapter à la profonde réorganisation des enseignements supérieurs qui a fait suite à la mise en place du LMD
- L’idée de réseau pourra aussi favoriser les synergies entre les classes préparatoires, les formations universitaires et les grandes écloes, ainsi que les échanges avec les institutions internationales
- Enfin, même si la liste pourrait être plus longue encore, la filière professionnelle gagnerait en cohérence en étant structurée dans un ensemble cohérent du CAP aux IUT en passant par le nouveau Bac Pro 3 ans et les BTS
Avant donc de s’interesser au seul lycée, considérons le comme le premier niveau du supérieur sur la base du nouveau socle commun et réflechissons à sa rénovation en fusionnant sa gestion et son pilotage avec celui du Supérieur
Dans cette optique, la séparation des ministères du Supérieur et de l’Education a sans doute été une profonde erreur et a accentué ce fossé








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