Les débats

La filière Technologique : quelles formations?

Le constat est sans équivoque : La désertion des filières STI (Sciences et Technologies Industrielles) mène chaque année à des fermetures de section et des reconversions de nombreux enseignants.

On a entendu de nombreux discours :

- la faute de l’orientation en collège,

- la désertion de la filière à cause de la conjoncture industrielle,

- le nombre trop élevé de formations proposées … etc.

Si l’issu de la réforme des lycées permet une meilleure lisibilité de la filière STI et d’expliquer sa pertinence dans la formation des jeunes et dans l’accession à un métier, il faut se demander de quelle STI on parle ?

Aujourd’hui, plus d’une quinzaine d’options sont disponibles en filière STI. Sachant que ce bac reste générale & technologique, et au regard des poursuites d’études des élèves bacheliers n’ayant que peu de lien avec le bac suivi, on est en mesure de se demander pourquoi multiplier les filières pour qu’au final l’élève puisse accéder à (presque) n’importe qu’elle BTS  ou IUT ?

Il faut se rappeler qu’en 2007 sont parus des programmes de “rénovation des bac STI” et que cette réforme résumait au nombre de 5 le nombre de bac STI, renommés Sciences et Techniques de l’ingénieur :

- Architecture et construction (équivalent du génie civil)

- Création et réalisation de produit (Génie mécanique avec ses options supprimées)

- Énergie et Environnement

- Information et Réseaux

- Ingénierie des systèmes Automatisés

Des tractations diverses avaient vu l’apparition d’un sixième bac “Design art appliqué”.

Les enseignants des filières maintenance réclamaient la création d’une filière éponyme (maintenance au sens large), …etc.

Bref, Au delà du fait qu’il soit probablement nécessaire de restreindre l’offre en filière technologique:

- est ce que ces 5 filières proposées à l’époque sont pertinentes ?

- comment  positionner les STI à l’heure du bac pro en  trois ans ?

- comment composer avec la proximité du contenu de la formation des bac Ssi ?

- qui doit aller en BTS ? en IUT ?

Mon opinion est que la France a et aura besoin de techniciens solidement formés. Ceci ne peut passer que par une filière technologique forte et rénovée. Les axes des réflexion et les travaux déjà menés doivent être récupérés pour renforcer et promouvoir la filière technologique.

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Commentaires5 commentaires

  • jepibel

    Ils ne faut pas leurrer les jeunes sur les débouchés de certaines sections.
    Les jeunes doivent se déterminer au cours de leurs années de lycée.
    Suivre une section STI leur ferme des portes qu’ils ne peuvent plus ouvrir ensuite.
    Le Sections STI mènent quasi uniquement vers les sections de BTS.
    Or, l’enseignement technique, technologique, n’acquiert de valeur qu’au delà du baccalauréat. Voir le succès des IUT, licences professionnelles, écoles d’ingénieurs par voie directe ou après les classes préparatoires.
    Il vaut mieux faire un baccalauréat général et s’orienter ensuite vers les sections scientifiques ou technologiques de l’enseignement supérieur.
    Ces baccalauréats STI et STG (tertiaires) ne permettent plus d’exercer une profession de technicien, ce qui était le cas jusque dans les années 70.Ils n’ont plus de finalité professionnelle.
    Il me semble que les programmes des sections STI ont été établis dans l’optique de poursuite d’études en section TS (BTS)
    Le manque de culture générale des bacheliers technologiques qu’ils soient STI ou STG (industriels ou tertiaires) handicape les bacheliers STI et STG dans l’enseignement supérieur.
    D’autre part les baccalauréats technologiques sont une singularité française. Ils n’existent pas dans les autres pays européens.
    Il faut une filière professionnelle : baccalauréat professionnel qui pourra après une année supplémentaire de mise à niveau en culture générale poursuivre en section TS ou IUT.

    Au niveau lycée,une filière générale (plusieurs séries avec des options) qui permette l’accès aux études supérieures technologiques qui sont actuellement les seules reconnues dans le secteur industriel, commercial, des services. Quelle entreprise recrute un technicien de niveau Bac ? Il faut au moins un BTS ou une poursuite d’études par alternance conduisant au BTS.
    Les professeurs de STI exerceront dans les sections de Technicien supérieur et IUT, car ces sections seront développées. Ils y exercent déjà.
    Ils sont aussi reconvertis sur des postes de professeur de Technologie de collège et c’est dommage car leurs compétences méritent d’être reconnues au niveau post-bac.


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  • bachelier TFM

    Jépibel, heureux retraité ! Lisant votre analyse sur les filières STI et STG, j n’ose imaginer vos avis sur les filières professionnelles CAP – BEP - BAC PRO, l’apprentissage qui peut emmener les jeunes jusqu’à la LICENCE PRO, les BTS, les diplômes d’ingénieurs, les formations d’aides soignantes, les formations continues, et la liste est longue des accès à la formation qui ne passent pas systématiquement par le fameux BAC GENERAL.
    N’avez-vous jamais demandé l’intervention d’un plombier, d’une femme de ménage, d’une assistante maternelle, d’un mécanicien et de bien d’autres professionnels, tous « ces gens sans le BAC GENERAL » pour vous permettre d’aller jusqu’à la retraite ? Demanderez –vous à l’aide soignante qui viendra un jour faire votre toilette et plus si besoin, si elle a son BAC GENERAL ? Peut-être n’aura-t-elle que son diplôme d’ingénieur qu’elle n’aura jamais réussi à valoriser pour accompagner la carrière de son mari et/ou pour aussi élever ses enfants pour qui elle aura souhaité une réussite à l’école.
    Par contre le rejoins votre avis sur le fait que les programmes des sections STI sont été établis dans l’optique de poursuite d’études en section TS (BTS) mais aussi, pour les meilleurs et les plus motivés, pour les IUT , les prépas ingénieurs, …
    En vous souhaitant une bonne retraite sans dévaloriser vos petits enfants , qu’ils soient maçons, menuisiers ou simples techniciens dans l’industrie.
    Cordialement de la part d’un bachelier technologique (1969), bientôt en retraite, qui a réussi pour moitié une carrière dans l’industrie et une carrière dans l’enseignement technologique.
    Cordialement


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  • jepibel

    Vous me prêtez un avis sur la filière professionnelle (CAP BEP Bac pro) que je n’ai pas.
    (Titulaire au départ d’un CAP, j’ai suivi toutes les étapes du système éducatif, bac, licence, jusqu’au DESS (Master 2 maintenant).
    Le sujet était l’enseignement technologique dispensé dans les lycées d’enseignement général et technique et non l’enseignement professionnel dispensé dans les lycées professionnels.
    100% d’une classe d’âge ne peuvent être titulaires d’un baccalauréat général .
    Le problème est que l’orientation s’effectue par tamisages successifs et qu’arrivent en Lycées professionnels des jeunes qui manquent de savoirs de base pour suivre avec profit un enseignement professionnel exigeant étant donné l’évolution des techniques.
    Pas de mépris pour le plombier, l’électricien, l’aide-soignante. Chacun a sa place dans la Société.
    Il n’est pas utile de savoir tout mettre en équations.
    Une bonne pratique a toute sa valeur.

    Reconnaissez qu’il est plus facile de suivre la filière générale puis l’enseignement supérieur dans le domaine souhaité (bac général,LMD ou écoles spécialisées), plutôt que de suivre la filière technique et technologique : cap,bep, bac pro ou techno, bts, licence pro.
    Le titre d’ingénieur n’est pas reconnu à la même aune selon que vous avez fait Polytechnique, ENSAM, une école d’ingénieurs privée, Université ou la filière Decomps.
    Les entreprises recrutent selon des grilles de carrière et de salaires d’au moins 4 niveaux.
    Il en est de même pour les filières commerciales ou de services.


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  • Estanphe

    Bonjour Jepibel,
    Votre opinion sur les STI me paraît décalée de ce que je vis sur le terrain tous les jours.
    J’enseigne en autre dans une ENSI, 1/3 de mes étudiants n’ont jamais fait de sciences de l’ingénieur en pré-bac, soit parce qu’ils viennent de l’étranger, soit parce qu’ils ont fait un bac où cela n’était pas au programme.
    Ces jeunes sont brillants et pourtant ils peinent à acquérir une culture technique minimale, tout simplement parce qu’ils n’en ont pas le temps.
    Alors quelles compétences pouvons-nous espérer obtenir pour nos étudiants au niveau bac+2 si on supprime cette pré – professionnalisation ?
    Comment font alors nos voisins européens ? En fait je n’en sais rien ! Mais vivant dans une région frontalière je constate que mes étudiants n’ont pas de mal à se placer à l’étranger, encore faut-il qu’ils maîtrisent une langue étrangère et qu’ils veuillent bien se déplacer un peu.
    Vous dites que les filières STI n’ont pour débouché que le BTS (ou presque), faux et archi-faux. Si la plupart font effectivement un BTS c’est du à une dérive du système. Si une filière ne recrute pas, on la ferme, donc on fait une forte promo dans les STI du lycée qui constitue leur vivier. Les étudiants sont de toute façon preneurs car ils y ont leurs habitudes et le lycée est souvent proche de chez eux. Dans mon lycée nous avons une filière qui ne propose pas de poursuite d’étude post-bac, la plupart de ces étudiants font un DUT ou une prépa en nous quittant.
    Entre 2005 et 2007 à été envisagée une réforme des filières STI (abandonnée depuis) qui réduisait leur nombre à 5, dans le même temps les bac STI auraient acquis le statut de bac généraux.
    Vous parlez d’une année de mise à niveau pour les filières professionnelles NE REVEZ PAS. Certains lycées ont financé sur font propres de telles expériences, 4/5 des étudiants abandonnaient avant la fin du premier semestre. A présent s’ils ont 12 de moyenne générale au bac-pro ils sont admis de plein droit en BTS, ils n’en sont pas forcément meilleur MAIS CELA COUTE BIEN MOINS CHER.
    Ah, j’oubliais, l’enseignement en collège ou en post-bac. En collège il n’y à plus de place, en post-bac les places sont chères, nous serions beaucoup à rester sur le carreaux. Actuellement on en serait plutôt à nous inciter à nous reconvertir en professeur de mathématique (ne pas espérer avoir une place dans un lycée tranquille) ou à faire assistant de chef de travaux, poste dont le recrutement se faisait il y à encore peu à bac+2.


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  • exprof

    pour que les enseignements pro soient plus performants , je me disais qu’on pourrait peut être établir des partenariats avec le entreprises qui assureraient une formation dans leurs propres locaux , et donc avec du matériel toujours à la pointe et des formateurs en prise avec les réalités actuelles de la profession
    l’EN participant financièrement mais ça lui reviendrait peut être moins cher que d’entretenir des lycées techniques dont l’équipement est vite obsolète
    qu’en pensez vous ?


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