Les débats

Langues vivantes, anglais en particulier

J’enseigne l’anglais en bout de chaîne en classes préparatoires aux grandes écoles. L’éducation nationale ne remplit plus sa mission de donner des bases de langues aux élèves, aux scientifiques en particulier - réforme regrettable 2 X 2h de LV en 1ere et Tale S. Seuls s’en sortent ceux qui sont passés par des filières spécialisées type européenne ou internationale, ceux dont les parents ont les moyens de leur faire compléter leurs compétences dans le privé ou à l’étranger. Discrimination inacceptable et il est bien trop tard pour penser qu’en saupoudrant quelques stages au lycée pendant les vacances on va récupérer la situation, poudre aux yeux.

Je pense que la solution se situe EN AMONT : pourquoi décréter que l’anglais démarre à l’école primaire sans affecter de moyens adéquats à cette ambition ? Ne peut-on pas CREER des POSTES D’ENSEIGNANT d’ANGLAIS EN PRIMAIRE, un par école ou un à cheval sur deux écoles primaires pour faire un temps complet ?

Et pourquoi ne pas accepter le principe de groupes de niveau en langues au collège en alignant des classes  à l’emploi du temps, les pays où les élèves sont triés par compétences obtiennent un rendement bien meilleur que le nôtre où l’on fait de la garderie d’un bout à l’autre du cursus. Je n’ose pas parler de groupes de niveau au lycée où les emplois du temps sont plus complexes à monter.

Si celà part d’un bon sentiment, il est absurde de maintenir en LV2 des élèves de lycée non motivés et en grande difficulté : plutôt que de faire de la présence en LV2, il vaudrait mieux leur donner le choix de ne faire qu’une seule langue …

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Commentaires7 commentaires

  • Lilian Besson

    Ce que vous dites là est tout à fait vrai !
    Je suis personnellement en terminale, et inscrit en CPGE Math pour l’an prochain.

    L’enseignement en langue est souvent mal apprécié des scientifiques bien qu’il soit important dans le supérieur. En outre, on peut se vanter d’avoir un mauvais niveau, en tout cas en regardant ce que disent nos collegues européen.

    Vous dites que l’éducation nationale ne s’occupe plus de donner les bases en langues, et la encore c’est un fait que l’on constate tout les jours : seulement 1/4 (jusqu’a 1/8 dans certaines régions) des lycéens disent etre capable de suivre une conversation entre deux anglophones, ou comprendre un film en anlgais… Ce sont des chiffres bien faibles concernant une langue que les actuels lycéens apprennent depuis 6 a 8 ans.

    Je pense que le problème principal réside dans la majorité écrite de l’apprentissage de l’anglais (et des autres LV2, pour lesquels les chiffres sont bien plus allarmants). Pour etre capable de travailler à l’étranger, ou de comprendre un document il est beaucoup plus important de parler la langue (et ainsi pouvoir aussi se faire comprendre) que de savoir l’écrire !!

    Depuis 7 ans que je fait de l’anglais (commencé en 6°, et oui, on ne commence pas partout en CM1…) j’ai fait (et je n’exagere pas) 3 heures de laboratoire de langue et une 20 de conversation active avec un partenaire. C’est trop peu comparé au temps que l’on passe, et surtout au lycée, a lire / relire / rerelire des textes, à les disséquer en long, en large et en travers !

    Il est clair qu’une refonte complète de la méthode d’enseignement de l’anglais est à faire. On nous parle toujours de budget dès qu’on susure “réforme, nouveauté” et la se trouve le moyen de perfectionner les futurs ingénieurs, commerciaux, techiciens etc dans la langue mondiale. Moyen qui ne semble pas si onéreux.

    Voila en tout cas ce que j’en pense, a vous d’y rebondir.
    LB, délégué CVL du lycée d’altitude de Briancon.


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  • sophie

    je suis plutot d’accord avec vous. En effet je pense que le niveau linguistique d’un étudiant sortant de terminal n’est pas suffisant. Il faudrait comme vous le dites commencer une langue vivante dès le primaire voire meme dès la maternelle (comme certaines écoles privés le font) . Et surtout dès le collège, enseingner autant l’orale que l’écris en réalisant des macrotaches, en correspondant régulièrement avec un élève d’un pays anglophones (pour l’anglais par exemple) via l’informatique et la webcam , c’est un moyen ludique et jeune de mieux comprendre et s’exprimer en anglais. Il faudrait aussi mettre en place des cours de soutien pour avoir des bases solides. C’est vrai que cela demande pas mal d’argent mais il faut vraiment se préoccuper de cette matière qui est un des points faibles de notre éducation et cela est de plus en plus important pour n’importe quel métier.


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  • corinne

    Le problème du niveau final en anglais des lycées en fin de parcours n’est pas tant dû au manque de pratique de l’oral qu’à la charge effective des groupes. Comment peut-on envisager de pratiquer sérieusement une LV avec des classes de 35 élèves (d’une hétérogénéité souvent extrême ) ?!
    Plutôt que de mettre en place des stages pendant les vacances dont l’efficacité , il me semble qu’il serait bien plus profitable -et ce Dès la 6ème - d’enseigner l’anglais ment par petits groupes de niveaux le plus souvent possible (au moins une heure par jour ) . Ainsi et seulement ainsi verra-ton enfin , élèves et professeurs rencontrer plaisir et efficacité.
    Corinne
    enseignante d’anglais en lycée.


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  • PETIT claude

    mon opinion, en tant que professeur d’anglais(depuis 35 ans:10ans de collège et actuellement en terminales et classe prépas)est la suivante:
    il faut impérativement réformer l’épreuve d’anglais du baccalauréat (qui conditionne tout l’apprentissage en 2nd cycle) qui doit évaluer d’autres compétences que la sacrosainte compréhension d’un texte littéraire(inadaptée au monde présent et futur de nos étudiants)et d’une expression uniquement écrite pouvant aller jusqu’à 500 mots;
    on peut imaginer une épreuve écrite plus courte(1 heure et demie)qui validerait,d’une part des acquis lexicaux, grammaticaux et culturels de base(style QCM ou exercices “toeic” par ex.)avec rédaction d’un court essai(environ 150mots)ET d’autre part, D’UNE EVALUATION ORALE(10 minutes maximum) sous forme d’entretien informel à partir d’un document ‘déclencheur de parole’,épreuve beaucoup plus pertinente et moderne qu’une dissertation.cette double épreuve inciterait,EN AMONT, une majorité d’élèves(surtout les plus faibles)à apprendre ou à revoir régulièrement leurs fondamentaux et à participer plus activement, dans l’optique de ces nouvelles formes d’évaluation.
    L’épreuve globale(écrite et orale) serait moins longue à corriger et certainement plus probante et plus efficace.
    Enfin, il est indispensable de se donner un minimum de moyens pour l’apprentissage de l’anglais, matière incontournable et passeport international;c’est à dire 3heures par semaine.
    Sans une approche plus pragmatique de notre enseignement de l’anglais qui mettra l’accent sur l’aspect COMMUNICATION de la langue, je doute personnellement que la majorité de nos étudiants puissent en faire un véritable atout pour leur formation individuelle et professionnelle à venir.
    claude
    enseignant d’anglais en lycée


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  • Bruno Furnon

    L’anglais est tout d’abord utilisée en tant que langue parlée ; un rapide calcul permet de déterminer le temps qu’un élève parle l’anglais entre la sixième et la terminale >> entre 3 et 7 heures !!!
    On comprend mieux que notre incapacité à transmettre cette langue se focalise sur les enfants dont les parents sont les moins fortunés et qui ne peuvent donner des cours particuliers ou envoyer leurs enfants à l’étranger.


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  • Vincent

    a-t-on besoin de reconnaitre une métaphore en anglais pour pouvoir disucter avec un anglophone?

    Vincent, élève de S.


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  • Ramond Sébastien

    Le lycée…et le reste.

    Une question : pourquoi, en France, quand un étranger s’exprime dans le journal télévisé, il n’y a pas de sous-titres mais un commentaire en voix-off? Rendre la VO obligatoire (sur le service public par exemple) serait un moyen de faire comprendre aux français que les langues sont importantes, incontournables et que les maitriser est non seulement un atout mais aussi un plaisir.
    Par exemple, les pubs avec George Clooney ou Nicole Kidman n’auraient pas la même saveur en français.


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