Les comptes-rendus

Compte-rendu de la table ronde du lycée Henri Meck à Molsheim (67)

9 avril 2009

80 participants

Compte-rendu de la table ronde du lycee Henry Meck de Moslheim (pdf)

1)   L’orientation et les filières

-     Multiplier les journées portes ouvertes et les stages après la classe de 3ème.

-          Généraliser les journées d’immersion dans les lycées afin d’aider les élèves de 3ème à prendre une décision « éclairée ».

-          Plusieurs participants ont dénoncé la hiérarchisation des filières qui mettent à l’écart les voies professionnelles.

Des enseignants ont dénoncé la responsabilité des parents et de l’enseignement supérieur dans la hiérarchisation des filières et l’orientation par défaut des élèves.

-     Certains déplorent le choix de la filière uniquement en fonction des notes. Ils ont rappelé la nécessité de travailler autour d’un projet concret.

-          Des participants ont critiqué l’absence de continuité entre les cycles.

-          Développer des passerelles ou décloisonner les filières afin de remédier au « bloc 1ère/terminale » jugé trop cloisonné par certains lycéens. Actuellement, les passerelles n’existent pas et les élèves n’ont pas la possibilité de se réorienter sans redoubler.

-          Créer des modules spécifiques afin de mieux préparer les élèves à l’enseignement supérieur et évaluer les lycéens sur la prise de note.

-          Des participants estiment que l’information sur les différentes filières des lycées est suffisante mais ont critiqué la survalorisation de la filière Scientifique. Selon des élèves, des enseignants ont trouvé dommage qu’ils refusent d’aller dans la section Scientifique. Un professeur principal ne se reconnaît pas dans cette démarche de pousser tous les élèves en S.

-          Mieux présenter les filières technologiques afin que les élèves comprennent mieux son utilité et les débouchés. Beaucoup d’élèves ont témoigné du déficit d’information concernant la voie technologique. Cette mesure participerait également à l’évolution des mentalités et permettrait de lutter contre l’orientation par défaut.

-          Des élèves jugent le portail informatique de l’orientation « flou » et peu clair.

-          Commencer l’orientation dès le collège. Beaucoup de parents ignorent les poursuites d’études qui s’offrent à leurs enfants après la 3ème. Les élèves sont également perdus. Une meilleure information réduirait les taux de redoublement de 2nde qui sont actuellement de 15%.

Des lycéens s’opposent à cette proposition au motif que l’orientation dès le collège est trop précoce. Les élèves sont encore immatures et ne peuvent prendre de telles décisions.

-          Commencer l’orientation dès la classe de 1ère afin de laisser le temps aux élèves de mûrir leur projet d’orientation.

-          Instaurer des visites obligatoires chez les COP. Des élèves estiment disposer d’informations peu complètes sur les filières post-baccalauréat et jugent la  présence des COP trop limitée.

-          Prendre davantage en compte la dimension psychologique des élèves lors des entretiens avec les COP.

-          Renforcer l’heure de vie de classe et multiplier les contacts entre les enseignants et les élèves. Des participants considèrent le professeur principal comme l’acteur le plus efficace dans le processus d’orientation mais constatent que l’heure de vie de classe est souvent peu utilisée.

-          Les conseils de classe du 2ème trimestre, examinant les vœux provisoires, sont très appréciés par les élèves. Des lycéens regrettent toutefois l’absence de directives leur permettant de se préparer davantage aux études post-baccalauréat.

-          Permettre aux lycéens d’assister à certains cours des différentes structures de l’enseignement  supérieur.

-          Intégrer les notes des rapports de stage dans le bulletin scolaire et doter les lycées d’un carnet d’adresse d’entreprises. Des élèves déplorent l’absence de stages dans le cursus du lycée et la non-valorisation des rapports de stage.

-     Offrir aux  élèves des cours afin qu’ils apprennent à rédiger des CV et des lettres de motivation.

-     Rendre le forum des métiers accessible aux élèves de 2nde tout en élargissant la diversité des métiers représentés. Des élèves ont critiqué le manque de préparation avant la tenue des forums.

-     Etaler le forum des métiers sur deux jours et mieux informer les élèves sur les dates des journées « porte ouverte » dans les établissements de l’enseignement supérieur.

-     « Noter autrement les élèves que sur des théories ». Les notes engendrent parfois un sentiment de supériorité chez les bons élèves. L’exemple de la courbe de Gauss basé sur un groupe de personnes formées, cherchant à se rapprocher du niveau maximum à atteindre, a été cité.

-          Assurer la gratuité des classes préparatoires. Si les bourses sont fortement appréciées, les élèves jugent la vie étudiante difficile et onéreuse.

2)      L’accompagnement et la lutte contre l’échec scolaire

-     Un débat sur la maîtrise du français a eu lieu. Les enseignants sont « dépassés par la mer qui a creusé les falaises », notamment les professeurs de français des collèges qui souffrent face à la difficulté d’inculquer la maîtrise du français aux élèves. Des lycéens estiment qu’il n’y a pas suffisamment de dictées au collège et déplorent qu’en 1ère, l’apprentissage du français se fasse sous forme de cours de littérature. Selon eux, « tout est axé sur l’étude de textes anciens, il n’y  a plus de grammaire ».

-          Des professeurs de français ont témoigné de la difficulté d’aider les élèves en raison de la persistance des difficultés qui remontent au collège, voire à l’école primaire. Beaucoup d’élèves ont des problèmes d’orthographe, de grammaire et d’expression. Des enseignants constatent cependant que l’expression orale s’améliore d’année en année, ce qui permet de développer les exposés et les travaux de groupes.

-          Une formatrice a témoigné du manque de maîtrise de l’écriture de la langue française dans les lettres de motivation, notamment dans les tournures de phrases et les accords.

-          Des élèves pensent ne pas avoir les bases en arrivant au lycée.

-          Des lycéens ont témoigné de leur intérêt pour les TPE. Ils apprécient fortement la mise à disposition d’outils tels que la salle informatique et le CDI.

-          Des élèves déplorent le manque d’accompagnement de la part de certains professeurs.

L’accompagnement nécessite un certain rapport avec l’élève, selon plusieurs enseignants. Pour cela, il faut du temps. Des professeurs avouent être frustrés lorsque ces conditions ne sont pas réunies.

-          Développer l’aide personnalisée et l’entraide entre les élèves.

-          Multiplier les aides diverses afin de permettre aux élèves de travailler et de nourrir leur motivation. Des participants constatent que beaucoup d’élèves souffrent d’un déficit de motivation. L’exemple du lycée Louis Marchal qui a édité l’an dernier une plaquette intitulée « Motive toi ! » a été cité.

-          Généraliser les fiche méthodes et le système de répartition des devoirs. Ces dispositifs sont biens perçus par les élèves et offrent des résultats satisfaisants dans l’établissement.

-          Permettre aux élèves de travailler dans le lycée en mettant à leur disposition davantage de temps et des locaux adaptés.

-          Etendre l’aide individualisée aux autres disciplines, aux autres classes et aux élèves volontaires. Elle est actuellement réservée aux élèves de 2nde et ne concerne que les mathématiques et le français.

-          Des enseignants trouvent dommage que les options soient proposées au même moment que les heures de soutien. Ce conflit horaire oblige souvent les élèves à choisir malgré eux. Parfois, les lycéens ne peuvent profiter des options en raison du caractère obligatoire de certains dispositifs de soutien.

-          Des lycéens estiment que la valorisation des bons élèves par la certification telles que le Cambridge Certificate ou Abibac est souvent pénalisante car les horaires et les travaux demandés sont parfois lourds.

3)   Le baccalauréat

-     Des élèvent estiment qu’une population cultivée constitue la force et la richesse d’une nation. Selon eux, le baccalauréat ne doit pas être la seule finalité.

-          Evaluer les compétences des élèves plutôt que les connaissances. L’exemple d’une formule mathématique qui s’accompagne de discussions sur son origine, son utilité et son application dans le domaine de l’environnement a été cité.

-          Des enseignants estiment que les compétences sont déjà évaluées à l’intérieur même du travail demandé aux élèves. L’exemple des SVT qui font appel à des notions de mathématiques et de physique a été cité.

-          Offrir aux élèves la possibilité de choisir un « baccalauréat à la carte ».

Par exemple, permettre à un élève de la série S de réduire les mathématiques ou de mélanger les différents genres tels que les SES et la SVT. Des lycéens sont conscients du discours sur le « baccalauréat light » ou la baisse du niveau que risque de susciter cette proposition.

4)      L’organisation du temps scolaire

-          Rééquilibrer les trimestres car ils sont inégaux, selon des élèves. Le premier est jugé trop long par rapport aux derniers. S’ils permettent  d’évaluer la progression des élèves, leur durée entraîne parfois une certaine précipitation pour produire des notes pour les enseignants. Des lycéens ont dénoncé « la course aux notes » à la fin du trimestre afin de pouvoir calculer les moyennes.

-          Mettre en place une organisation semestrielle afin de permettre un meilleur suivi des élèves et une meilleure répartition des travaux dans l’année. Un semestre avec quatre suivis permettrait de mieux accompagner l’élève dans sa réussite.

5) Les enseignements

-          Des élèves jugent le tronc commun trop large ce qui laisse peu de place aux enseignements de détermination. Ils proposent de le réduire aux enseignements de mathématiques, de français, d’histoire-géographie et une voire deux langues vivantes.

-          Permettre aux élèves de changer d’enseignement de détermination chaque trimestre ou en milieu de semestre. Une autre alternative serait de proposer des stages d’immersion aux élèves de 3ème. Des lycéens regrettent que l’enseignement de détermination oblige les élèves à étudier la matière toute l’année alors qu’ils n’ont eu que peu d’information sur celle-ci au collège.

-          Face à la volonté des élèves de tester des matières et de changer en cas d’absence d’affinité, des participants ont rappelé l’importance de la notion de l’effort. S’ils ne rejettent pas totalement la proposition,  ils précisent que « la vie de demain n’est pas que du plaisir, il y a aussi des contraintes ». Afin que les jeunes puissent s’insérer dans la vie et dans le monde professionnel, ils doivent maîtriser les fondamentaux. « L’école doit aussi s’inscrire dans cette notion de tolérance et de respect dans la vie ensemble ».

-          Permettre aux élèves de suivre plus d’options et de pouvoir arrêter en cours d’année.

Des élèves ont critiqué l’obligation de suivre une option toute l’année. D’autres ont témoigné des problèmes rencontrés lorsque deux options se chevauchent.

Des enseignants pensent qu’un changement d’option chaque trimestre serait un véritable « casse-tête ».

Plusieurs élèves pensent qu’il est important d’étudier une matière au moins un an afin d’aboutir à un projet complet et fini.

-          Proposer aux élèves de participer à des débats sur l’actualité.

6) Le lycée comme lieu de vie

-          Des participants ont cité les nombreuses actions en projet ou mis en place dans le lycée et ont lancé un appel aux  propositions afin de faire du lycée un meilleur lieu de vie : collecte de jouets pour la Croix rouge, cafétéria gérée par les élèves et le FSE, projet du bal du lycée pour les terminales, projet de fresque afin de rendre le lycée plus agréable, projet Madagascar (cross et soirée), spectacle humanitaire (Torrent ciel le 17 et 18 avril qui regroupe 200 élèves), « le mois de l’autre »,  la semaine de la citoyenneté, les débats sur le développement durable, le carnaval et la gestion du foyer socio-éducatif.

-          La commune de Molsheim comporte 3 lycées et des élèves déplorent le cloisonnement et le manque de rencontre entre les élèves des différents lycées. Certains ont suggéré que les CVL jouent le rôle d’organisateurs et de coordonateurs. Des membres du CVL ont témoigné d’un projet de rencontre avorté en raison de l’organisation lourde et de la masse d’élèves trop importante. L’exemple d’un projet sportif ayant échoué en raison de la complexité de l’organisation a également été cité.

-          Organiser un bal de fin d’année entre les terminales avec les trois lycées de la ville.

-          Faire appel à des intervenants extérieurs sur des thèmes variés tels que la drogue. Cette proposition a suscité des interrogations, notamment sur le moment durant lequel s’opéreraient ces activités. La question « comment trouver du temps dans la semaine pour assurer l’équilibre entre les activités culturelles et sportives, les actions médico- sociales, les clubs et les enseignements ? » résume bien les problèmes organisationnels.

-          Banaliser une heure de permanence commune à tous les élèves afin de développer les synergies et faciliter la rencontre entre les élèves. Les projets sont très fédérateurs et doivent être soutenus par l’établissement, selon des participants.

-          Mentionner au baccalauréat les différents engagements des élèves. Des lycéens ont témoigné des bénéfices de l’engagement au CVL qui leur a donné « une bonne leçon de vie ».

Des élèves ont souligné l’importance de ne pas noter cet engagement au motif que cela risquerait de dénaturer l’engagement et la motivation. Des enseignants s’opposent au « monnayage » de l’engagement. La mention sur le bulletin est assimilée à une « récupération perverse » de cet engagement, selon certains.

Cette mention pourrait également permettre de vérifier les engagements des élèves, notamment dans les candidatures et les lettres de motivation.

-          Des participants ont rappelé la possibilité pour les élèves d’acquérir des points en amont des épreuves du baccalauréat selon des compétences diverses. Par exemple pratiquer un sport, présenter de la couture ou de la cuisine au baccalauréat afin d’obtenir des points supplémentaires.

-          Des participants pensent que les élèves confondent l’obtention d’un diplôme et une compétence. Certains craignent que la prise en compte excessive de l’engagement n’ait des conséquences négatives sur le niveau et le recrutement dans l’enseignement supérieur. « Le baccalauréat ne doit pas être obtenu grâce à l’engagement. Le critère de sélection post-baccalauréat doit rester axé sur les notes ».

-          La notion de plaisir et l’aspect créatif des spectacles ont été soulignés par des enseignants. Ils ont témoigné de l’engagement des élèves qui sont souvent prêts à faire des efforts importants.

-          Une comparaison avec le monde professionnel a été faite. « Un collaborateur qui s’investit plus, retire toujours un plus dans l’entreprise ».

-          Des élèves ont témoigné des inégalités filles/garçons quasi inexistantes sauf dans certains barèmes de sport.

-          Baisser les plafonds d’accès aux bourses et augmenter les aides.

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