Pour l’enseignement des langues, je pense que l’éducation nationale profiterait d’un formidable réservoir d’expériences en observant ce qui se passe dans son réseau d’écoles francaise à l’étranger avec moins de préjugés.
Je vis en Allemagne depuis une dizaine d’années. Mes enfants sont élèves d’un lycée francais en Allemagne. J’ai pu constater que l’enseignement de l’allemand dans notre école primaire fonctionne depuis qu’on enseigne des matières (maths, sciences, géographie) au lieu d’enseigner l’allemand comme une langue étrangère.
Je constate aussi que les élèves qui sont bilingues dans leur famille apprennent beaucoup mieux une nouvelle langue. (par exemple les bilingues francais-allemand ou francais-arabe apprennent l’anglais beaucoup plus facilement). Les familles venant de France sont surpris par le niveau d’anglais.
Pour certains élèves bilingues venant de France, cet avantage a été gâché par les enseignants de l’école maternelle ou primaire, qui n’ayant pas d’expérience du biliguisme, ont fortement découragé le bilinguisme de ces enfants.
Si les enseignants admettent que le bilinguisme dans la famille (quelque soit la langue) est beaucoup plus une chance qu’un handicap, ils feraient beaucoup pour l’image que les enfants et leurs parents ont d’eux-même. Je pense tout particulièrement aux enfants d’immigrés. Un parent qui ne sait pas lire le francais, mais fait découvrir dans sa langue la vie de tous les jours à ses enfants apporte plus à son enfant qu’un parent ancien bon élève qui assène des tonnes d’exercices scolaires à son enfant, car il lui donne l’essentiel : l’envie de découvrir le monde autour de soi, l’envie d’apprendre.
Que ce soit en primaire, collège ou lycée, l’enseignement des langues devrait s’inspirer davantage de la facon dont nous avons appris le francais comme langue maternelle. Un enfant n’apprend pas d’abord la grammaire. Il acquiert tous les jours du vocabulaire en étant confronté à un niveau de langue supérieur à son propre niveau et apprend la syntaxe de facon instinctive.
J’ai des enfants au collège et au lycée. Ils ont progressé davantage en anglais avec des professeurs qui s’inspirent des méthodes allemandes qu’avec des professeurs suivant à la lettre l’enseignement francais : ils travaillent sur des textes d’un niveau plus élevé, de temps à autre des films. Ces professeurs sont exigeants : moins exigeants au premier abord sur la grammaire, ils demandent par contre beaucoup de travail écrit, beaucoup de rédaction et une grande participation orale : débat, exposés . L’accent est mis d’abord sur l’aspect communication de la langue. L’enseignement de la grammaire n’est pas négligé, mais il n’est plus le squelette de l’enseignement.
Les élèves qui répondent le mieux à cet enseignement sont ceux qui ont intégré qu’apprendre une langue, c’est avant tout communiquer : ne pas baisser les bras devant un texte ou un film parce qu’on n’a pas compris mot à mot, accepter de faire des fautes quand on parle ou on écrit plutôt que ne rien écrire ou ne rien dire en cours. Les élèves venant de France ont trop souvent une barrière psychologique, ils considèrent trop la langue étrangère comme une matière purement scolaire.
Les professeurs francais savent-ils mettre en valeur l’effort de communication ?
Anecdote : J’ai rencontré ici en Allemagne une élève parisienne de 2nde section européenne allemand, LV1 depuis la 6ème. Sa correspondante allemande, capable de tenir une conversation, apprend le francais depuis seulement deux ans. Je n’ai même pas entendu la jeune francaise dire merci ou bonjour en allemand ! Elle me disait qu’elle ne commencerait à parler en allemand que lorsqu’ elle pourrait le parler “correctement”.
Pourquoi une telle différence ?








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Je suis d'accord avec votre message. Je suis moi-même française en section...