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Les programmes

Nombre de professeurs et d’élèves trouvent les programmes trop longs et trop denses. Il faut bien reconnaître que dans ce domaine, les digressions n’ont pas leur place et que l’année scolaire est souvent une course contre la montre pour boucler le programme. Cette course effrénée se traduit par un rythme trop soutenu pour de nombreux élèves et des difficultés à prendre du temps pour expliquer les choses en profondeur. Les élèves ont l’impression, non sans raisons, d’un véritable gavage. L’inconvénient majeur de cette pratique est d’avoir fabriquer un enseignement mou dans lequel les élèves savent des tas de choses mais rien de sûr !

Sans vouloir diminuer les exigences, il pourrait être plus opportun de limiter le contenu des programmes et leurs ambitions afin de favoriser l’acquisition et l’appropriation sur le long terme des connaissances. Ceci permettrait peut-être à chaque élève de posséder des bases plus solides.

Sans mettre fin à l’approche disciplinaire mais en limitant fortement les pressions disciplinaires, la conception et l’écriture des programmes devraient être envisagées de façon globale du Primaire à la Terminale afin de leur donner plus de cohérence et de dessiner une progression. Il pourrait être utile d’y associer les enseignants, qui ont un avis pratique à formuler, afin de rééquilibrer la vision universitaire des auteurs des programmes, trop souvent oublieuse voire ignorante de la réalité des classes du Primaire et du Secondaire…

Enfin, ces programmes devraient faire une place plus grande aux arts, pas seulement plastiques mais aussi à la musique et au cinéma, parce qu’ils ne sont pas centrés sur l’intellect et peuvent éveiller des sensibilités trop négligées.

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Commentaires2 commentaires

  • mihailovich

    “rééquilibrer la vision universitaire des auteurs des programmes, trop souvent oublieuse voire ignorante de la réalité des classes du Primaire et du Secondaire…”

    Monsieur,
    Vous proposer comme tant d’autres un nivellement par le bas, en fonction des élèves les plus faibles. Mais vous ne semblez nullement vous préoccuper de ceux, si nombreux pourtant, qui s’ennuient en classe à force de rabâcher toujours la même chose et de ne pas avancer.
    Si “la réalité des classes du Primaire et du Secondaire” - quel bel euphémisme ! - est ce qu’elle est, c’est seulement parce qu’on y a abandonné toute ambition - surtout pour les publics défavorisés qu’on abandonne lâchement en refusant de les instruire - et parce qu’on n’y apprend de fait plus grand chose.
    On ne fait pas ou peu, bien trop peu le “boulot” quotidien : apprendre à lire, à écrire et à compter par des méthodes éprouvées (et non pas par des expérimentations oiseuses). On renverse les rôles en érigeant l’enfant-roi consommateur “au centre du système” et en mettant le professeur à égalité avec “l’apprenant” qui doit “construire lui-même son savoir” : le professeur perd alors toute autorité. On donne de moins en moins de devoirs personnels sous prétexte de “ne pas aggraver les inégalités entre milieux”, et on n’exige plus ou presque que ces mêmes devoirs soient faits. Sans même parler d’inculquer le goût du travail et du respect de l’autre.

    Si l’on s’y prend tôt (mais mieux vaut tard que jamais !) et qu’on est simplement exigeant, ce qui est avant tout une marque de CONFIANCE et de RESPECT de la part du professeur (cela n’a rien à voir avec une attitude tyrannique !), je peux vous assurer que n’importe quel enfant, de quelque origine ou milieu social qu’il provienne, est à même d’accéder à un savoir exigeant et à la réussite, tous deux gages d’un authentique épanouissement personnel.


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  • Jean-Christophe Garde

    A mihailovich

    Je regrette de m’être mal fait comprendre. Je souscris amplement à votre commentaire. Précisément, ce que je déplore aujourd’hui, c’est de faire croire que, dans le système actuel, dans une course que l’on voudrait à égalité, tout le monde peut y arriver alors que ce sytème n’a pas été pensé pour cela. S’est-on, en effet, vraiment donné les moyens d’ouvrir à tous une école qui n’était, à l’origine, faite que pour les “happy few” ?

    Il ne s’agit pas de niveler par le bas ou par le haut mais de permettre à des jeunes de tirer profit de ce qui leur est enseigné. Quand j’ai écrit ce paragraphe sur les programmes, je pensais à ces élèves, nombreux, qui, malgré la bonne volonté, n’y arrivent pas, parce que cela va trop vite et que les notions abordées s’enchaînent trop rapidement : ils finissent par lâcher prise. Trop souvent, ce n’est, d’ailleurs, que lorsqu’ils auront lâché prise que l’on commencera, enfin, à s’occuper d’eux…

    Je persiste dans l’affirmation que, souvent, les programmes sont démesurés ce qui conduit à être superficiel voire approximatif. J’emploie le mot “démesurés” plutôt qu’ “ambitieux” s’agissant des programmes car je ne confonds pas le contenu avec le volume. Mes propos portent sur le volume. Si vous me permettez, je trouve que c’est me faire un mauvais procès d’intention que de sous-entendre que je n’aurais aucune ambition, du moins bien faible, pour les jeunes que j’ai face à moi.

    Au-delà des programmes, c’est un système entier, faussement égalitaire, qui est à revoir. Votre commentaire, fondé, m’en rappelle un autre d’Alain Finkielkraut. Ce n’est pas la citation exacte mais le sens y est : “Il y a deux visions qui s’affrontent à l’Ecole ; l’humaniste et l’humanitaire. C’est cette dernière qui l’a emporté”. Je ne crois pas, pour ma part, que la réponse se trouve exclusivement dans l’une ou dans l’autre. Il ne s’agit pas de renoncer à ses ambitions mais d’être capable d’adapter l’Ecole, sinon, je suis convaincu qu’elle passera à côtés des ambitions qu’elle prétendait défendre.


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