Assez curieusement, je suis surpris par les compte-rendus redigés à la suite des entretiens dans les divers établissements car étant intervenu à propos des STI, la retranscription a été raccourcie. Je le suis aussi par les échos relayés par les médias, ce matin encore, mettant l’accent sur un nouvel équilibre entre filières scientifiques et littéraires (quid des autres filières?). A chaque fois aussi ou presque ce sont des élèves qui au travers des médias donnent un point de vue, la plupart du temps sur la forme que prennent ces “concertations”, heureusement oserais-je dire car, sans ironie, les jeunes adultes interrogés ne peuvent qu’être satisfaits de la proposition qui consiste à avoir de multiples modules en seconde; nous savons bien, nous tous parents et enseignants à quel point ils appartiennent à la génération “zapping”. A mon sens les entrées ne sont pas les bonnes (l’accent mis principalement entre littéraire et scientifique, la multiplication des modules en seconde). Si je prends le cas des STI (sciences et techniques industrielles), je peux affirmer que nous sommes et resterons un grand pays industriel. Certes et hélas, les seuls échos relayés par la presse sont les délocalisations et les fermetures, plus encore en ces temps de crise. Or en termes de besoins et d’activités les entreprises sont extrèmement demandeuses de personnes possédant le BTS (sachant que le BTS est reconnu au niveau Européen (JO N° 86 du 12 avril 2007), et que les industriels font peu de différence entre BTS et licence). Si je prends l’exemple de la région, 800 offres d’emplois ne sont pas pourvues (et cela en ne consultant qu’un seul site). La demande est telle, que les industriels du département et seulement du département organisent sur le mode d’une rencontre de type speed-dating, un rendez vous avec les élèves de Bac professionnel et les étudiants de BTS pour recruter, chaque entreprise se présentant et définissant le ou les profils recherchés. Nombre d’enquêtes montrent que les rémunérations d’un Bac + 2 du secteur industriel sont à peu près celle d’un Bac + 5 du tertiaire et de la même façon cela n’est pas su. Le nombre de départs en retraite dans les dix années qui viennent et dans l’industrie va offrir des centaines de milliers d’emplois. Autre donnée importante, le taux de réussite des bacheliers professionnels en BTS est de l’ordre de 30% dans l’académie, ils sont pourtant sélectionnés sur dossier. Que deviendra ce taux avec un baccalauréat professionnel qui sera réalisé en trois ans au lieu de quatre, le risque que les élèves aient un niveau en baisse est probable. Donc les principaux viviers des BTS indsutriels sont les STI et les S SI (scientifiques sciences de l’ingénieur) particulièrement bien adaptés mais dont les référentiels sont anciens (en STI). Curieusement les nouveaux référentiels de STI sont rédigés et les intitulés connus mais ne sont pas mis en place, quelle en est la raison? Parlons poursuites d’études, la plupart des BTS permettent ensuite d’envisager une poursuite vers la licence voire en école d’ingénieur, il est encore là l’ascenceur social, pourquoi ne pas vanter ces cursus qui permettent un échelon après l’autre d’obtenir des diplômes qualifiants, professionnels et permettant à chaque étape de rentrer dans la vie active (un aléas dans la vie est toujours possible). Sur le fond, nous avons chacun des données objectives qui permettent de savoir quelles sont les filières porteuses d’avenir et ce n’est pas de la démagogie que de tenir compte des réalités qui permettront aux élèves, futurs citoyens de s’accomplir en termes d’emplois, de rémunérations et de perspectives d’évolution. Ce sont là des données d’entrée qui certes ne satisferont pads tout le monde, mais ce sont des clés.
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STI, voie de réussite ?
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Commentaires3 commentaires
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Pour développer les filières technologiques il faudrait sans doute diversifier encore davantage les nombreux domaines de formation.
Par exemple, j’ai connu beaucoup d’élèves qui ont peiné pour obtenir un bac S afin de poursuivre des études relativement courtes dans le domaine paramédical. Ces élèves auraient été plus à leur aise dans une filière technologique leur assurant une culture scientifique ciblée (mais moins poussée et moins abstraite) consolidée par un enseignement plus concret, un peu comme dans les filières STI ou STL. Mais, à ma connaissance, ce type de filière technologique « paramédicale » n’existe pas.
Toujours dans l’idée de valoriser les filières technologiques (et aussi professionnelles), il me semble important de favoriser les passerelles (cours complémentaires en parallèle du cursus « standard », type première d’adaptation) et les dispositifs de remise à niveau (une année de préparation avant d’intégrer le cursus standard, type MAN)
Il n’est pas rare de voir des élèves ou leurs parents refuser de s’engager dans une filière technologique parce qu’ils craignent de se fermer complètement les portes à des poursuites plus ambitieuses.
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Il existe la série ST2S, (ex SMS) récemment remaniée (premier bac st2s cette année) : le débouché principal de cette série était et reste les écoles d’infirmières. La réforme des études médicales va les mettre en concurrence avec des élèves plus forts qu’elles dans les matières générales. Cette série voit son principal débouché tué alors qu’elle n’existe pas encore réellement sur la marché du travail : perso je ne vois pas bien l’intérêt à travers des séries “fabrique à chômeurs” de continuer dans le même registre (bien sûr qu’on restera un grand pays industriel mais avec quel type d’industrie ? Rappelons que le CA mondial de l’électronique a dépassé celui des industries traditionnelles, hors énergie, et ne parlons pas de l’industrie du logiciel). Il serait plus intéressant quand même de supprimer toutes les séries et de développer des enseignements de tronc commun de divers niveaux avec des modules adaptés aux parcours…
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Merci à HDJ pour son excellente présentation des filières technologiques. En effet, la problématique ne se résoud pas à l’affaiblissement de la filière scientifique au profit des autres filières générales, mais beaucoup plus dans la revalorisation des filières technologiques. Or, il est vrai qu’on fait peu souvent cas de ces filières. Lorsqu’on évoque les bacs, on (les medias?) font souvent référence aux 3 bacs généraux, ignorant les filières technologiques et professionnelles.
Quant à l’orientation, il faut savoir que le budget consacré à l’orientation ne représente que 0,5% de celui du ministère.(rapport Reiss) Le nombre de COP est en diminution (50 recrutés chaque année depuis maintenant 3 ans pour 300 départs en retraite!!).
En 2005, le rapport de l’Inspection générale faisait état de 3 767 emplois de COP et de 535 Directeurs de CIO, soit un total de 4302 personnes. Selon les calculs de l’association des conseillers
d’orientation-psychologues de France, la moitié des effectifs des COP aura disparu en 2013 si cette tendance se poursuit.Pour information, j’ai abordé ces questions dans un livre paru en septembre 2008 intitulé “Tout sur l’orientation après la 3ème” paru aux éditions Delagrave.
Vous pourrez en découvrir une présentation sur le site suivant :







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