23 mars 2009
50 participants
Compte-rendu de la table ronde du lycee Eugene Livet de Nantes (pdf)
I. Comprendre les blocages
Plusieurs participants s’inquiètent de la pérennité de la voie technologique, menacée selon eux par la réforme du baccalauréat professionnel. Beaucoup craignent la confusion entre les deux et à terme, la fusion entre les deux. L’ancien projet de réforme réduisait les enseignements technologiques de 6h à 1h30. Ils demandent de considérer cette filière, qui correspond à beaucoup d’élèves, autrement que par le prisme budgétaire. Les suppressions de postes annoncées ont été critiquées.
La réforme du baccalauréat professionnel en 3 ans a été critiquée.
Des enseignants craignent la disparition de la voie technologique qui correspond à beaucoup d’élèves issus de milieux modestes.
La fusion de l’enseignement général et technologique proposé dans l’ancien projet de réforme a suscité une certaine incompréhension de la part des enseignants.
Des enseignants s’interrogent sur l’avenir de la filière STI, dont la réforme est prête depuis 2007 et envisagée depuis plusieurs années (une consultation a été menée). Outre la réduction de 13 à 6 filières, plusieurs s’interrogent sur les nouveaux contenus.
Des enseignants ont critiqué la focalisation sur la classe de 2nde au lieu de l’ensemble du cycle terminal et s’interrogent sur la modularisation.
La méthode employée dans l’ancien projet de réforme a été peu appréciée. Quelques enseignants préconisent de calquer la démarche projet sur la méthode à employer avec un cahier des charges et une étude approfondie permettant de proposer plusieurs options en fonction d’un objectif.
Des lycéens s’insurgent contre la représentativité des syndicats lycéens qu’ils jugent très limitée.
II. Remarques et propositions
La pédagogie
- Etablir une concertation entre les professeurs. Cette concertation permettrait également d’éviter les répétitions dans les programmes des différentes disciplines et de mieux répartir les travaux demandés.
- Développer la transdisciplinarité entre les enseignements afin d’établir une cohérence. Des élèves ont témoigné des répétitions et des décalages. Des élèves déplorent le manque de connexion entre les programmes des différentes matières.
- Valoriser les élèves autrement que par les notes. Mettre en valeur les appréciations et prendre davantage en compte les activités extrascolaires et l’investissement en cours.
- Donner la priorité aux appréciations et aux engagements plutôt qu’aux notes. Des élèves peuvent être très motivés et travailleurs mais ne pas concrétiser leur investissement par des bonnes notes d’où l’importance de mettre les appréciations au même niveau que les notes. Plusieurs élèves estiment que le système de notation actuel ne permet pas de faire valoir les qualités non scolaires développées notamment dans la musique, la pratique des arts et plus largement les engagements associatifs.
- Des enseignants sont favorables à ces propositions car cette ouverture est nécessaire dans l’enseignement post-baccalauréat mais s’interrogent sur la faisabilité dans le bulletin. L’ECJS pourrait être le cadre dans lequel s’inscrit cette démarche.
- D’autres ont souligné la prise en compte des activités extrascolaires lors des conseils de classe mais reconnaissent le caractère non généralisé de cette prise en compte.
-Des parents s’interrogent sur la manière d’allier l’éducation culturelle et la préparation des élèves à la vie sociale et citoyenne.
- Créer des liens entre les associations et le système éducatif.
- Organiser un oral facultatif devant des enseignants afin de permettre aux élèves de présenter leurs différents engagements et ce qu’ils en ont tiré.
- Maintenir le baccalauréat comme diplôme national afin d’éviter les inégalités entre les classes et les lycées. Les élèves s’opposent à un contrôle continu. Certains proposent de ne pas considérer uniquement les résultats chiffrés mais l’ensemble de l’investissement des lycéens.
- Organiser le baccalauréat sur deux périodes dans l’année comme cela se fait pour les examens à l’université.
- Repenser le baccalauréat. Des élèves perçoivent mal l’utilité du baccalauréat du fait de la poursuite d’étude quasi-obligatoire après son obtention. Des enseignants ont critiqué le tirage au sort dans les épreuves du baccalauréat entre deux matières.
- Améliorer les cours d’ECJS en les rendant plus vivants, plus interactifs et plus fréquents.
- Développer les activités artistiques et culturelles.
- Intégrer un enseignement permettant les débats et la formation de l’esprit critique. Des élèves demandent de prendre en compte l’actualité et soulignent l’enjeu de sa compréhension.
- Développer d’autres formats d’enseignements, par exemple sous forme de table ronde et développer les débats sur divers sujets.
- Augmenter les sorties pédagogiques qui regroupent plusieurs classes afin de réduire la distance élèves/professeurs et afin de mêler les élèves des différentes filières.
- Organiser les voyages scolaires sur la base du volontariat afin d’élargir la participation aux différentes sorties qui sont souvent limitées à certaines sections. Ces voyages permettraient de créer une vraie dynamique au sein du lycée et des interactions. Des parents s’y opposent et préfèrent des sorties pour le groupe classe afin de lutter contre les inégalités sociales.
- Permettre à des petits groupes d’élèves de partir ne serait-ce qu’un mois dans des pays étrangers grâce aux jumelages. D’autres proposent de faire des sorties au niveau local afin de sortir du cadre du lycée.
- Réduire les vacances scolaires afin d’alléger les journées scolaires. Une fin des cours à 15 heures est proposée. Les vacances d’été en 2nde de 3 mois sont particulièrement concernées par cette proposition.
- Développer la démarche inductive des élèves. Cette proposition nécessite des petits groupes aussi bien dans l’enseignement technologique que général.
Les langues vivantes
- Axer l’apprentissage des langues sur l’oral et intégrer une évaluation orale dans les épreuves du baccalauréat.
- Multiplier les jumelages avec des établissements étrangers.
- Limiter les effectifs des classes à 15 afin de favoriser l’apprentissage des langues.
- Augmenter le nombre de d’heures de cours de langues. Des élèves ont témoigné du décalage entre le lycée et l’enseignement supérieur (notamment les classes préparatoires).
- Développer les sections européennes qui sont très appréciées par les élèves.
L’orientation et les filières
- Créer une heure de cours sur des aspects pratiques tels que la rédaction de CV, de lettre de motivation et des déclarations d’impôt.
- Informer davantage les élèves sur les métiers. L’augmentation des postes de COP permettrait de répondre à cet objectif.
- Organiser des rencontres avec les professeurs d’université. Des élèves proposent que ces derniers viennent dans les lycées afin de présenter les enseignements des filières post-baccalauréat. Des professeurs ont témoigné du faible contact avec les universités à la différence des IUT. Dans le lycée, chaque filière est liée à une poursuite d’étude clairement définie d’où la cohérence entre les deux cycles d’étude et les taux de réussites importants. Les nombreuses passerelles permettent également d’assurer cette réussite.
- Valoriser la filière STI. Des élèves ont témoigné de la faible information dispensée sur la voie technologique en 3ème. Ils ont également dénoncé la hiérarchisation des filières et l’orientation basée exclusivement sur les notes au détriment des goûts des élèves.
- Des professeurs ont témoigné de l’orientation par défaut dans les voies technologiques qui sont pourtant des voies de réussite. Ces filières répondent aux objectifs énoncés puisque beaucoup de lycéens poursuivent des études supérieures, obtiennent des diplômes et s’intègrent parfaitement dans la vie active.
- Développer les CPGE pour les filières technologiques. Quelques enseignants préconisent cela afin d’aller au-delà des objectifs déjà atteints.
- Intégrer des stages obligatoires en milieu professionnel dans le cursus du lycée (général et technologique) et informer davantage les élèves sur le monde de l’entreprise. Des élèves déplorent le manque de relation avec le monde professionnel. Cela permettrait également de confirmer ou non l’orientation voulue. Cependant, les élèves s’opposent à un financement privé des lycées.
- Faire intervenir des professionnels (agents recruteurs, cadres) dans le lycée pour expliquer le fonctionnement et les pré-requis nécessaires.
- Informer davantage les élèves de 3ème et de 2nde sur l’orientation
- Organiser plus de rendez-vous chez les COP, au moins 30 minutes par an.
- Améliorer le service de l’aide à l’orientation. Des élèves considèrent que 1700 élèves pour 2 COP (présentes seulement une demi-pournée) est un ratio largement insuffisant. En outre, elles provoquent également « plus de questions que de réponses ». Des parents sont également demandeurs d’un accompagnement sur l’orientation afin de pouvoir aider leurs enfants dans leur réflexion.





