Les débats

Une cité lycéenne en ligne, pour stimuler le goût d’apprendre chez soi

Aujourd’hui, je rentre chez moi, et franchement, j’ai la flemme de bosser. Comment faire passer le temps? Je regarde quelques vidéos sur youtube, je regarde un ou deux épisodes de séries et je discute sur msn, tout en soupirant parce que mes parents n’aiment pas trop que je sorte…(cela dit, même avec mes copains, on s’ennuie un peu.)

Quel adolescent n’a pas vécu ça? Pour lutter contre cette situation, l’éducation nationale ne pourrait-elle pas monter un grand site internet de la connaissance ludique? Un site qui serait une référence, comme wikipedia, mais serait spécialement conçu pour les ados, leur montrant le savoir sous un jour fun. Le but n’étant pas forcément de tout expliquer en détails, les profs étant là pour former les esprits de manière rigoureuse, mais plutôt de rappeler que la connaissance est aussi un facteur d’épanouissement…et d’amusement.

Un site où on pourrait mettre des vidéos comme celle-ci http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=f2XQ97XHjVw, où on voit des gens courir sur des piscines remplies de maïzena. Où on apprendrait comment les sauterelles utilisent les nombres premiers pour tout dévaster sur leur passage. Où on découvrirait que la couleur des étoiles trahit de quoi elles sont faites, ainsi que l’histoire de l’univers.

Une base de faits un peu surprenants, anecdotiques ou intéressants, qui soient drôles et éveillent la curiosité. Avec de la vulgarisation ciblée pour les ados, et pas pour les retraités scientifiques.
On pourrait aussi penser organiser des concours d’écriture de nouvelles, de poésie. Poster et voter pour ses textes préférés. S’échanger des anecdotes croustillantes sur la vie de François Ier. Ou se raconter, entre personnes d’origines variées, des histoires qui illustrent nos différences culturelles.

Dans une section “entraide”, un élève qui aurait besoin qu’on lui réexplique quelque chose pourrait demander des éclaircissements, et des lycéens seraient invités à répondre, sous la forme d’un forum, ou à se filmer faisant le “prof”, expliquant à leurs camarades ce qu’ils ont eux-même compris…

On n’a pas tous un environnement stimulant qui nous livre les clés de l’ascenseur scolaire et social. Alors pourquoi ne pas offrir à nos jeunes, chez eux, souvent seuls face à l’ennui, la solution d’apprendre en s’amusant?

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Commentaires18 commentaires

  • Hélène

    Il existe des lieux où tout jeune aurez été sans doute comblé – les librairies et les bibliothèques municipales. Mais ils sont malfamés de nos jours des Facebook.


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  • mihailovich

    …et les musées, les concerts, les voyages, etc.
    Tout ça coûte de l’argent, mais vous avez pour toutes ces activités des tarifs préférentiels vraiment avantageux. Et c’est toujours moins cher que d’enchaîner des bières ou les boîtes de nuit.
    Aucune excuse donc, à part la feignantise…

    Quand on ne souhaite pas suffisamment faire quelque chose, il n’est pas difficile de se trouver une bonne excuse.

    Une technique efficace pour y remédier : l’auto-coup de pied au derrière !


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  • Aude

    Ces réactions sont risibles. Le principe du site internet, c’est qu’il est gratuit, et donc ce ne serait aucunement un outil de discrimination sociale.
    Quant à la feignantise, permettez-moi de vous dire que j’ai encadré au niveau prépa des élèves brillants que leurs professeurs de collège considéraient comme des demeurés, parce qu’ils s’intéressaient à la littérature japonaise plus qu’à la proportionalité.
    Je doute que l’auto-coup de pied au derrière aide les 25% de jeunes adultes au chômage à trouver un job, dans cette société de tyrannie gériatrique!


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  • Arthur

    Il souffle décidément dans ce pays un vent de nostalgie pétainiste.
    On lit une publication intéressante sur un site qui a le mérite de proposer le dialogue. Et voilà qu’on tombe sur des commentaires d’une bêtise confondante.
    Certains ici rêvent apparemment d’une jeunesse droit dans ses bottes, en culotte courte et tenue de marin, parfaite mise en plis, de préférence blonde aux yeux bleux, “marche tout droit” (”surtout ne regarde pas sur les côtés ça te ferait réfléchir”), et dissertant tout le dimanche après midi avec ses jeunes camarades des merveilles classiques du Louvre et d’équations mathématiques. Et sans doute aussi de missiles, de façon de faire régner l’ordre en France etc. Le tout bien sûr, après une bonne séance de coup de pieds au derrière et de flagellation collective. Rien de tel pour être bien dans sa peau et oublier ses problèmes.
    Je propose de revenir carrément au Moyen-Âge, au temps des capucins et de la cilice, tant qu’à faire.
    Petit problèmes pour nos grincheux pétainistes : ces méthodes n’ont jamais rendu les gens intelligents. Disciplinés, tenaces, peut-être, mais certainement pas curieux. Certes il faut de l’autodiscipline pour être un savant, mais l’autodiscipline n’est rien sans la motivation, et ce n’est certainement pas vos idées d’un autre âge qui vont réveiller celle-ci. Si l’on pouvait demander à Galilée ou Einstein ce qu’ils pensaient de vos idées, je crois qu’ils rigoleraient bien.
    Toutes les solutions que vous proposez, Jeanne ne les dénie pas. C’est vous qui voulez voir des oppositions, obnubilés par votre discours fasciste de la discipline et du coup de pied au derrière.
    PS : mihailovich, vous êtes vraiment professeur ? je vous colle mon ticket que j’ai fait des meilleures études que vous, étant élève de grande école. L’autodiscipline, la prépa, l’excellence, je connais. Je peux vous dire que l’attitude que vous prônez n’a conduit les camarades que j’ai vu la faire leur qu’aux mêmes drames : tentative de suicide, dépression et attitude auto-destructrice parfois grave (éclatement de l’estomac par suite de boulimie), au mieux échec au concours. Bref vos idées sont désatreuses. Et vous êtes prof ? moi actuellement je n’ai pas de poste. J’aimerais bien le vôtre. Je suis sûr que j’en ferais quelque chose de mieux que vous.


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  • mihailovich

    Chère Aude,
    Ne vous emportez pas si vite !
    Mes propos étaient en réaction à Jeanne qui voulait un “grand site internet de la connaissance ludique” afin de montrer aux ados “le savoir sous un jour fun”. Cette jeune doctorante voulait trouver un palliatif à ses longues soirées d’ennui (”Je regarde quelques vidéos sur youtube, je regarde un ou deux épisodes de séries et je discute sur msn, tout en soupirant parce que mes parents n’aiment pas trop que je sorte…”). Je maintiens que cette jeune personne pourrait se pousser au derrière pour aller chercher dans le vaste monde les connaissances “ludiques” qu’elle cherche. Elle peut très bien aller se promener dans Paris pour découvrir l’histoire de la ville et de la France par la même occasion. Par les belles journées d’été qu’il commence à faire, il me semble que c’est à la fois plus enrichissant et plus amusant que de rester enfermé chez soi devant un ordinateur.
    De plus, il existe actuellement une tendance recherchant le ludique à tout prix : elle fait un peu froid dans le dos. Veut-on découvrir le monde dans un vaste Parc Eurodisney ? Faut-il se limiter à des anecdotes et ne pas prendre connaissance du fond des choses ? Je regrette, mais tout apprentissage demande des efforts. Ce qui n’empêche pas l’effort d’être terriblement stimulant et gratifiant lorsqu’on est vraiment passionné par quelque chose !

    Pour résumer, je n’ai rien par principe contre ce genre de site à visée éducative. Je voulais simplement dire que cela peut être un bon complément, mais ne remplacera jamais des contenus structurés et réfléchis délivrés dans le cadre d’un cours, comme les tenants du tout ludique ont tendance à le penser.


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  • Jeanne

    Bonjour mihailovich,

    Je vous remercie de vous soucier de mon bien-être. Je tiens à vous rassurer, j’ai en fait une vie intellectuelle et sociale tout à fait accomplies. Je connais assez bien les clés de la vie culturelle, et j’ai repris cette année ma carte louvre jeunes, mon abonnement jeunes chatelet, pleyel, AROP etc etc…
    Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’on peut apporter aux jeunes de milieux plus difficiles que j’ai été amenée à encadrer dans un cadre associatif, ainsi qu’à ceux de ma famille qui habitent dans des petits villages. Quand ils me disent s’ennuyer et me demandent quoi faire.

    Mon propos n’est pas de détourner les jeunes des sources classiques d’apprentissage (vous noterez que j’ai explicitement écrit “les profs étant là pour former les esprits de manière rigoureuse”) mais de faire qu’internet soit aussi une passerelle de culture importante et accessible.

    Ma proposition ne visait pas à détourner les lycéens de la construction intellectuelle, elle visait à louer l’émerveillement d’apprendre. Pour les aider à retrouver le chemin des structures dont vous parlez…

    Vous dites “Ce qui n’empêche pas l’effort d’être terriblement stimulant et gratifiant lorsqu’on est vraiment passionné par quelque chose !”. Je suis en thèse, je ne peux qu’être d’accord! Maintenant, que peut-on proposer pour les aider à devenir “vraiment passionné[s] par quelque chose”?


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  • mihailovich

    Cher Arthur,
    Vous semblez être très doué pour la caricature…mais votre plume fleurie vous entraîne un peu trop loin.

    Vous ne semblez pas avoir compris que le “coup de pied au derrière”, on devait se l’appliquer au sens figuré et à soi-même. Il n’a jamais été question de mener une classe - et à plus forte raison une société! - à grands coups de règle sur les doigts !

    Pour votre information, je suis venu en France à l’âge de 10 ans sans parler un mot de français. Un an plus tard, je me situais en tête de ma classe (eh oui, un immigré, ça peut réussir!). Ce qui ne m’empêchait nullement à ce même moment de pratiquer le piano à haut niveau et de m’intéresser aussi bien à la volcanologie qu’aux papillons, à l’art gothique ou à Guerre et Paix de Tolstoï… Bref, d’être un enfant curieux et cultivé, ce que la plupart de mes camarades de primaire et de collège qui passaient leur temps devant les écrans ne pouvaient me pardonner, cela dit en passant.
    Je le dis également à Aude : il est possible d’être un bon élève sans être nécessairement scolaire et fermé. Curiosité et réussite à l’école vont même le plus souvent de pair : cessons donc de les opposer systématiquement! Et j’étais le premier à m’ennuyer à l’école à cause du rythme trop lent de l’apprentissage dans certaines matières.

    Comme vous, je suis également passé par deux grandes écoles et enseigne à ce jour dans un établissement renommé. Je ne le regrette nullement d’avoir consacré une grande partie de ma vie à ces études, bien au contraire. Ce parcours, je ne l’ai pas davantage vécu comme un bagne : quand on est passionné, on oublie l’effort et on a l’impression d’avancer avec des bottes de sept lieues ! Et contrairement à vous, je suis loin de penser que ce parcours dit d’excellence est réservé à une supposée élite. Je ne pense pas non plus l’avoir fait par esprit de compétition, ou pour me comparer aux autres. Je l’ai fait sans pression aucune (pas besoin de se faire des maux d’estomac, du coup !) et de manière totalement désintéressée, par simple “amour de l’art”.
    Cela dit, possédant un certain recul du fait de ma double identité, je ne me contente pas de planer dans les hautes sphères et observe l’évolution de la société, notamment en ce qui concerne la jeune génération dont je fais partie (j’ai la trentaine et suis donc particulièrement mal placé pour parler du “bon vieux temps” comme vous semblez le croire !). Et ce que j’ai pu voir chez certains jeunes, notamment après avoir moi-même enseigné en banlieue, ne me réjouit guère : la rébellion systématique face à toute forme d’autorité, la disparition de toute réflexion au profit du défoulement permanent des instincts (il faut “s’éclater”), le rejet violent de la culture au profit d’une véritable civilisation télévisuelle omniprésente, l’agressivité permanente érigée en mode de communication, l’omniprésence de la violence, la tyrannie de la consommation et des modes, un manque terrible de curiosité… mais également une propension continuelle à se poser en victime sans pour autant se donner les moyens de “s’en sortir”.
    On l’a vu pendant les émeutes de 2005 : ces jeunes qui brûlaient les écoles et les bibliothèques, leur unique richesse, n’étaient même pas aptes à concevoir une seule proposition concrète (pas plus que l’exprimer, d’ailleurs).
    Et sans aller jusqu’à cet exemple extrême, cette attitude de rébellion adolescente systématique et destructrice est devenue courante dans l’ensemble des couches de la société. Ouvrez donc les yeux !
    Il y a des gens qui considèrent que ce modèle est un épanouissement pour les jeunes. Pour moi, il s’agit d’une aliénation. Et le salut pour ces jeunes en manque de repères passe par un minimum de discipline et de travail, que cela vous plaise ou non. Ce ne sont pas des gros mots, que je sache !
    Surtout, ce qui m’afflige, c’est que nombre de nos politiques, ayant réussi et se considérant comme membres d’une prétendue “élite”, prend de haut ces populations en rabaissant injustement l’ambition de leur instruction sous prétexte d’ “adapter les contenus” et les caresse complaisamment dans le sens du poil en pratiquant un relativisme culturel dangereux.

    Sur le fond, je pense donc que vous m’avez mal compris. Quant à votre invective sur le pétainisme et le fascisme, elle est totalement hors sujet et ne mérite pas qu’on s’y attarde. J’ajouterai simplement qu’une bonne partie de ma famille est passée par les camps nazis, si vous voyez ce que je veux dire… Par contre, je persiste à penser que l’idéologie égalitariste et “compassionnelle” développée par les bobos post-soixantehuitards refusant de dispenser le savoir aux couches défavorisées sous prétexte qu’il serait “élitiste”, est dangereuse, contraire à l’équité, source d’exclusion et finalement porteuse d’une dérive authentiquement fascisante.

    Bien à vous.


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  • regnaut

    Ty bcio ckazal tovarich Mikailovitch !


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  • Jeanne

    Cher mihailovich,

    Votre portrait est touchant, mais je ne comprends toujours pas sur ce qui vous a conduit a réagir si violemment à ma tribune.
    En quoi proposer aux ados un site pour qu’ils puissent se cultiver à la maison, conçu spécialement pour eux, va-t-il à l’encontre de votre analyse? Si un jeune ne va déjà pas au musée, en quoi cette plateforme l’en empêcherait-il? En quoi quelqu’un de curieux et motivé y trouverait-il de quoi quitter les bibliothèques? De manière générale, en quoi créer un contenu extra-scolaire ludique adapté aux adolescents serait-il un “refus de dispenser le savoir aux couches défavorisées”??
    Les exemples que je donne touchent à la compréhension de la mécanique des fluides, de l’effet Doppler ou de la dynamique des populations, qui sont des sujets que j’enseigne à l’université. Le fait que j’insiste sur le côté “fun” et ludique n’enlève rien au fait que ma proposition est donc en fait assez “élitiste”.
    Ne pensez-vous pas que si vos petits camarades avaient eu plus outils, quand ils passaient leur temps devant leurs écrans, pour comprendre que le savoir était épanouissant, vous auriez in fine été moins seul?

    Je pense que personne ici n’a dit que “un minimum de travail et de discipline” était un “gros mot”. Votre premier post était bien plus aggressif que ça et je comprend qu’il ait pu choquer.

    Vous dites avoir été touché par le savoir, tandis que vos camarades n’y voyaient pas d’intérêt. Puisque vous avez observé de près cette différence d’investissement, vos propositions pour réduire cet écart doivent être extrêmement intéressantes. Concrètement, comment éviter que le monde ne se divise entre deux catégories de personnes, les élus qui comme vous, ont naturellement de la curiosité et du talent, et ceux qui n’ont “Aucune excuse donc, à part la feignantise…” ? Pourriez vous me donner les liens menant à vos propres tribunes?


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  • mihailovich

    Ty bcio ponial, tovarich Regnaut !


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  • mihailovich

    Chère Aude,
    Je ne conteste nullement votre idée de site : bien au contraire. l’idée est formidable. Mais je trouve que c’est une manie de notre époque de vouloir donner à tout prix un vernis “ludique” à tout, même à ce qui ne s’y prête pas. Je ne suis pas sûr que la science, l’art ou la littérature en aient en aient nécessairement besoin. Et je ne suis pas davantage certain que les enfants et adolescents doivent être ainsi “appâtés”, comme des animaux qu’on veut piéger. Ne les infantilisons pas trop : bien souvent ils ne réagissent pas bien quand ils se rendent compte qu’on les prend pour des enfants, justement !
    Ce qui compte, ce n’est pas l’enveloppe qui brille, mais son contenu. Apprenons cette règle d’or à nos jeunes dès leur plus jeune âge.
    Justement, je vous réponds donc à votre question : comment intéresser et passionner un enfant au savoir ?
    1. Cela relève avant tout de la responsabilité des parents et de l’éducation qu’ils dispensent au quotidien, et ce dès le plus jeune âge. Pas besoin d’avoir des parents fins lettrés, mais simplement conscients de l’importance capitale du savoir et de la culture dans la formation de la personnalité d’un authentique être humain, et désireux de tout faire pour assurer au mieux cette transmission. Remplir cette condition a priori simple est déjà l’essentiel.
    Donc si les parents ne sont pas présents, ça ne marche pas. Simple question de bon sens !
    Le rôle de l’école : se concentrer sur sa mission d’instruction, avec bienveillance mais fermeté et exigence. Elle doit aussi garder un oeil sur les parents en maniant la carotte, mais également le bâton s’il le faut face à des parents démissionnaires.
    L’exigence est une dimension fondamentale, car c’est aussi la marque d’une confiance. Loin de le brimer ou de l’enfermer dans un apprentissage abrutissant, il s’agit de lui faire comprendre qu’il peut beaucoup, alors il est normal de lui en demander autant en retour ! Au contraire, en demander moins revient à considérer moins.
    2. Le jeune enfant est naturellement curieux de découvrir le monde qui l’entoure. Les parents doivent dès le plus jeune âge, et au quotidien, entretenir et stimuler cette curiosité. Par des lectures faites à l’enfant, puis, lorsqu’il sait lire, en lui mettant un livre entre les mains, et en le questionnant ensuite sur ses impressions. En l’amenant au musée, au concert, en lui faisant pratiquer une activité artistique. En le promenant dans des villes historiques ou en lui faisant goûter les charmes de la campagne… Bref, en éveillant sans cesse sa sensibilité face au monde qui l’entoure. Au bout d’un moment, dès que le pli est pris, l’encourager sans lourdeur à approfondir toujours plus ce qu’il fait.
    3. En neutralisant toutes les sollicitations inutiles au bon développement de l’enfant. Supprimer autant que possible les écrans (avoir une télé ou un ordinateur n’est franchement pas indispensable avant un certain âge, et on peut même complètement se passer de la télé dans la vie, on n’en meurt pas pour autant, il y a des choses bien plus passionnantes ! ). A un âge plus avancé, en contrôler soigneusement l’utilisation. Et, s’il le faut, user de son autorité pour contrer les nombreuses sollicitations de la sous-culture marchande et de la consommation à outrance, si envahissantes de nos jours.
    Vous le constatez : tout ceci est parfaitement accessible à n’importe quel enfant, de quelque origine que ce soit. Il suffit simplement de le vouloir.


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  • Jeanne

    Hé, c’est MON idée !! Je l’aime beaucoup, donc merci de m’en laisser la maternité.

    Ma question était plus précisemment : “Comment le LYCEE peut intéresser un enfant au savoir?”. Attention, je ne dis pas qu’il ne le fait pas, j’ai eu des profs merveilleux qui ont changé ma vie. Mais on est sur ce site pour donner des propositions et des projets, donc allons-y…

    Votre réponse concerne pas mal le rôle de la famille et des parents. Même s’il est évidemment primordial, j’aimerais beaucoup que vous développiez sur les actions concrètes que l’éducation nationale peut mener pour faire avancer la situation.

    PS/ Je ne suis tjs pas d’accord avec “même à ce qui ne s’y prête pas” parce que justement, je crois que le savoir s’y prête, et que ça devrait être dit plus souvent. Mais tant qu’on est d’accord pour dire qu’il faut au possible amener les ados au travail, avec ses composantes ludiques et rigoureuses que ça implique, ce n’est pas grave.


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  • Aude

    Cher Mihailovitch,
    Vous me confondez avec Jeanne, j’en m’en excuse auprès d’elle, mais j’ai moi aussi des éléments de réponse à vous apporter, qui vous feront comprendre, je l’espère, la violence de ma première réaction.
    Nos profils s’avèrent beaucoup plus proches que ce que vos propos sur ce site ne me l’avaient laissé imaginer. Laissez-moi vous apporter quelques nuances sur ma position. Pourriez vous tout d’abord me préciser les éléments qui vous laissent à penser que ma position est anti-élitiste? L’idéologie consistant à réduire les ambitions de manière totalement démagogique ressort bien évidemment pour moi d’un type de gouvernement visant à tuer dans l’oeuf tout esprit critique.
    Cela dit, je ne suis pas certaine que vous ayez perçu l’intérêt réel de certaines techniques pédagogiques. On peut faire des miracles, notamment pour l’apprentissage des langues. On m’a ainsi enseigné à Harvard une méthode totalement fondée sur des jeux et des répétitions, qui permettait vraiment d’apprendre le français en un an. Je n’y croyais pas au début, je trouvais ça bêtifiant, mais j’ai changé d’avis en voyant le résultat! En revanche l’attitude “marche ou crève” de certains pédagogues me semble totalement contre-productive, quel que soit le niveau des élèves auquel on a affaire.

    Vous avez mal lu Jeanne, son premier paragraphe ironise sur le mode de vie d’une adolescente typique (à moins qu’elle ne soit en thèse et que ses parents lui interdisent de sortir: encore une victime de la précarité doctorale…)
    Et où avez-vous lu, dans le message d’Arthur, qu’il s’agissait d’épargner le savoir aux couches défavorisées de la population?
    Je vous pardonne bien volontiers d’avoir sauté aux conclusions. Moi aussi, en vous lisant, j’ai conclu que vous étiez dégoûté par l’enseignement, et donc âgé.

    Vous accusez les jeunes d’avoir perdu tout sens de la valeur du savoir, c’est précisément ce que l’idée de Jeanne vise à restaurer. Effectivement, le travail n’est pas une punition. Cela vaut la peine d’essayer de lui rendre son attractivité, de faire comprendre sa magie jusqu’en dehors du cadre scolaire. La violence de votre réaction face à l’affirmation “on peut apprendre de manière ludique” n’est-elle pas en elle-même symptomatique d’un problème?

    Moi aussi, je m’en suis sortie par la très petite fenêtre du “marche ou crève”. Evidemment qu’un authentique bon élève est curieux de tout. Mais c’est le plus souvent ce que lui ont inspiré ses parents. Les solutions que vous suggérez ici sont surtout valables pour les parisiens et les gens dont les parents voient l’intérêt de payer le musée. Ce sont donc selon toute probabilité des discriminants sociaux. Le parcours méritocratique ne devrait pas être réservé à une élite sociale, mais malheureusement les chiffres sont accablants: il l’est. Et que dire du nombre de filles par promotion de l’X (8%)? L’école doit-elle être réservée aux bons élèves? Votre histoire est exemplaire, mais suffit-elle pour penser que le manque de volonté est la seule raison à cette situation? Et que l’”auto coup de pied” soit un remède suffisant à la fracture sociale? “Moi je m’en suis tiré, ils n’ont qu’à faire un effort”? Vraiment?


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  • Aude

    Réponse au dernier billet de Mihailovitch:
    Je suis d’accord que le rôle des parents est essentiel, mais c’est précisément ce à quoi nous ne pouvons rien. On ne peut pas les envoyer en camp de rééducation, même dans l’intérêt bien compris des élèves. C’est pourquoi je pense que l’enjeu ici est de chercher les solutions qui peuvent venir de l’institution scolaire elle-même.
    J’ai grandi sans écran, et il n’y a aucun doute que ça m’a infiniment apporté. Mais l’écran est là, maintenant, il est dans toutes les chambres. Ce serait génial de le renverser en quelque chose de positif, ne trouvez-vous pas?


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  • mihailovich

    Chère Aude,
    Voici quelques réponses à votre argumentaire :
    1.Arthur semble, pour une raison mystérieuse, mettre dans le même panier les classiques du Louvre et les équations mathématiques avec les missiles et une idéologie d’extrême-droite. C’est un amalgame regrettable mais pas si rare de nos jours de la part de ceux qui, ne pouvant s’expliquer rationnellement le fait que la barbarie nazie soit née sur un sol pétri de culture humaniste, jettent le bébé avec l’eau du bain et associent une culture classique à tort supposée d’élite à un régime extrémiste valorisant une élite.

    2. Toutes mes excuses à Jeanne, j’aurais effectivement dû comprendre votre message au second degré (et j’ai effectivement eu un doute…). Mais le fond de ma pensée concernant de nombreux ados qui ne veulent pas se bouger demeure.
    D’autre part, tous les adolescents ne se conforment pas à ce modèle dévalorisant, loin de là. Or, ce n’est pas ceux qui font le plus de bruit, …donc on n’en parle pas assez, et on ne fait rien pour eux. Je pense que l’équité la plus élémentaire voudrait qu’on s’intéresse à TOUS les élèves, pas seulement à ceux en échec. J’irais plus loin : on devrait même valoriser davantage les élèves méritants de manière à pousser les autres dans la même voie par le biais d’une saine émulation.

    3. Je ne suis pas d’accord avec vous sur le volet “social” de votre intervention.
    De nos jours, avec toutes les aides et subventions accordées (par l’Etat, les collectivités territoriales et autres,) la culture devient vraiment très accessible financièrement. Bien moins coûteuse en tout cas qu’une sortie à Euro Disney ou un abonnement de téléphone mobile avec tous les gadgets de rigueur !!! Il s’agit simplement de faire un choix. Et s’inscrire à une bibliothèque est même le plus souvent gratuit.
    Ira-t-on un jour jusqu’à payer les gens pour qu’ils se cultivent ?
    Franchement, dans certaines familles, il y a un manque de volonté évident, voire un rejet flagrant de la culture.
    4. Sur le fait que l’écran soit dans toutes les chambres : tant que ces écrans sont omniprésents, on ne pourra que bricoler.
    Les supprimer est une question de responsabilité individuelle, certes, mais également de volonté politique et de “santé publique” en quelque sorte.
    Pourquoi ne pas faire la même chose qu’avec le tabac, du type “l’abus de télévision nuit à vos neurones” ? Pourquoi ne pas taxer les ventes d’écrans plats ? L’état pourrait ainsi se refaire une santé financière, au lieu de supprimer des postes de professeurs…
    Je plaisante, mais à moitié seulement !
    Enfin, l’institution scolaire ne peut raisonnablement parer à tous les manques de l’éducation parentale. C’est la raison pour laquelle il est totalement utopique de lui demander cela.

    5. Le parcours méritocratique est STATISTIQUEMENT DE PLUS EN PLUS réservé à une élite sociale, alors même que depuis 30 ans ont ne cesse de mener des politiques de “réduction des inégalités”. Pourquoi ?
    Parce que l’école renonce progressivement à l’exigence pour tous, sous prétexte que le savoir serait “inadapté” à des milieux défavorisés dépassés : or, moins on en demande, moins on en fait, chacun le sait.
    Sous couvert de “démocratie”, on accueille dans la filière générale des enfants qui n’en ont ni le niveau ni le profil, et qui seraient mieux ailleurs, dans des filières correspondant plus à leur goût. Tout le monde n’a pas les mêmes capacités d’abstraction.
    Pourquoi d’ailleurs vouloir à tout prix l’objectif des 80 % au bac, quitte à en diluer sans cesse le contenu ? On se le demande bien. A-t-on besoin d’autant de diplômés bac +5 pour ensuite les retrouver au chômage ? Par contre, des bons artisans, on en manque…
    L’école démissionne de plus en plus face à ses tâches d’instruction, et pas uniquement dans les milieux difficiles. Certains professeurs se transforment en animateurs de colonie de vacances pour avoir la paix et plaire aux élèves. D’autres professeurs qui veulent se faire respecter, loin d’être soutenus, se font remettre à leur place par leur hiérarchie. De plus, certains programmes scolaires sont vidés de tout contenu. En cours de musique en collège par exemple, les programmes interdisent par démagogie pure toute progression chronologique et proscrivent l’apprentissage organisé de l’histoire de la musique : à la place, on doit apprendre à pratiquer un instrument à 30 élèves le plus souvent peu motivés (mission impossible !!!) et faire du chant à des ados en pleine mue (super, le club karaoké !!!). Bref, le cours de musique conçu comme une grande “récréation” devient un vrai souk : je me demande bien pourquoi veut-on cela ?
    En cours de français en collège, on abandonne de plus en plus les grandes œuvres classiques au profit d’une littérature de jeunesse au contenu parfois indigent. En cours de français en lycée, depuis les années 2000, les programmes préconisent de n’aborder les œuvres que sous un jour purement formaliste, sans creuser leur sens : du coup les élèves n’y voient aucun intérêt et s’ennuient, à juste titre.
    D’autre part, l’apprentissage de la lecture par les méthodes globales et semi-globales a produit et produit encore et toujours des générations d’enfants “dyslexiques” et de “dysorthographiques” qui traînent ce handicap tout au long de leur scolarité (il suffit de lire quelques interventions sur ce blog-même pour s’en rendre compte).
    Cette liste est malheureusement loin d’être exhaustive…

    Conclusion : l’école n’offrant plus de “valeur ajoutée” par les contenus enseignés, seuls les gamins des milieux favorisés ayant les parents derrière s’en sortent. Et encore, il y a de la casse en chemin.


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  • mihailovich

    Chère Jeanne,
    Vous vous demandez quels facteurs positifs peuvent donner un “électrochoc” à un élève a priori peu intéressé par le savoir.
    - un excellent professeur qui fait des cours approfondis et passionnants et qui sait communiquer, faire partager sa passion.
    - un voyage scolaire à visée culturelle (ex. dans une grande capitale) avec visites guidées, cours-conférences, etc.
    - instaurer (enfin !)des vrais cours denses à vocation culturelle : histoire de l’art, histoire de la musique, histoire de la littérature, et…histoire des sciences pendant qu’on y est ! Entendre parler des expériences d’Archimède et de Newton permet à l’élève de relier les notions scientifiques abstraites à une expérience humaine concrète, ce qui est décisif à mon sens pour l’intéresser.

    Car de manière générale, ce qui intéresse petits et grands, c’est qu’on leur “raconte des histoires”, peu importe le domaine.

    Mais je maintiens que tout ceci ne doit pas être une spécificité du lycée, mais doit être commencé bien plus tôt ! Au collège, par exemple …


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  • Hélène

    Excusez moi d’avance pour les fautes d’ortho, car je suis un parent-immigré.

    Aude, vous écrivez “On m’a ainsi enseigné à Harvard une méthode totalement fondée sur des jeux et des répétitions, qui permettait vraiment d’apprendre le français en un an. Je n’y croyais pas au début, je trouvais ça bêtifiant, mais j’ai changé d’avis en voyant le résultat”. Le résultat où ? Est-ce à Harvard même ? Étaient-ce les élèves motivés et de quel âge ? Un jeune homme de ma connaissance a appris l’anglais en travaillant pendant deux étés pour les associations caritatives aux États Unis. Il parle très bien, mais est-ce une raison de généraliser tout de suite cette méthode et envoyer tous les ados à travailler pendant les étés pour apprendre des langues étrangères ? Si c’était obligatoire, je doute que le résultat aurait été le même.

    Personnellement je suis assez étonnée que vous ayez besoin d’un site pour accéder à la culture. Il y a déjà beaucoup de sites qui conseillent des livres, il existe des tonnes des livres pour la grande publique qui vulgarisent les sciences, des cours de collège de France (est-ce seulement pour les retraités ?), qui sont en ligne, l’université de toutes les savoirs (en ligne). Les professeurs à la retraite ont leurs sites aussi avec les cours et les amusements de tout genre. Des sites avec des casse-tête mathématiques ludiques (Kangourou, par exemple), les magazines comme Recherche. Vous avez bien plus que nous à notre époque pour accéder aux connaissances car si une personne veut apprendre et se renseigner, c’est bien facile maintenant avec le Google. Je suis étonnée qu’il faille un professeur-général-en-chef pour fournir des « cours » ludiques. Lisez donc l’autobiographie de G. Charpak pour voir comment s’en sortent les enfants des familles dévalorisées, y compris culturellement. Charpak a d’ailleurs publié des livres ludiques sur la physique. Qui les lit ? Ça serait pareil pour un site de l’EN en plus. Pour apprendre, même d’une façon ludique, il faut tout d’abord le vouloir. Sans parler de la phobie scolaire de beaucoup d’ados pour qui un site, rien que puisque ça vient de l’EN, serait prohibitif.

    Les musées sont gratuits dans beaucoup de villes, mais si la famille n’y amène pas ses enfants, comment voulez-vous les forcer ? Ensuite, une fois ados, les habitudes ne sont pas là. Bibliothèques sont gratuites et on peut emprunter des livres en les réservant d’avance. Mais il faut vouloir s’organiser pour tout cela. Comment voulez-vous forcer un jeune à lire ? Même les enfants des classes privilégiées ne lisent plus.


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  • Jeanne

    Bonjour Hélène,

    Merci d’avoir complété votre première réaction.

    Je ne dis pas que quand on est super curieux, il n’y a rien à disposition, ce serait honteux de ma part.
    Ma question est : que peut-on proposer pour faire mieux?
    Je ne suis pas une lycéenne qui dit “fait chier j’ai envie de rien faire”, je suis une chercheuse qui enseigne à la fac et qui demande “Comment transmettre le savoir au maximum de gens, si possible à ceux qui ne s’y intéressent pas (encore)?”. Où est le problème?

    D’abord il n’y a pas tant de bonne vulgarisation pour adolescents, je suis désolée. Et moi je trouve que la recherche ou l’université de tous les savoirs, qui est un projet que j’adore, s’adressent à des adultes plus qu’à des lycéens.
    Evidemment, je me réjouis de ce qui existe déjà. J’étais une adolescente passionnée et j’ai moi-même pillé ces ressources il y a une dizaine d’années.
    Mais maintenant que je fais de la recherche et que j’enseigne, je me rends compte de tout ce qui peut encore être fait, et les possibilités me semblent quasi-infinies. Maintenant,il faut trouver une façon concrète de les réaliser, et ce site me semble en faire partie.

    Internet ouvre un nouvel espace pour la connaissance du savoir. Est-ce que parce qu’on a des livres, il faut arrêter de faire des musées? En quoi le fait d’avoir d’autres moyens de se cultiver devrait nous interdire de développer quelque chose conçu sur mesure pour ce nouveau média?
    Même s’il y a des choses, je trouve que c’est fouillis et que ça demande à être complété.

    Est-ce que vous pensez qu’il est inutile de développer de la vulgarisation sur internet, ou est-ce que ça vous paraît nuisible?

    Alors, oui, quand on a des parents qui s’occupent bien de nous, ou quand on a la chance d’être curieux et motivé, on peut trouver les moyens de se cultiver. Heureusement!

    Est-ce que c’est pour autant mal de vouloir donner plus de moyens à ceux qui sont déjà curieux, et d’aller essayer de récupérer les autres?

    Maintenant j’aimerais si possible avoir l’avis de lycéens, si y’en a qui passent dans le coin…


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