Ce qui m’a surpris depuis la remise des préconisations, c’est le reproche du consensus. Alors même que ce qui manque au lycée, c’est un sens clair aux yeux de tous, une explicitation des finalités, des objectifs et des missions de chacun, enseignants, personnels de direction et d’encadrement, parents, élèves. Non seulement un sens mais un sens partagé, en un mot, un consensus.
Il n’est que d’entendre au cours des quelques 80 tables rondes, des 76 départements parcourus, le ressentiment exprimé à l’idée même du mot « réforme » : « ça fait 35 ans que je suis prof…j’en ai vu passer des réformes…sans que je comprenne pourquoi on les mettait en œuvre, sans qu’elles soient toujours effectives, sans mêmes qu’elles soient évaluées ». Le pompon va aux Travaux personnels encadrés, les fameux TPE mis en place en première et terminale, qui ont suscité bien des oppositions à leurs débuts, et qui, à peine commençaient-ils à faire leurs preuves, ont été supprimés en terminale !
Anxiété face à l’idée de réforme mais alors même que le besoin de changement et d’améliorations est à chaque fois exprimé.
Car le consensus -somme toute relatif- qu’expriment les préconisations est d’abord celui de la méthode, l’écoute et la prise en compte réelle de l’expertise du terrain, qu’elle provienne directement des lycées ou des organisations représentatives. Ce n’est pas un consensus du vide ou de l’abstrait. Qui a réellement pris connaissance de la centaine de préconisations inspirées des centaines d’heure d’écoute et de vos milliers de contributions sur le site « lyceepourtous » ne peut que constater leur intérêt pragmatique et leur bon sens. Qui, s’il avait été la chose du monde la mieux partagée au sein de l’Education nationale, n’aurait pas rendu nécessaire la mission qui m’a été confiée.
Comment espérer qu’une réforme du lycée, sur laquelle n’existe aujourd’hui aucun consensus social puisse avoir une chance d’être mise en œuvre, si elle est élaborée en chambre par compilation des rapports précédents ? J’ai la faiblesse de croire, comme citoyen et comme responsable, que les meilleurs projets de réforme sont ceux qui sont co-élaborés avec les principaux concernés, les professeurs, les lycéens, les parents d’élèves, et l’ensemble des personnels qui œuvrent au sein des établissements.
Après l’attaque sur le consensus, s’exprime une inquiétude concernant les suites de ma mission et le temps politique qui prolonge nécessairement ce premier travail d’écoute. Pour l’heure, le président de la République a annoncé son intention de donner suite à plusieurs piliers des préconisations : la rénovation des filières STI, la réforme des épreuves du baccalauréat en langue et l’importance donnée à l’enseignement des langues, notamment de l’anglais. Il a également fait de l’orientation, qui est la principale source d’anxiété et de sentiment d’injustice des lycéens et de leur famille, une priorité absolue.
Je suis donc confiant.








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Cher Duret, Vous schématisez et réduisez des réalité complexes...
il est facile de dire que les tpe sont un plus ou de dire qu'ils ne le sont...
Cher Duret, Je ne peux réprimer un sentiment de dégoût et de révolte en...
En parlant de consensus , cher Mr Descoing , il y a eu beaucoup de...
J'ai été hostile aux TPE et j'ai changé d'avis. J'ai vu des élèves...