Préconisations

La pratique artistique au lycée

Hello à tous,

J’ai dû intervenir ce matin pour supprimer certains de vos commentaires qui n’étaient pas en rapport avec l’orientation. Dans la mesure où vous semblez souhaiter aborder la question de la pratique artistique au lycée, je vous propose de continuer la discussion en commentaires sous ce billet.

Au chapitre de l’égalité de la pratique artistique au lycée, Richard Descoings préconise dans son rapport :

  • Au moins un partenaire institutionnel dans les arts et la culture pour chaque lycée
  • Les lycées dans l’actualité culturelle
  • Renouveler l’esprit ciné-club dans chaque lycée
  • Des stages de pratique artistique hors des murs

Qu’en pensez-vous ?

J’ai déplacé les commentaires supprimés sous ce billet. Vous êtes libres de débattre, mais n’oubliez pas de rester cadrés sur le sujet, et de ne pas digresser. Par ailleurs, prière de ne pas vous servir de la mort de Michael Jackson pour faire dévier le débat. ;-)

Bon débat !

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Commentaires14 commentaires

  • Margot

    MESSAGE POSTE PAR PARADOX - 25/06 - 16h

    Chère Aurore,
    bien que hors sujet par rapport au sujet de l’orientation, je me permets de revenir sur un point :
    1. Vous dites : “Les savoirs que les professeurs enseignent sont universels, ils ne sont pas propres aux enseignants ou à des catégories socio-professionnelles particulières. Vous faites là une première et grave erreur : celle du relativisme culturel. Ce qu’on appelle en langage politiquement correct les “cultures juvéniles” des “nouveaux publics” ne sont que des sous-produits marchands de la société de consommation. En un mot, de l’indigence culturelle.”
    Je ne suis pas entièrement d’accord.
    2. Tout d’abord, il faut distinguer la production des savoirs par les chercheurs et universitaires qui sont en perpétuels mouvements, les savoirs à enseigner (choisis par des experts et inscrits dans les programmes scolaires) et les savoirs enseignés (ceux que l’on transmet effectivement à nos élèves). De quels savoirs parle t-on?
    Si l’on regarde les vieux manuels d’histoire (”nos ancêtres les gaulois”), on se rend compte que les savoirs enseignés ne sont pas si intangibles et universels que vous le dites.
    3. Si je prends l’exemple des savoirs musicaux, la musique de Jimi Hendrix a été inscrite au programme du baccalauréat de l’option musique en 2007… à juste titre, puisque même dans la musique populaire il existe des génies musicaux qui révolutionnent la façon de jouer d’un instrument ou de composer.
    Jimi Hendrix, de l’indigence culturelle? Sûrement pas!
    Ainsi, le “rock” est un pur exemple de la “culture jeune” des années 1960 et 1970, et ne se limite pas à un “sous produit de la société de consommation”… bien au contraire, la “musique rock” a produit des “oeuvres” musicales considérablement riches.
    Le relativisme culturel préserve donc de ce préjugé que nos goûts, valeurs, normes sont intangibles, dans le temps comme dans l’espace.
    On pourrait dire la même chose du jazz qui a longtemps été considéré comme une “musique de nègre”, alors que sa complexité mélodique, harmonique et rythmique fait l’objet aujourd’hui d’une reconnaissance justifiée.
    4. Tout à fait d’accord avec le fait qu’”un élève habitué au hip-hop et au rap qualifiera volontiers dans un premier temps une symphonie de Beethoven de “musique de bouffon” et fera une moue dédaigneuse” : il faut donc l’éduquer (ou plutôt éduquer son “oreille”) et faire en sorte qu’il accède à ce pan de la culture “légitime” nécessaire à son élévation. Cependant, rien ne dit que des musiciens issus de la musique rap ou du hip hop ne soient pas d’ici quelques années … étudiés en cours de musique pour leur apport!

    Attention donc aux “savoirs universels” qui ne le sont jamais complètement, puisqu’on découvre ou redécouvre des auteurs, des oeuvres, des théories, etc. , ou qu’on réhabilite certaines approches que l’on sera peut-être amenés à enseigner dans le futur.


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  • Margot

    MESSAGE POSTE PAR AURORE - 25/06 - 16h26

    Cher Paradox,
    Ne comparons pas l’incomparable.
    Beethoven et le jazz.
    Le jazz et Jimi Hendrix.
    Jimi Hendrix et les “chefs d’œuvre” immortels de la Star Ac’.
    Il y a certes de la bonne variété, et de l’excellent jazz ! Mais ceux-ci ne pourront jamais être mis sur le même plan que le Requiem de Mozart ou la Mer de Debussy. Tout simplement parce que toutes les œuvres n’ont pas la même prétention, ne présentent pas le même degré d’élaboration et ne véhiculent pas le même type de message.
    La variété est une musique de divertissement, et à ce titre elle se limite à cette fonction.
    Et je regrette, mais toute la soupe qu’on sert actuellement aux jeunes, notamment par le biais de la télé, ne présente strictement aucun intérêt artistique.
    Vous n’allez tout de même pas me faire croire qu’un chanteur qui s’est construit une voix, une intelligence dans la diction et une présence scénique et dramatique, le tout pendant des années et des années, “vaut ” autant que la première minette qu’on a mise sur les plateaux télé uniquement grâce à son physique, qui raconte des sottises dans les magazines people (et y révèle par la même occasion ses 2 de QI, et qui chante comme moi je fais du vol plané.
    Si vous admettez cela, alors il est temps de fermer tous les conservatoires de la planète et de se reconvertir dans le show-biz, ou la finance !

    Quant à “nos ancêtres les gaulois”, je ne crois pas que vous ayez choisi là un bon exemple. Chaque époque a produit ses avancées, - qui restent et rejoignent ainsi le patrimoine universel, - comme ses inepties, et celle-ci en est naturellement une. L’histoire se charge ensuite de faire le tri.


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  • Margot

    MESSAGE POSTE PAR PARADOX - 25/06 - 17h17

    Désolé chère Aurore,
    malgré le fait que vous soyez une professeur d’éducation musicale,
    je soutiens (et je pense que je ne suis pas le seul, même parmi des spécialistes de la musique) que les oeuvres musicales d’un Beethoven ou d’un Debussy, d’une Duke Ellington ou d’un Charlie Parker, d’un Jimi Hendrix ou des Beatles, d’un Robert Johnson ou d’une musique jouée par obscur musicien d’une tribu mandingue du fin fond de l’Afrique atteignent ou peuvent atteindre un même degré de perfection musicale, malgré l’extrême diversité intrinsèque des formes, des règles, des genres et des époques musicales : en cela, il y a bien une universalité de la perfection malgré les contingences historiques, géographiques, humaines.


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  • Margot

    MESSAGE POSTE PAR AURORE - 25/06 - 17h26

    Cher Paradox,

    Vous écrivez : “la musique de Jimi Hendrix a été inscrite au programme du baccalauréat de l’option musique en 2007… à juste titre,”

    Permettez-moi de ne pas être d’accord. Non pas parce que JH ne présente aucun intérêt, loin de là. Simplement parce que c’est un univers que les jeunes connaissent déjà relativement bien, alors qu’ils gagneraient à découvrir d’autres domaines qui leur sont moins familiers, c’est le moins que l’on puisse dire.
    Et tout de même, malgré tout mon respect pour JH, je pense qu’il y a des choses bien plus essentielles à mettre au programme du baccalauréat.
    Connaissant bien le sujet, je peux vous dire que l’essentiel des experts qui choisissent les programmes scolaires en musique sont loin d’être des grosses pointures musicalement parlant (ceci en toute objectivité et sans aucune prétention de ma part), et à ce titre sont loin d’être infaillibles…

    Tiens, parlons-en des programmes du bac musique 2007 que vous évoquez:
    il y avait donc cette année-là
    - ce malheureux Jimi Hendrix, l’objet de notre débat (et qui n’a rien demandé à personne !)
    - une oeuvre de Jehan Alain. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un compositeur organiste français mort prématurément à la guerre en 1940 et dont l’œuvre, certes intéressante, est loin d’être essentielle et ne rayonne guère au delà des spécialistes de cet instrument,
    - et enfin une pièce contemporaine d’une illustre inconnue (sans nul doute bien vue au ministère…) du nom de Xu Yi.

    Au choix, c’est ridicule, ou scandaleux. Ou grotesque. De qui se moque-t-on ?

    Vous écrivez aussi : “Le relativisme culturel préserve donc de ce préjugé que nos goûts, valeurs, normes sont intangibles, dans le temps comme dans l’espace.”
    Et pourtant, ce relativisme culturel produit de nos jours des ravages considérables, en art comme en politique - domaine où les conséquences en sont bien plus graves !

    Tout est actuellement devenu “artistique” et “culturel”. La Joconde et la Symphonie Inachevée, au même titre que les tags ou les jeux vidéo. Si vous posez la question dans la rue, on vous répondra que Notre-Dame ou Roméo et Juliette sont des comédies musicales et que Rubens est un pilote de F1. Les élèves de nos collèges vous diront que Picasso est une voiture, et je pourrais continuer à l’infini. Est-ce bien cela, rendre l’art et la culture plus “accessibles” ? N’est-pas là au contraire une évolution particulièrement dangereuse vidant ce qui relève de l’art de sa substance-même, et transformant l’œuvre d’art en objet de consommation parmi tant d’autres ?

    Vous pourriez également soutenir que l’excision ou le voile sont des coutumes en cours chez certains peuples et à ce titre méritent notre considération car appartenant à des cultures différentes de la notre : doit-on pour autant s’en accommoder sous prétexte de “respecter et accepter les différences” et “refuser l’ethnocentrisme” ?


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  • Margot

    MESSAGE POSTE PAR AURORE - 25/06 - 17h40

    Cher Paradox,
    Vous écrivez que “les oeuvres musicales d’un Beethoven ou d’un Debussy, d’une Duke Ellington ou d’un Charlie Parker, d’un Jimi Hendrix ou des Beatles, d’un Robert Johnson ou d’une musique jouée par obscur musicien d’une tribu mandingue du fin fond de l’Afrique atteignent ou peuvent atteindre un même degré de perfection musicale, malgré l’extrême diversité intrinsèque des formes, des règles, des genres et des époques musicales : en cela, il y a bien une universalité de la perfection malgré les contingences historiques, géographiques, humaines.”

    Mais qu’appelez-vous au juste “perfection musicale” ? Le concept que vous utilisez est bien vague et mérite des éclaircissements.
    L’”obscur musicien d’une tribu mandingue du fin fond de l’Afrique” que vous évoquez, est-il réellement conscient du fait que les sons qu’il produit sont de l’Art ? N’êtes-vous pas là en train de projeter votre propre conception occidentale de l’art sur quelque chose qui n’a rien à voir avec elle ? Bref, n’êtes-vous pas là en train de tomber dans le piège de l’ethnocentrisme que vous souhaitez précisément éviter ?

    Et Laurie, Alizée tout comme Britney Spears (pour ne pas les citer), qui sont en bonne position au sein des “cultures juvéniles” d’aujourd’hui, vous pensez aussi qu’elles atteignent “un même degré de perfection musicale” et accèdent à “une universalité de la perfection malgré les contingences historiques, géographiques, humaines.”, comme vous le formulez ?


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  • Margot

    MESSAGE POSTE PAR AURORE - 25/06 - 18h12

    On peut disserter très longtemps sur les mérites de telle ou telle œuvre d’art. Cela dépend du vécu et de la sensibilité de chacun. Mais il n’est nul besoin de s’attarder davantage sur des productions dépourvues de toute dimension artistique comme celles, nombreuses, qui inondent actuellement nos écrans, et dont la visée n’est autre que purement commerciale.
    Les Beatles sont un phénomène historique qui a marqué toute une époque, alors que les starlettes de la télé-réalité se succèdent les unes aux autres en fonction des castings.


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  • Margot

    MESSAGE POSTE PAR BERPLUME - 26/06 - 9h50

    Humour ! Qui pense ici qu’Aurore proposera aujourd’hui ds son collège un cours d’écoute critique des chansons de Michaël Jackson ?? Je m’amuse bien sûr, gentiment. Mais ne serait-il pas intéressant d’amener les élèves à décrypter ce qu’il y a derrière ce type de vedette, ce genre de musique ?


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  • paradox

    Chère Aurore,
    juste quelques remarques.
    - J’ai peut-être tort, mais il me semblait avoir compris que les 3 oeuvres du baccalauréat option musique étaient choisies de façon à couvrir plusieurs “domaines” : oeuvre contemporaine de musique classique, oeuvre ancienne de musique classique, musique “du monde” (ou populaire). Du coup, la diversité de statut des oeuvres musicales s’expliquerait, je pense à “la pièce contemporaine d’une illustre inconnue du nom de Xu Yi”.
    - Sur Jimi Hendrix, la connaissance des jeunes me parait assez faible, à part les jeunes amateurs de la musique rock, mais ils ne semblent pas majoritaires. Quelques exceptions : il y a bien sûr les enfants dont les parents écoutent la musique de JH, ou les adolescents pratiquant la guitare électrique comme instrument principal ou secondaire : alors, s’ils achètent les magazines spécialisés de guitare, ils connaissent au moins de nom JH.
    Mis à part le cas des jeunes que j’ai évoqué, il y a donc, même dans le cas de Jimi Hendrix, la nécessité d’éduquer les jeunes sur ce sujet et donc de l’inscrire au programme du baccalauréat!
    - Au chapitre de l’égalité de la pratique artistique au lycée, les idées proposées dans le rapport Descoings me semblent intéressantes, et pour ce qui est des “partenaires intitutionnels”, les partenariats conservatoire, écoles de musique, écoles de jazz et lycées pourraient être développés pour favoriser la pratique musicale. Les projets comme les concerts sont toujours motivants (bien que source d’angoisse!), et il faudrait les développer.

    Enfin, je m’en excuse par avance auprès de Margot, je finirai sur une petite note musicale, celle d’un titre de Jimi Hendrix (”hear my train a comin’”), un blues tiré de son répertoire en concert. Au lieu de l’interpréter avec son groupe et à la guitare électrique, on le voit seul avec une guitare acoustique 12 cordes (mal accordée d’ailleurs…). Je ne sais si ce morceau est “parfait”, en tout cas je le trouve intense et extrêmement poignant : pour ceux qui en auraient douté, on constate dans cette video que JH était un grand maître du blues au même titre que les plus grands, comme un Robert Johnson ou un John Lee Hooker. Enjoy!
    http://www.youtube.com/watch?v=wCQBbgb_Lvo


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  • mihailovich

    “Par ailleurs, prière de ne pas vous servir de la mort de Michael Jackson pour faire dévier le débat. ”

    Pas de souci. Aucune nécessité d’en rajouter par rapport à ce non-évènement !


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  • Aurore

    La culture doit bien sûr avoir un rôle central dans l’éducation au lycée et bien avant (école primaire et collège). Mais quelle pourrait être la place d’une pratique instrumentale collective au sein du lycée ? Il se trouve que les jeunes qui pratiquent un instrument de musique sont par ailleurs le plus souvent intégrés dans des formations musicales plus larges. Beaucoup d’écoles de musique, de conservatoires ou de MJC proposent de rejoindre un orchestre, de jouer dans un groupe ou de faire de la musique de chambre. C’est même le plus souvent obligatoire pour les conservatoires. Pourquoi alors vouloir refaire dans un autre lieu ce qui se fait déjà ailleurs ?

    D’autre part, se pose la question de l’encadrement. Un professeur de musique du secondaire lambda pourra toujours encadrer un groupe de musique pop, les compétences musicales demandées n’étant pas très poussées, mais il est évident que ce professeur ne sera pas aussi compétent que le professeur de musique de chambre du conservatoire pour conseiller et diriger des formations plus classiques (ensembles de musique de chambre, orchestres de chambre voire symphoniques). J’ai peur que vouloir introduire ces pratiques musicales au lycée ne revienne soit à transformer le lycée en MJC et le professeur en animateur socio-culturel soit à devenir un sous-conservatoire. Dans le deuxième cas, les élèves seraient tenus de faire deux fois de la pratique instrumentale dans la semaine : au conservatoire et au lycée. Et on se plaint des journées surchargées des lycéens…

    Petite anecdote personnelle : quand j’étais lycéenne, nous avions décidé avec quelques amies de monter un petit ensemble instrumental qui était très hétéroclite. Je jouais du violon, une amie de la guitare et une autre de la flûte traversière. Tout ce petit monde était encadré par le professeur de musique du collège puisque les cours de musique étaient totalement absents de mon lycée. Ces quelques heures ne m’ont pas apporté grand chose à part une grande récréation ! Le professeur en question s’est vite révélé incapable de faire progresser notre ensemble (faute de connaissance des pratiques instrumentales propres à chaque instrument). Il eut été plus bénéfique pour chacune d’entre nous de s’intégrer à une classe de musique de chambre et/ou d’orchestre dans une autre structure. Peut-être qu’en effet, un professeur plus compétent aurait pu nous dire qu’un trio violon-flûte-guitare n’était pas le plus adéquat. Le violon et la flûte auraient alors pu rejoindre un orchestre et la guitare une formation plus petite avec un répertoire adapté (qui existe mais qui reste spécifique).

    Je tiens également à pointer les dérives qui peuvent naître de pratiques collectives au lycée. Depuis quelques années, j’assiste à une recrudescence de “projets” musicaux ambitieux dans les collèges. Ces projets sont ambitieux, non pas parce qu’ils sont musicalement exigeants, mais à cause du nombre de participants requis (par exemple : concert qui regroupe les chorales de 3 ou 4 collèges, avec un concert dans chaque ville/commune) ou le lieu (concert dans une grande salle prestigieuse, ce qui va souvent de pair avec le regroupement de plusieurs chorales). Il faut que ce soit spectaculaire visuellement, les exigences musicales passant au second plan. L’aspect politique de ces manifestations n’est pas à sous-estimer. L’aura du concert et les échos qu’il va avoir dans la presse et chez les politiques locaux retombera sur l’établissement et le chef d’établissement.
    Peu importe après que les jeunes aient passé des après-midi entières à répéter des chansons avec un intérêt souvent discutable (le répertoire choisi pour la plupart des chorales de collège ne permet pas de donner aux jeunes une “culture solide” pour reprendre vos mots, puisqu’il reste cantonné principalement dans le répertoire de la variété française !).

    Je suis cependant la première à louer les bénéfices du chant choral. Mais quand c’est fait par des chefs de chœur compétents, qui ont une vraie connaissance de la voix (c’est d’autant plus important pour des adolescents dans la voix est en train de se transformer), du répertoire choral et possèdent une technique de chef de chœur. Le professeur de collège n’a pas, le plus souvent, les années d’apprentissage et de pratique en direction de chœur d’un vrai professionnel dont la direction est l’activité principale.

    En terme de conclusion, je dirai qu’il est bon de garder une spécificité pour chaque établissement ; la pratique instrumentale : aux écoles de musique-MJC-conservatoires et l’acquisition d’une culture générale artistique (musique, arts plastiques, architecture, littérature…) : au collège et au lycée.


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  • berplume

    En milieu scolaire, comme ailleurs, les arts ne prennent sens et vie qu’à l’occasion d’une pratique. Il ne s’agit pas de singer le petit conservatoire, l’atelier du peintre ou le bureau de l’écrivain. Mais de se frotter aux contraintes de l’art vivant, en proposant en même temps un savant compromis de découverte des “grands” musiciens, peintres, auteurs etc…, sans toujours bloquer le compteur du temps pour exclure les contemporains. Ecrire fait lire, s’initier à la peinture pousse à aller ds les musées. Il me semble que l’on doit tendre vers ce but. Cette pratique est forcément artisanale ; c’est cet aspect qui la rend attractive. Pour aller plus loin, on invite à aller ds les lieux adéquats.


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  • Camille Fournier

    “En terme de conclusion, je dirai qu’il est bon de garder une spécificité pour chaque établissement ; la pratique instrumentale : aux écoles de musique-MJC-conservatoires et l’acquisition d’une culture générale artistique (musique, arts plastiques, architecture, littérature…) : au collège et au lycée.”
    (Aurore)

    Certes, mais pensez-vous aux jeunes qui n’ont pas la chance d’habiter dans une ville disposant d’une école de musique conséquente ou d’un conservatoire ? Ou encore de ceux qui n’ont pas la possibilité de s’y rendre, par manque de moyens financiers ?
    Parce que je sais d’experience qu’une année de musique en dehors du lycée, ça coûte cher, et je peux constater que les personnes fréquentant l’école de musique de ma ville sont toutes issues à quelques exceptions près de millieux plutôt aisés (par chance j’en fais partie, mais tout le monde n’a pas la même chance).

    La pratique musicale au lycée est véritablement une chance pour beaucoup de jeunes.
    Ma courte experience me l’a montré, ce n’est pas parce qu’un cours de musique pratique au lycée n’est pas de la même qualité qu’un cours au conservatoir (c’est évident, ne serait-ce qu’à cause de l’hétérogénéité des instruments pratiqués par les élèves) qu’il n’est pas valable.
    Ces cours sont une porte, permettant peut-être ensuite d’approfondir la chose, et ils on aidé et aident de nombreux élèves à développer leur culture musicale.


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  • berplume

    Un lycéen, après un jeune étudiant … les premiers concernés reprennent la parole sur ce blog. Saluons-les chaleureusement !


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  • Aurore

    Camille Fournier écrit : “Certes, mais pensez-vous aux jeunes qui n’ont pas la chance d’habiter dans une ville disposant d’une école de musique conséquente ou d’un conservatoire ? Ou encore de ceux qui n’ont pas la possibilité de s’y rendre, par manque de moyens financiers ?
    Parce que je sais d’experience qu’une année de musique en dehors du lycée, ça coûte cher, et je peux constater que les personnes fréquentant l’école de musique de ma ville sont toutes issues à quelques exceptions près de millieux plutôt aisés (par chance j’en fais partie, mais tout le monde n’a pas la même chance).”
    N’exagérons pas. Aujourd’hui il existe des écoles de musique partout, même dans des zones rurales. Et pour le public local, les tarifs d’inscription sont le plus souvent accessibles pour le commun des mortels, voire modiques. Après, les parents doivent effectuer les bons arbitrages (l’écran plat dernier cri peut-il attendre ? …). Il faut savoir ce qu’on veut.

    Berplume écrit : “se frotter aux contraintes de l’art vivant”
    Vous croyez que c’est réellement possible à raison d’une heure par semaine ? Peut-on se satisfaire d’un ersatz, d’un simulacre de pratique artistique tout en faisant croire aux jeunes que gratter à grand peine trois accords en poussant la chansonnette est déjà de l’art ?
    Comme tout art, la musique ne se révèle vraiment à nous qu’après quelques années de travail régulier, même en amateur. Eduquer son goût et son oreille n’est pas l’affaire de quelques heures ! Faire apprendre un instrument à une classe entière dans des conditions correctes (en dispensant un conseil individualisé, ce qui est indispensable) est tout simplement impossible. Laisser croire le contraire (comme dans le cas des émissions de télé-réalité) relève du non-sens et d’une imposture intellectuelle, et revient à transformer le lycée en un lieu d’animation socio-culturelle.
    Conclusion : à chaque lieu sa fonction. Découverte culturelle au collège et au lycée, pratique en conservatoire ou MJC.


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