Préconisations

Une frustration sur l’orientation ?

La seule ambition de ce texte est d’esquisser les grandes lignes des débats qui ont eu lieu sur ce site ; il ne prétend en aucun cas à l’exhaustivité. Les contributions qui ont fait la richesse des discussions sont listées à la fin. N’hésitez pas à vous y replonger pour retrouver l’intégralité des débats !

55 vidéos, 92 contributions sur le blog

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Très clairement, vu toutes les contributions sur le sujet soulevant les mêmes problèmes et imperfections, l’orientation au lycée telle qu’elle est vécue aujourd’hui constitue un sujet majeur d’insatisfaction.

Pour la grande majorité des contributeurs, elle intervient à la fois trop tôt et de façon trop mécanique, imposant aux élèves un choix déterminant pour l’avenir et sur lequel il est presque impossible de revenir par la suite. Or, les élèves ne sont souvent pas assez mûrs en classe de seconde pour comprendre l’intérêt des divers domaines d’activité professionnelle. Ils sont de plus assez mal informés au sujet des implications professionnelles des différentes filières. L’orientation s’opère donc comme à l’aveugle et de manière stéréotypée, sans prendre en compte les aspirations et les besoins individuels.

Alors même qu’elle est un moment clé du parcours scolaire, la seconde n’est pas organisée de façon satisfaisante comme classe d’orientation et ne permet pas aux élèves de choisir autant que possible en connaissance de cause. Le plus souvent, en effet, la seconde consisterait à déterminer si les élèves ont le niveau requis pour intégrer la « voie royale », autrement dit la première S. A défaut, ils sont progressivement redirigés vers des filières de moins en moins prestigieuses, jusqu’à de véritables voies de garage. En fait d’orientation, la classe de seconde constitue un dispositif de « réorientation » destiné aux élèves dont le niveau est jugé insuffisant.

Face à ces constats, les contributeurs font de nombreuses propositions, qu’il s’agisse de la réorganisation de la seconde, de l’information des lycéens ou de la découverte du monde professionnel. Sur le premier point, il est suggéré d’étaler l’actuelle classe de seconde sur deux ans ou de réduire le nombre de matières qui y sont enseignées, de façon à offrir plus de matières de découverte, quitte à les faire tourner à chaque trimestre. Quelles que soient les solutions retenues par les participants au débat, ces derniers semblent penser qu’elles doivent donner aux élèves le temps et les moyens nécessaires pour effectuer un véritable choix. Et tout cela en évitant la mauvaise solution du redoublement, perçu par la plupart comme ne faisant qu’inutilement répéter le même parcours et ne pouvant se substituer à un accompagnement ciblé et individuel, encore absent aujourd’hui. Renforcer le suivi individualisé des élèves, en particulier dans les disciplines qui correspondent aux spécialités qu’ils visent, suppose de mettre en place un système très construit de tutorat, appuyé sur des outils de liaison performants. Il faut aussi intéresser les jeunes à leur propre orientation, en dépassant les modèles traditionnels, informatifs et explicatifs, de type Onisep, et en misant sur des outils innovants, par exemple des espaces numériques qui permettent enfin à chaque élève de découvrir par lui-même et de façon concrète les métiers et les entreprises. En parallèle, il faut multiplier les expériences directes comme les stages et les immersions en entreprise, quitte même à insérer un module obligatoire de découverte de différents domaines d’activité professionnelle.

Dans ce cadre, il semble indispensable à beaucoup d’implanter au moins un conseiller d’orientation dans chaque établissement et de redéfinir leur fonction dans un sens plus opérationnel : les conseillers d’orientation doivent avoir un rôle d’interface avec le monde professionnel et organiser des points de contact au profit des élèves.

C’est en multipliant ainsi les possibilités d’information qu’on permettra à ceux qui ne disposent pas des « codes » et des réseaux, ou qui sont tout simplement moins débrouillards ou autonomes, de ne pas être laissés au bord du chemin et de construire un parcours cohérent. Sans doute le débat et la conclusion sur laquelle la majorité (la totalité ?) des contributeurs s’accorde le mieux : chaque élève ne doit plus être orienté par défaut et de façon impersonnelle, mais le système doit l’aider à l’avenir à s’orienter lui-même.

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