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Rééquilibrer les voies et les séries, oui ! Mais comment ?

La seule ambition de ce texte est d’esquisser les grandes lignes des débats qui ont eu lieu sur ce site ; il ne prétend en aucun cas à l’exhaustivité. Les contributions qui ont fait la richesse des discussions sont listées à la fin. N’hésitez pas à vous y replonger pour retrouver l’intégralité des débats !

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La question des filières et des séries domine assez largement le débat sur le lycée, mais les très nombreuses opinions qui s’expriment à ce sujet ne sont pas toujours conciliables.

La nécessité de la pluralité des filières n’est guère remise en cause, même si l’orientation vers la voie professionnelle en fin de troisième apparaît encore trop comme une sanction tout en intervenant trop tard pour ceux des élèves qui sont en difficulté tout au long du collège.

De plus, plusieurs contributeurs insistent sur la nécessité de réformer rapidement la filière technologique, alors même que l’on constate dans cette dernière une « désaffection progressive mais significative du nombre de bacheliers », et qu’elle est, selon un contributeur alarmiste, vouée à l’agonie si rien n’est entrepris.

Plutôt que d’entretenir le mythe de la voie royale (intervenant, d’après certains contributeurs, après l’erreur du collège unique), il faut renverser la perspective, ne plus essayer de faire tendre la voie technologique vers le lycée général mais la valoriser en tant que telle en en maintenant l’aspect concret et professionnel.

Cela suppose de réussir à faire du lycée technologique un lieu où le projet de développement personnel et professionnel prime sur l’évaluation du seul potentiel académique de chaque lycéen. Il faut ainsi démontrer que les activités dispensées dans les voies technologiques et professionnelles sont épanouissantes dotent les lycéens de compétences véritables, qui sont appréciées sur le marché du travail (beaucoup d’emplois industriels n’étant pas pourvus aujourd’hui) et débouchent sur des emplois durables et de vraies carrières. Parallèlement aux pistes de réflexion concernant la réforme interne de la filière STI, proposition est faite de décloisonner les parcours technologiques, ce qui permet une plus grande polyvalence après le bac.

Concernant cette fois les séries, le constat d’échec est unanime mais les solutions proposées divergent. Si la série S est plébiscitée dans les vœux d’orientation, cela serait d’abord, d’après de nombreux contributeurs, en raison de sa polyvalence. Certains proposent donc de pousser cette logique jusqu’au bout et d’abolir les séries. En établissant un socle commun généraliste et en privilégiant la distinction via les modules, le lycée à la carte permettrait, comme en Angleterre, de préserver une égalité relative entre les élèves et de favoriser leur épanouissement, tout en garantissant l’émergence de profils majoritairement littéraires ou scientifiques.

De façon tout aussi radicale, mais en totale opposition à cette idée de modules, il est proposé - et énormément discuté ! - d’accentuer ce qui existe déjà dans les faits, en renforçant la sélectivité de la série S afin d’en faire ouvertement une voie d’excellence, quitte, pour certains à en accroître la polyvalence .

En sens inverse, de nombreuses voix expriment leur attachement aux séries existantes, y compris la série littéraire, qui est estimée, tout comme la série ES, propice à la « réflexion » et entendent simplement les réformer. Il est alors proposé, soit de rééquilibrer les coefficients en L et ES et en y insérant plus de polyvalence (plus de sciences en L, plus de langues en ES), soit, tout au contraire, de spécialiser davantage les séries en supprimant par exemple les SVT d’ES, pour rajouter des heures de langues ou en faisant de la série S une filière scientifique « pure et dure », quitte à procéder à des ajustements de programme. Quoique minoritaires, les partisans de la spécialisation relèvent que la filière S n’est pas vraiment scientifique puisque les matières littéraires représentent 50 % du volume horaire des cours qui y sont dispensés.

Une solution alternative, qui est également loin de faire l’unanimité dans les débats pourrait alors consister à créer des classes de niveau, afin de tirer les meilleurs élèves vers le haut et de travailler plus spécifiquement les faiblesses des autres au sein d’un parcours individualisé. Ces classes de niveau : élitisme ou égalité complète ? La question n’a pas été tranchée !

Des voix très divergentes se sont donc élevées dans ce débat, surtout sur la question de séries. Un seul consensus peut être mis à jour mais il est très fort : il est temps de réformer.

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