Préconisations

Programme, pédagogie, évaluation : à rénover ?

La seule ambition de ce texte est d’esquisser les grandes lignes des débats qui ont eu lieu sur ce site ; il ne prétend en aucun cas à l’exhaustivité. Les contributions qui ont fait la richesse des discussions sont listées à la fin. N’hésitez pas à vous y replonger pour retrouver l’intégralité des débats !

57 vidéos, 244 conttibutions sur le blog

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Les programmes sont un thème cher à de nombreux contributeurs, chacun ayant d’ailleurs tendance à défendre particulièrement la matière qui lui tient à cœur. Mais il est bien difficile d’y trouver un consensus au-delà de quelques idées générales, par exemple le maintien d’un certain nombre de matières fondamentales et la rénovationr des programmes, essentiellement conçus aujourd’hui pour des élèves qui réussissent déjà et qui en plus « s’inspirent trop des épreuves que l’on trouve dans les concours de recrutement .»

Sur les mathématiques, le débat est virulent. Donne-t-on une place trop importante à cette matière ? Y a-t-il au lycée une « dictature des maths » ? Ou bien au contraire le nouveau programme ne néglige-t-il pas les fondamentaux des mathématiques, en se centrant trop sur l’informatique ?

Dans la même veine, beaucoup pensent que l’économie est aujourd’hui bien trop négligée au lycée, et qu’il faudrait l’ériger au rang de « matière phare ».

Les humanités ne sont pas oubliées bien au contraire ; beaucoup insistent d’ailleurs sur leur importance. La nécessité d’étudier l’histoire, « primordiale dans une démocratie moderne » est plus particulièrement mise en avant. En ce qui concerne le français, les avis sont toutefois partagés. Etudier la littérature est-il primordial pour la formation ou bien faut-il au contraire revoir les cours de français tels qu’ils sont dispensés aujourd’hui au lycée ?

Les défenseurs de la philosophie ne sont pas en reste, puisqu’ils estiment que cette matière, qui requiert d’appréhender des concepts abstraits et complexes tout en étant très formatrice en termes de culture générale et d’esprit critique, ne saurait être résumée à un an de cours sur la seule classe de terminale.

Par ailleurs, le contenu comme l’éventail de cours proposé n’est pas jugé assez satisfaisant et plusieurs modifications sont proposées. Plus de souplesse, et une ouverture des disciplines à l’international, surtout en littérature et histoire, sont demandés, tout comme un choix plus important dans les options, ceci afin que les lycéens se construisent un parcours qui leur corresponde et leur plaise vraiment.

S’il est un pan du programme sur lequel un même diagnostic est porté par tous les intervenants, ce sont bien les langues : une critique unanime dénonce la faible maîtrise des langues étrangères de la plupart des élèves au sortir du lycée. Il faut, pour tous les contributeurs, intensifier l’apprentissage des langues au lycée, en offrant un choix plus large de langues, notamment vers les langues régionales mais aussi en modifiant le contenu même des enseignements.

Il s’agit de favoriser l’apprentissage du vocabulaire courant et utile, au détriment des grands débats contre-productifs, et de permettre aux élèves de devenir véritablement bilingue grâce à des

cours « classiques » dispensés en anglais. Il est ainsi suggéré d’intensifier le développement de l’offre en sections européennes et en DNL.

Tout ce qui concerne l’immersion est logiquement mis en avant. Renforcer les échanges avec l’étranger - ce qui ne passe pas automatiquement par des « voyages » - est considéré comme la meilleure stimulation de l’apprentissage efficace des langues.

Parce qu’une langue vivante doit être parlée, les enseignants favorisent la pratique de l’oral lors de leurs cours. Pourtant, l’examen de LV1 au baccalauréat est exclusivement écrit. Les professeurs sont en effet obligés de combiner pratique orale, dans l’intérêt personnel de l’élève, et préparation à l’écrit afin de lui assurer un bon résultat au baccalauréat. Il serait plus logique, pour les contributeurs, de mettre en place, au moins partiellement, un examen oral pour la LV1 au bac .

Enfin, comme en témoigne une tribune sur la maîtrise des langues, la réforme du lycée concerne d’autres acteurs que l’Education Nationale : les chaînes de télévision ont par exemple un rôle important à jouer.

La possibilité de pratiquer des activités artistiques au lycée, en particulier la musique, est également très demandée, sous la forme par exemple d’ateliers.

Reste que l’ensemble des enseignements culturels et artistiques sont, dans leur quasi-exclusivité, des enseignements optionnels, et donc contingentés ! Une situation contre laquelle s’insurgent plusieurs contributeurs, qui souhaitent que le nombre de places ne soit plus limité afin que ces enseignements contribuent à la construction personnelle de l’élève.

Par-delà les spécificités de telle ou telle matière, des interrogations récurrentes portent sur la pédagogie générale au lycée.

La méthode « à l’ancienne », fondée sur une certaine austérité, est-elle préférable aux canaux d’apprentissage plus ludiques ?

Certains voudraient ainsi alléger les emplois du temps, afin de faire la part belle aux activités extra scolaires. La solution passerait peut-être alors par un bac en 4 ans, ce qui permettrait d’alléger les programmes en faveur du sport et de la culture.

D’autres soutiennent le point de vue diamétralement opposé et récusent l’idée même d’un « lycée ludique » , tandis qu’une contributrice propose une synthèse de ces deux points de vue sous forme de méthode hybride, fondée sur le plaisir mais reposant sur une valeur fondamentale : l’effort.

Les contributeurs semblent également vouloir rompre avec la méthodologie, trop souvent fossilisée, pour faire évoluer les manières d’apprendre en laissant plus de place à la pensée individuelle, à la pratique et au travail en équipe.

Les lycéens sont ainsi nombreux à réclamer que l’on sorte du cours magistral pour aller vers des débats favorisant l’apprentissage de l’expression et de la réflexion. Afin de s’adapter aux différences de niveau de chacun et de combler les fossés entre catégories socio-culturelles, il est d’ailleurs souvent proposé de faire de la culture Générale un matériau vivant.

Qui dit aujourd’hui rénovation des enseignements et de la pédagogie, dit outils numériques.

Or, l’informatique au sein des lycées est encore conçue de façon trop restrictive. Des contributeurs militent ainsi pour un véritable enseignement de l’informatique et des TIC au lycée.qui ferait de celle-ci une discipline à part entière, et non plus un simple « outil au service de… » C’est en s’appuyant sur ce constat qu’il est demandé par de très nombreux intervenants des créations de postes de responsables informatiques à part entière dans les lycées de France.

On suggère ainsi de dispenser à tous un cours de culture technologique, et si possible d’assister les études par ordinateur. par le biais de plates-formes interactives, voire d’une grande cité lycéenne en ligne.

Se pose enfin la question des évaluations, souvent vues aujourd’hui comme trop punitives.

Beaucoup de contributeurs suggèrent de revoir la norme de certaines évaluations, et de les adapter en fonction des objectifs des lycéens.par exemple en les axant davantage sur les savoirs-faires que sur les savoirs. Parce que la forme des épreuves apparaît aujourd’hui comme trop rhétorique, ils sont nombreux à souhaiter que ces épreuves soient transformées en des interrogations qui permettent aux élèves de véritablement s’affirmer. Des « research paper » pourraient être la solution, ou encore un système de colles modelé sur l’exemple des classes prépa. Il s’agit de favoriser une évaluation en contrôle continu, fondée sur un suivi permanent de l’effort de travail et d’assimilation des lycéens.

Si personne ne remet en cause l’existence du bac, considéré comme étant le « symbole de l’égalité républicaine », les contributeurs estiment néanmoins qu’il est temps de le rénover et d’aller dans le sens d’une évaluation non-sélective des compétences, soit en s’appuyant - mais dans quelle proportion ? - sur le contrôle continu, soit en mettant au point un bac par modules. Cette solution permettrait de connaître aussi clairement que possible, matière par matière, les compétences de chaque élève en fin d’études secondaires.

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