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Chat du 10 juillet avec Richard Descoings : l’intégralité du texte

moderateurBonjour à tous, bienvenue sur le module de chat avec Richard Descoings ! Un petit point avant de commencer pour que tout se déroule au mieux : pensez à faire des questions courtes.

question de Agathe Monsieur, vous vous étonnez des réticences de certains professeurs à l’égard d’Internet, alors que vous affirmez dans le dernier numéro de “Capital” que vous passez votre vie (sic) sur Internet . Seriez-vous le seul modèle à partir duquel penser la relation à Internet ? Faut-il que les lycéens suivent votre exemple ? L’utilisation d’internet par un lycéen ou un adulte expérimenté vous semble-t-elle à ce point être la même ? Merci de votre réponse.

réponse de Richard Descoings L’utilisation d’Internet par un lycéen et un adulte expérimenté est très différente pour au moins trois raisons: la première est que encore aujourd’hui les adultes sont nés dans l’âge de l’analogique et ont dû apprendre le numérique; les jeunes eux sont nés dans l’ère du numérique. Ce fossé ne pourra jamais être comblé et les adultes seront toujours en situation d’infériorité par rapport aux jeunes. C’est d’ailleurs sans doute l’une des premières fois dans l’histoire que des parents ne peuvent plus suivre leurs enfants dans des mondes qui ne sont pas seulement les mondes de l’imaginaire. Deuxième grande différence, l’extraordinaire apport pour les jeunes générations du lien entre la célérité intellectuelle et la célérité motrice. Il reste en revanche aux adultes expérimentés un atout maître : l’expérience. Internet présente deux dangers, celui de la facilité de l’accès non pas à l’information mais au placage d’une information non maîtrisée simplement pour répondre à un devoir. Et en second lieu le mélange de profusion d’informations et l’information donnée à plat, sans hiérarchie de valeur et de validité scientifique ou autre. De mon point de vue en tout cas, il n’y aurait pas de sens à ce que les adultes s’échinent à lutter contre Internet dans la pratique des jeunes.

question de Théo Tout d’abord, bravo pour tout le travail. Et ce, même si je ne suis pas d’accord avec le fond… Les mots “égalite des chances” qui reviennent tout le temps dans votre rapport, ou le nom de ce site d’ailleurs, montrent clairement ce que vous entendez faire du lycée : un lycée unique. L’idée est belle, mais utopique à mon avis. Pensez-vous vraiment que tout le monde soit fait pour faire la même chose d’une part? D’autre part, ne pensez-vous pas que du coup, vous oubliez dans votre rapport les meilleurs au lycée? Que comptez-vous faire pour eux? Laisser des lycées excellents et le système des classes prépas? (qui est pourtant le plus inégalitaire qui soit…)

question de berplume Un regret à la lecture de votre rapport : le manque d’ambition (au sens noble!) de la première partie, “Redéfinir le rôle du lycée”. Je sais, si déjà les trois points étaient en bonne voie, ce serait énorme ! Mais il faut répondre à la question suivante : pourquoi l’ensemble des citoyens choisit de proposer des lycées publics gx, techno. et prof. à une classe d’âge (et les finance), dire ce que la société privilégie et quel but elle poursuit. C’est au moment de ce chapitre I que tout se déroule : si l’on fait le choix de former une élite restreinte ou de proposer un creuset social et culturel, si l’on recrute des spécialistes disciplinaires ou si l’aspect relationnel et la motivation sont considérés comme indispensables. J’aimerais vous entendre là-dessus.

réponse de Richard Descoings Je suis effectivement parti de la question du sens des études au lycée et du rôle que notre société semble attribuer au lycée. Les trois objectifs que j’ai rappelés sont pour moi le simple rappel du consensus de façade qui existe sur ce sujet. Mon opinion personnelle est que la réalité est extraordinairement différente. Le seul consensus qui existe, c’est celui autour de la préservation du grand lycée classique, celui d’avant le collège unique, celui qui était réservé à seulement un cinquième des jeunes. Ce grand lycée classique qui est la voie générale d’aujourd’hui a grosso modo survécu à toutes les tentatives de réformes. Il est élitiste intellectuellement, c’est à dire que les programmes et que les méthodes pédagogiques, les attentes se situent à un niveau d’exigence extrêmement élevé, bien plus que dans beaucoup de pays de l’OCDE. Il est aussi élitiste socialement puisque se trouvent dans la voie générale les enfants des professions intellectuelles et des classes supérieures. Si l’on voulait vraiment ouvrir le lycée à tous, c’est à dire si l’on voulait vraiment démocratiser l’accès réussi au second degré, c’est à dire enfin si l’on se préoccupait autant de la situation des élèves faibles que de celle des élèves forts et que l’on concentrait l’effort pour élever le niveau moyen d’enseignement, il faudrait alors prendre des mesures radicales sur l’ampleur des programmes, la natures des méthodes pédagogiques et les objectifs de l’évaluation des élèves, ce qui provoquerait la révolte des intellectuels, des académies, des disciplines qui hurleraient à l’appauvrissement de l’enseignement et à la mise en cause de l’excellence. Depuis 40 ans, notre société a choisi de préserver une formation élitiste au détriment de plus de la moitié des jeunes générations. Je ne vois pas

question de Jo Pouvez-vous me définir ce que vous appelez “internat de l’égalité des chances”? Vous pensez qu’il n’y a pas assez de bons lycées sur en zone rurale? Si je comprends bien, il s’agit d’ouvrir des internats - et donc créer des postes?

réponse de Richard Descoings Je pense effectivement qu’il faut créer des internats mais pas du tout seulement en milieu rural. L’internat peut changer la vie des élèves dont les conditions de vie tout simplement et plus spécifiquement les conditions d’études “à la maison” sont difficiles. Il n’y a pas que la distance kilométrique, les problèmes de transport qui peuvent justifier la création d’internats auxquels tout naturellement les jeunes et leurs parents décideraient librement de faire appel. Dans les grandes villes les internats son évidemment réservés le plus souvent aux élèves des grands lycées, des grandes prépas. Pour les meilleurs rien n’est trop beau. Pourquoi ne pas faire un peu pour les autres ?

question de MatthieuLes internats sont à développer, mais aussi à rénover pour pouvoir accueillir les lycéens (et lycéennes).Seulement, comment arriver à trouver les fonds disponibles, quand toutes les administration retardent ces projets ?

réponse de Richard Descoings Nous sommes en pleine période de mise en oeuvre de plan de relance par l’investissement. Je pense que les villes et les régions sont prêtes à s’investir si l’Etat accepte de co-élaborer les décisions dans cette manière avec elle. Et pourquoi ne pas soumettre à Michel Rocard et Alain Juppé l’idée qu’une partie de l’emprunt national puisse être affectée à la construction et à la rénovation d’internats, c’est à dire l’avenir des jeunes.

question de WenPhQuand vous parlez de “l’engagement lycéen” dans la synthèse, vous citez l’exemple des CVL. Je fais remarquer que dans mon propre lycée, une très large majorité des élèves ne savent même pas ce que ces 3 lettres signifient ; et pour cause, les membres du CVL sont soit résignés par le manque de reconnaissance fait de la part de l’administration, soit si “isolés” qu’ils sont inaudibles pour les élèves, soit quasiment idéologiques vis-à-vis du lycée… et bien souvent, les projets d’élèves qui marchent sont ceux qui passent directement entre adultes et jeunes, sans intermédiaires. Dès lors, doit-on maintenir l’existence de ces instances lycéennes ? D’autant plus que dans certains lycées privés sous-contrat, il n’existe tout simplement pas de CVL ?

question de MatthieuM. Chatel organisera-t-il une réunion des vice-présidents des CVL de France comme l’avait fait M. Darcos ?

réponse de Richard Descoings Je crois absolument indispensable d’associer les lycéens à la vie scolaire, qu’il s’agisse de maisons des lycéens, de vie associative, de participation aux conseils de classe, d’avis sur les priorités par exemple en matière de travaux à réaliser ou d’organisation des emplois du temps. Mais les institutions ne vivent que par la pratique. Si les professeurs les CPE, les chefs d’établissement ne croient pas à l’intérêt d’associer les jeunes à la vie lycéenne, alors il y a très peu de chance que les CVL puissent fonctionner efficacement. Mais à mon expérience, les lycées qui vont le mieux sont ceux où la vie lycéenne est très dense. A mon sens il ne faut pas ajouter des dispositifs juridiques à d’autres dispositifs juridiques, il ne faut pas ajouter des institutions à d’autres institutions, il faut faire vivre ce qui existe. Je suis d’accord avec vous cependant, les CVL peuvent être aussi compte tenu de leur mode de désignation instrumentalisés par une minorité des élèves. C’est avec la résistance des adultes l’autre risque pour la performance des CVL. Mais prenez l’exemple de la politique menée par la région Poitou Charentes vis-à-vis des lycées et vous verrez qu’il est possible de donner du sens aux responsabilités confiées aux lycéens. Pour répondre à la question de Matthieu, je ne sais pas du tout ce que sont les intentions de Luc Chatel mais je suis sûr qu’il aura à coeur d’écouter les lycéens dans des conditions suffisamment sereines pour que ceux-ci se sentent entendus.

question de berplume Evaluer en fin de parcours. Lu ds Le Monde - 08/07, une réaction d’abonné : “Quelqu’un peut m’expliquer le miracle qui fait que les notes du bac sont en moyenne 4 points au dessus des notes moyennes du lycéen pendant l’année? Une brusque épidémie de génie pré-estivale? Arrêtons avec la langue de bois : tous les enseignants en lycée connaissent parfaitement les consignes reçues pour améliorer les résultats du bac.” Vos propositions sur des évaluations exigeantes, mais qui sachent encourager sont extrêmement pertinentes. Ce qui interroge, c’est la capacité et la volonté d’un gd nbre d’enseignants à vouloir agir ainsi !(voir réaction ci-dessus). Pouvez-vous aller plus loin et proposer un système précis combinant examens partiels, contrôle continu objectif (=pas son enseignant ds son établissement) et deux ou trois épreuves finales ?

question de Tibère Vous dites que vous ne voulez pas toucher au bac. Un examen qui a près de 80% de reçus du premier coup a-t-il vraiment un sens? En quoi est-il encore républicain, quand tout le monde - mais surtout les recruteurs se disent que le bac ne vaut plus rien, mais regarderont éventuellement le lycée où un élève a été formé ?

réponse de Richard Descoings Très vieille querelle que celle du bac. Et bien représentative de la conception exclusivement élitiste qu’on a de notre second degré. Là où l’on pourrait se montrer heureux de monter une classe d’âge au niveau le plus élevé possible de formation, on regrette au contraire qu’il n’y ait pas plus de sélection qui délimiterait bien les bons des mauvais. Dans notre pays, la qualité s’évalue par l’importance de l’exclusion. Peut-on au moins dire qu’il y a des pays civilisés qui ne portent pas cet idéal là?

question de Elisabeth Thomas Je m’interroge sur les propos tenus par M. Descoings quant au caractère facultatif de l’apprentissage d’une deuxième langue vivante. Certes, il va s’agir de chercher des heures pour alléger l’emploi du temps des élèves, mais il n’est pas acceptable de vouloir encore amputer l’horaire consacré à l’enseignement des langues vivantes. En supprimant ou en réduisant l’offre linguistique pour certains élèves, on les oblige, de fait, à n’apprendre que l’anglais. Or, même dans l’enseignement professionnel, il y a des échanges très vivants avec des écoles partenaires allemandes. Que dire de tous les autres échanges organisés dans l’enseignement secondaire général. L’apprentissage d’au moins deux langues ouvre aussi les élèves à des réalités culturelles multiples, les aide à mieux comprendre l’Europe et consolide leur identité européenne. Même pour des élèves qui ont apparemment des difficultés à atteindre le niveau attendu, l’enseignement de deux langues vivantes est bénéfique.

réponse de Richard Descoings J’ai seulement dit que l’obligation pour une immense majorité des élèves de faire semblant deux langues en sus de leur langue maternelle est l’un des exemples de la formidable hypocrisie dans laquelle nous aimons maintenir notre système d’éducation nationale. Tout le monde sait qu’arrivent au niveau du bac des jeunes qui maitrisent encore insuffisamment le Français, qui maitrisent difficilement une deuxième langue et qui ne maitrisent pas du tout une troisième langue. Les jeunes le reconnaissent eux-même. Mais ça ne fait rien, nous continuerons, ne vous inquiétez pas à faire semblant, peu importera le gâchis des moyens mais plus encore l’enfermement d’une partie des jeunes générations dans une série de handicaps professionnels et sociaux qui les pousseront légitimement à la révolte vis-à-vis d’un système qui leur ment.

question de Gwenhaël L’accent mis sur l’oral dans les programmes de langues vivantes va-t-il enfin trouver sa finalité logique dans des épreuves d’examens(bac) de langue à l’oral?

réponse de Richard Descoings C’est ce que j’ai proposé avec beaucoup de vivacité; je crois que le Président de la République en est fermement convaincu. Je ne sais pas ce que décidera le ministère de l’Education Nationale.

question de WenPhLe lycée, en l’état actuel, maintient une série S qui reste toujours très généraliste. Votre rapport parle d’une “excessive généralité” de cette série et propose de donner une coloration plus scientifique à la série L. Mais après le ré-équilibrage des sections, comment feront les élèves qui ne veulent “se fermer aucune porte”, et qui aujourd’hui rentrent en série S ? Seront-ils obligés de faire leur choix en Seconde et non en Terminale ?

réponse de Richard Descoings Je pense que l’idéal serait toute de même que l’on puisse choisir les trois séries de la voie générale sans avoir l’impression de se fermer des portes. J’ai le sentiment que l’orientation est beaucoup trop précoce dans notre pays et c’est pourquoi je propose ce rééquilibrage en Première et en Terminale. J’ai même suggéré que le choix pourrait ne se faire qu’à la fin de la Première.

question de WenPhMonsieur Descoings, votre rapport préconise de revaloriser la série L en l’ouvrant sur les disciplines scientifiques. Est-ce que cet élargissement sera de même ordre que la série S, fortement ouverte sur les sciences humaines ? Toutes les séries seront-elles alors davantage généralistes, ou plus spécialisées ?

question de faberstapulensis L’enseignement scientifique prévu en complément en Terminale Littéraire (p. 54 de votre rapport) est-il un doublet de ce qui se fait déjà en 1° L, ou bien est-ce un module d’anthroplogie et sociologie des sciences? La première possibilité me semble de peu d’intérêt; la seconde beaucoup plus ambitieuse et beaucoup plus intéressante: cela permettrait de faire entrer enfin le structuralisme (linguistique, ethnologique, etc) dans la culture philosophique.

question de berplume La voie Littéraire. Oui à l’introduction de droit, à une pratique orale musclée en langues (des moyens, labos etc ??), à une diminution du coefficient philo au bac, à une culture scientifique réintroduite. Mais ne pas augmenter la part des maths sans CHANGER l’approche de la discipline (sinon, ce sera la catastrophe). Ne pas se contenter d’introduire de L’Histoire des sciences, même si c’est utile ; pourquoi ne pas apporter un savoir technique concret des outils modernes d’aujourd’hui : informatique, physique appliquée (le téléphone portable, l’écran télé etc ..) et un peu de science de l’environnement/bio. Bref : un savoir des techniques de base d’aujourd’hui pour que le(la) littéraire ne soit pas l’idiot de service dans la vie moderne. Votre avis ?

réponse de Richard Descoings Je crois que l’enseignement des sciences en série L doit venir nourrir la conception ancienne et forte des Humanités. Les humanistes qui sont nos grands modèles ne s’amusaient pas à dissocier les arts, les technologies, les sciences et les lettres. Pour la Série L, il ne s’agit pas de singer les enseignements proprement scientifiques de la série S en se contentant d’affadir les programmes et d’abaisser le niveau d’exigence intellectuelle. Il s’agit à mon sens d’enrichir la culture humaniste des élèves de L, des apports de l’histoire des sciences de la sociologie des sciences, de l’anthropologie. Effectivement comment prétendre être philosophe aujourd’hui en ignorant tout des bouleversements sociaux et sociétaux qu’entrainent les grandes percées scientifiques et technologiques?

question de xavier Monsieur Descoing, est-il question dans votre réforme, d’un vrai tronc commun avec toutes lesséries du lycées: tel que la culture générale, l’éducationd civique…? Merci d’avance de votre réponse.

réponse de Richard Descoings L’éducation civique me parait indispensable, encore serait-il sans doute souhaitable de préciser un peu ses objectifs et son contenu. Je suis en revanche tout à fait hostile à un enseignement dit de culture générale. La “culture générale” d’un jeune puis d’un adulte se construit et se compose progressivement dans l’étude des grandes disciplines scientifiques. Un enseignement de culture générale ne pourrait à mon sens être qu’un ensemble de prêt à penser qui est très exactement le contraire de l’ambition des études secondaires.

question de Perrine Vous ne craignez pas que vos propositions sur l’orientation (stages, journées d’information) qui, bien sûr ont un sens en tant que tel s’il s’agit d’informer, ne risquent pas de rigidifier encore un peu plus le recrutement ? Si on a fait L, on ne pourra aller que vers tels types de métiers, pareil pour la voie techno etc. Pourquoi ne pas concevoir tout simplement qu’à 16 ans, on est trop jeune pour choisir un métier, et que l’instruction se conduit pas à tel ou tel métier mais ouvre toutes les portes ? En Angleterre, on peut faire philo ou histoire et être banquier…

réponse de Richard Descoings Dans mes propositions, il ne s’agit pas d’enfermer les jeunes dans la découverte des métiers à partir de la filière dans laquelle ils se trouvent. Pour être concret, ce que je propose c’est que les élèves en fin de collège aillent tout aussi bien assister à des enseignements en lycée professionnel et en lycée général et technologique. Et que plus tard, tous les lycéens, quel que soit leur lycée et la voie qu’ils auront choisi (ou pas) puissent aller dans les universités et les classes d’enseignement post-bac voir concrètement ce dont il s’agit. Certains jeunes qui ont 16 ans veulent pouvoir choisir un métier: que notre système leur en laisse la liberté. L’immense majorité des jeunes de 16 ans ne savent pas quelles études ils veulent suivre par la suite et à fortiori ne savent pas vers quels métiers ils s’orienteront : il faut donc organiser un système le plus souple et flexible possible avec des passerelles, des aiguillages et la possibilité concrète de changer d’avis. Franchement, combien parmi les adultes de plus de trente ans savaient-ils à 16 ans ce qu’ils allaient devenir aujourd’hui? J’ajouterai à titre très personnel: est-il souhaitable de savoir si longtemps à l’avance ce que l’on va et ce que l’on veut devenir?

question de WenPhCe que je remarque, c’est qu’au vu des exigences dans l’enseignement supérieur, il est quasiment impossible d’alléger les programmes scolaires au lycée. Dès lors, comment peut-on réduire les emplois du temps des lycéens, sans rogner sur le contenu ? Je suis d’accord : il n’est pas acceptable que les lycéens doivent travailler de 8h à 18h en cours (puis pendant deux à trois heures à la maison). Mais je ne vois pas où on peut faire l’économie d’heures de cours !

réponse de Richard Descoings Le niveau d’exigence en première et deuxième année de licence a pour seul objectif de sélectionner de la façon la plus radicale possible des étudiants dont beaucoup de professeurs pensent plus ou moins ouvertement qu’ils n’ont pas leur place à l’université. C’est à nouveau le système bien français d’hypocrisie: on affiche des grands principes: tout bachelier “a droit à” l’entrée à l’université. Mais personne ne lui dit qu’en l’état actuel des choses, la plupart des universités sont organisées pour faire échouer un maximum des étudiants qui s’y retrouvent inscrits en première année. Je trouve injuste de faire porter au lycée la responsabilité de ce qui se passe dans les premiers cycles universitaires.

question de Héllie Je ne vois rien dans votre rapport sur la place des parents. Même si je suis d’accord pour laisser en partie l’instruction de mes enfants à leurs profs, ne pensez-vous pas que l’on est pas mal placés pour discuter avec nos enfants orientation etc. ? Peut-être faudrait-il développer les rencontres parents / profs.

réponse de Richard Descoings Vous avez totalement raison et mon rapport ne pouvait pas tout dire dans le temps qui m’était imparti. Je regrette de n’avoir pas fait suffisamment de place au rôle des parents. Je connais bien peu de familles où l’orientation ne se décide pas en partie collectivement. La question des relations entre professeurs et parents me parait délicate. Je pense que cela ne fait pas de mal à un adolescent ou à un jeune adulte de développer son autonomie y compris par rapport à sa famille par la relation directe à des adultes qui ne sont pas ses parents. Ayant dit cela j’ai bien conscience que les enseignants sont très divisés sur ce que doit être leur propre rôle dans l’orientation de leurs élèves.

question de MatthieuVous évoquez la possibilité pour les élèves de participer aux conseils de classes.Cependant, n’avez vous pas peur que les professeurs ne puissent plus “parler librement et franchement” des élèves en présence de ces derniers. L’évocation des problèmes que pose tel ou tel élève en sa présence est difficile.De plus, qu’adviendra-t-il du rôle des délégués de classe si les élèves assistent à leurs conseils ?

réponse de Richard Descoings Je ne vois pas en quoi le fait de s’exprimer à huis clos permet de s’exprimer plus librement et plus franchement. Je crains même que cela puisse mener dans des cas bien sûr extrêmes à une expression irresponsable. Quant au système des délégués de classe, je trouve qu’il conduit à bien des dérives. Tous les élèves se sentent-ils vraiment représentés par leurs délégués de classe? Tous les délégués de classe se sentent-ils vraiment investis de la même responsabilité vis-a-vis de tous les élèves qu’ils sont censés représenter? Je crois vraiment que les lycées qui ont expérimenté la présence de chaque élève au moment du conseil de classe qui examine son cas réussissent en terme de pédagogie et d’autonomie des jeunes des progrès spectaculaires.

moderateurNe vous déconnectez pas ! Il est 11h, mais vu le nombre de questions intéressantes, Richard Descoings continue d’y répondre pendant quelques minutes ! Cependant, l’heure tourne, ne soumettez plus de questions et gardez-les pour les commentaires du blog !

question de Noumea Donnez l’autonomie aux lycées ne risque-t-il pas d’en favoriser certains, dans des régions riches, et attractives (où il y aura les meilleurs profs, les musées à visiter…) et de voir certains complétement à l’abandon?

réponse de Richard Descoings Je ne vois pas en quoi le fait de laisser plus de liberté et d’initiatives aux équipes pédagogiques porterait atteinte à l’égalité. Si vous voulez vraiment l’égalité, il faut se fonder sur la situation des lycées les moins innovants où les taux de résultat sont les plus mauvais et où l’ambiance est la plus détestable, et étendre cette situation à tous les lycées français. Croyez-moi j’ai visité des lycées en zone rurale de régions peu favorisées par la fiscalité où les équipes pédagogiques étaient autrement dynamiques et entreprenantes que dans bien des lycées de centre-ville.

question de berplume Bonjour, M. Descoings, sachant qu’il n’y aura plus beaucoup d’argent à investir, quels points considérez-vous comme primordiaux pour une réforme du lycée ? Pour l’orientation, personne ne semble avoir envie de bouger les lignes - et ce ne sont pas des plateformes téléphoniques qui vont bouleverser la donne. Et, question plus large, quelle est l’étape suivante de la fusée ? Vous restez dans l’équipage ?

question de lara Concrètement quels sont changements réels qui vont s’effectuer suite à cette concertation ?

réponse de Richard Descoings Première réponse: le Président de la République a repris à son compte publiquement les principales orientations que je préconise pour réformer le lycée et Luc Chatel a donc une feuille de route. Reste à savoir bien sûr si le ministère de l’Education Nationale ne cherchera pas à résister à la volonté politique. Deuxième réponse: Luc Chatel a demandé à l’ensemble des organisation syndicales et professionnelles une réaction écrite à mes préconisations qui vont donc servir de base à la négociation qui devra commencer très vite à la rentrée. Troisième réponse: si je pouvais avoir fait passer l’idée qu’on ne peut pas réformer l’Education Nationale sans aimer les jeunes et les enseignants, j’aurais le sentiment d’avoir fait un peu progresser les choses.

moderateurMerci à tous de votre participation à ce chat ! Nous avons abordé tous les thèmes lors de cette heure. Les questions qui n’ont pas pu être posées seront publiées sur le blog, où vous pouvez toujours continuer à débattre !

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Commentaires37 commentaires

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  • Matthieu

    Pour revenir sur la question des conseils de classes, je souhaite apporter quelques précisions.

    Le système de conseils de classes “à huit clos” accuse parfois des dérives, mêmes si, heureusement, elles sont minoritaires.
    Cependant, faire assister l’élève à son conseil de classe empêchera les participants au conseil de s’exprimer “librement et franchement”.
    Un exemple : Si un élève pose (ou a, même si c’est moins problématique) des problèmes (de travail ou de comportement), et que les professeurs, les représentants des élèves ou des parents souhaitent en faire la remarque, je crois que la présence de l’élève ne sera en aucun cas une incitation à en parler, de peur de passer (surtout pour les représentants des élèves) pour un traitre ; voire même directement pour les professeurs de pouvoir dire “lui il dit ça sur moi…!” ce qui n’améliorerait pas les relations élèves/professeurs (du moins pour les élèves “problématiques”).

    Je plaiderai plutôt pour un système de conseils premièrement “à huit clos” où chacun s’exprimerait de la même façon qu’actuellement, et dans un second temps, faire accéder l’élève (accompagné de sa famille ?) au conseil de classe, pour qu’il puisse répondre de ses résultats ou de son comportement.

    Quant à la représentation des élèves, les délégués sont élus démocratiquement, même si je vous accorde volontiers que certains délégués sont loin de représenter correctement et efficacement les élèves.
    Cela dit, si les délégués recevaient la formation due, peut-être seraient-ils plus actifs. Hélas, cette formation n’est que trop rarement mise en place…


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  • Lutin Alternatif

    Dans un monde où le jeune sera livré à lui-même, il faut le mettre en position d’autonomie …
    Non à la présence des parents qui empêche toute expression de leur enfant !

    Et puis monsieur Descoings, il serait sage d’insérer dans les programmes les notions de la vie de tout les jours “utiles” ( la couture, le fonctionnement d’une assurance, une étude d’une feuille de salaire, faire le ménage, la cuisine aussi …)

    Parcequ’il ne faut pas oublier … que nous sommes avant tout des êtres humains …


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  • paradox

    Cher Lutin Alternatif,
    Je ne vois pas le lien qu’il y a entre votre commentaire et les très intéressants échanges qu’il y a eu à l’occasion de ce chat avec Richard Descoings : il serait donc utile pour les lecteurs d’expliciter votre commentaire.
    1. Je suis d’accord pour que le lycée ait pour objectif la recherche de l’autonomie pour les élèves.
    2. Cependant, je ne suis pas sûr que l’on soit vraiment dans un “monde où le jeune sera livré à lui-même” : la très grande majorité des jeunes est insérée dans un contexte social où il y a la famille, le réseau social (amis, collègues, etc), une grande diversité d’institutions (Etatiques ou pas, associations, etc.) qui font que les jeunes ne sont pas “livrés à eux-mêmes”, sans aucune aide.
    3. Pas sûr non plus que tous les parents “empêchent toute expression de leur enfant”… ce serait même plutôt l’inverse, dans le cadre familial comme dans le cadre scolaire, beaucoup de parents ont aujourd’hui un comportement qui consiste à développer l’expression individuelle de leur enfant. Je dirai même plus : non seulement les parents n’empêchent généralement pas l’expression de leur enfant dans notre société de plus en plus centrée sur l’individu et la construction de l’individualité, mais au contraire, les parents se transforment de plus en plus en porte-parole de leur progéniture devant les représentants de l’institution scolaire (voir la tendance à la judiciarisation croissante des conflits entre parents et enseignants).
    4. Pour moi, ce n’est pas le rôle du lycée de transmettre des savoir faire d’ordre pratiques du genre évoqué par Lutin Alternatif. Lutin Alternatif, ne serait-ce pas le rôle de la famille que d’apprendre aux enfants à “faire la cuisine”, à savoir faire son lit, etc ?
    Savoir lire, écrire compter, mais aussi réfléchir, argumenter, apprendre, acquérir une culture générale, sont des objectifs bien plus essentiels (et ayant des conséquences pratiques durant toute la vie des citoyens).


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  • berplume

    Conseil de classe. Matthieu, Lutin, vous savez qu’à tout moment le professeur ppal peut réunir ses collègues de la classe pour évoquer, sans auditeur,un pb ou un “cas”. Le conseil, lui, étudie “les résultats obtenus par les élèves et présente les conseils en orientation formulés par l’équipe.
    Sur ces bases, et en prenant en compte l’ensemble des éléments d’ordre éducatif, médical et social, le conseil de classe examine le déroulement de la scolarité de chaque élève afin de mieux le guider dans son travail et ses choix d’études. Le conseil de classe se prononce sur les conditions dans lesquelles se poursuit la scolarité de l’élève.”

    Le lycéen est donc concerné à plein et je soutiens que la présence des élèves au conseil est une très bonne expérience. De nombreuses équipes pratiquent ainsi - souvent : un tiers d’élèves par trimestre assistent au conseil. Personne ne l’a jamais regretté et cela pourrait se généraliser. En plus, cela ne coûte rien !
    En revanche, je ne considère pas la présence de parents au conseil de classe comme indispensable - sauf peut-être en seconde. Les parents ont par contre toute leur place ds la vie globale de l’établissement (CA, commissions, animations diverses etc). Je reconnais qu’ils sont svt plus polarisés par les résultats de leur gd bambin que par le reste : je le déplore.


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  • Matthieu

    Certes, il est absurde d’apprendre aux élèves à faire le ménage (à quand l’épreuve d’essuyage de la vaisselle au Bac ?) ; cela dit, il ne serait pas inutile d’apprendre à rédiger un CV, le fonctionnement d’une assurance, lire et remplir une feuille d’impôt…

    Quant aux cours de cuisine, l’idée n’est peut-être pas si bête : chez certains de nos voisins européens, les élèves suivent des cours de cuisine. Peut-être cette discipline pourrait-elle faire reculer le taux de personnes en sur-poids en apprenant aux élèves à manger équilibré ?


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  • berplume

    Vie quotidienne. Ma voix parentale appuie celle de Paradox. Lors de la consultation du printemps, de nombreux lycéens ont demandé ces fameux cours de “couture, cuisine, ménage et entrée ds le monde du travail”. Attention, il faut distinguer entre ce qui entre ds la mission du lycée et le reste. Oui pour un zeste de droit du travail, de la rédaction de CV et autres petits modules de ce type - lors d’un moment bien différencié de l’enseignement habituel. Non pour apprendre à préparer une fondue, nettoyer les toilettes ou savoir-vivre à table … Plus qu’en famille, c’est à l’occasion de divers temps de vie en groupe d’ados que ces choses importantes s’expérimentent. Les colos de vacances traditionnelles ou humanitaires à l’étranger, les camps d’archéologie, bref les occasions ne manquent pas ! Les jeunes et les parents doivent s’en persuader.


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  • Berplume

    Plutôt qu’apprendre à manger équilibré, ne pensez-vous pas, Matthieu, que les lycéens recherchent à vivre un moment convivial de détente autour du temps repas ? Moment qui peut effectivement devenir instructif, je ne le nie pas. Je propose alors un espace cuisine autogéré (aïe, très difficile ça !) pour cuisiner un peu autour de recettes échangées, préparer des cookies (au chocolat équitable) ensemble, avec le passage à l’occasion d’un adulte. Une MDL pourrait abriter un tel lieu. Mais qui nettoie la vaisselle, balaie le sol et récure les plaques ?? Sûrement pas le personnel d’entretien.


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  • Lutin Alternatif

    Pour m’expliquer un peu …

    Je sors d’une réunion de journée d’accueil de BTS … Bcp de parents ont effectivement emmenés leurs enfants (majeurs bien sur)…
    Je trouve ça honteux que les parents puissent avoir le droit d’ouvrir la bouche dans ces réunions ! Ils posent des questions inutiles (puisque tout a été précisé dans les feuilles de pré inscription) et la vie dans l’enceinte du futur lycée ne concernent plus les parents mais les citoyens eux-mêmes (comprenez ici les btsiens) …

    Enfin, sans doute que la vaisselle et les règles d’hygiènes doivent être appris par les parents et la famille, cependant je doute que ce soit leur rôle d’expliquer comment fonctionne les retraites, l’assurance, et tout ce qui touche le domaine économique et juridique !
    Nul n’est censé ignoré la loi … mais pourtant jamais dans notre scolarité nous étudions ce texte sacré !
    alors bon …


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  • Chemin de Jade

    Les parents ne vivent pas ce que vivent leur progéniture de fait, il ne peuvent situer à mon sens leurs besoins et poser les bonnes questions durant ces réunions… (De la même manière, il nous est parfois difficile de comprendre les besoins et les choix de nos parents)…
    L’école devrait favoriser l’autonomie…
    Mais l’autonomie ne consiste t-elle pas justement à être capable d’identifier seul ses besoins et faire seul la démarche de se diriger vers les personnes (amis, grand-père, le voisin…), institutions, livres qui pourraient répondre à nos questionnements et répondre de fait à nos besoins?
    Fort heureusement, nous avons différents centres d’intérêt et passions, et différents manques dans notre éducation… Certains ont appris à cuisiner, d’autres à jardiner…
    Rien ne nous empêche si nous identifions un manque et par extension le besoin de “savoir”, de rechercher un stage de cuisine, frapper à la porte de la voisine pour faire part de notre envie d’apprendre à cuisiner ou acheter un livre de recettes…
    Je suis passionnée pour ma part des arts-martiaux et si je devais penser comme Lutin Alternatif, je pourrais reprocher à l’école de ne pas m’avoir appris cet art, à mon sens, essentielle à ma vie…
    Heureusement, j’ai pu trouver un professeur pour m’enseigner ce qui me manquait et j’ai pu découvrir des auteurs qui m’ont aidé à comprendre l’esprit des arts-martiaux…
    Pour conclure, c’est à mon sens en ayant une démarche personnelle que l’on “s’éduque” et “s’enseigne”… Pour cela il suffit de chercher de manière autonome!
    Il est toujours possible d’apprendre à connaître la loi, de se procurer le code civil ou le code pénal…
    Responsabilisons-nous! et nous cesserons de faire peser sur les autres le poids de notre propre ignorance(parents, école etc…)
    :)


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  • berplume

    Au début du chat, R. Descoings répond : “Depuis 40 ans, notre société a choisi de préserver une formation élitiste au détriment de plus de la moitié des jeunes générations. Je ne vois pas … ” Et c’est interrompu !! Sauvé par le gong, M. Descoings ? Que faisons-nous, nous acceptons cet état de fait ? Et tout le monde se plie à ce consensus lamentable en bricolant des arrangements pour sauver la face ? Moi, cela me choque. J’aurais voulu lire la suite, en tant que “Bisounours” patenté.


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  • berplume

    Propositions pour les rentrées prochaines.
    J’avais envoyé en fin de chat qqs idées à appliquer rapidement pour donner un autre visage au lycée ; je les reprends maintenant.
    1- Pas de classes de plus de 30 en seconde
    2- Revoir de fond en comble la philosophie du soutien en seconde, en surveiller l’application car c’est la jungle (chacun fait sa sauce et ce n’est plus du soutien). Envisager son extension à la classe de première.
    3- Encourager fermement le principe des conseils de classe avec la présence des élèves (un tiers de classe par trimestre).
    4- Promouvoir sérieusement la pédagogie de projet (un par classe, et/ou un par élève sur deux ans, etc).
    Qu’en pensez-vous ? Ce n’est pas trop coûteux …


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  • Margot

    Bonjour,

    Effectivement, une phrase de Richard Descoings est tronquée. Le module de chat intègre une limite de caractères pour les réponses, et sur cette réponse, celle-ci a été dépassée !


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  • popeye

    juste une question. Pourquoi vouloir changer le lycée alors que les résultats sont de plus en plus bons? ( jamais autant de reçus que cette année)


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  • berplume

    Encore quelqu’un à qui les bons résultats du bac font l’effet du poil à gratter ?
    N’empêche que je suis la seule à penser à féliciter chaudement les valeureux enseignants qui ont permis cette réussite ! Ils le méritent, non ?
    En plus, je suis sincère !


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  • Jimmy

    Bonjour Margot,

    Vous devriez publier le morceau de phrase manquant dans cette réponse dans une réponse ici-même.

    Les lecteurs aimeraient certainement connaître la fin du message de Richard Descoings !

    Merci et bonne journée à vous.


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  • berplume

    Bah ! Jimmy, ce devait une phrase du style :”Je ne vois pas ce que nous pouvons faire pour soulever des montagnes aussi énormes car le rapport de force est franchement défavorable pour ceux qui souhaitent renverser cet état de fait”.
    Il y en a trop qui se satisfont ou profitent de la situation actuelle.
    En théorie, la recherche du consensus est la meilleure tactique mais ,sur le terrain, cette stratégie peut paraître molle et fait le jeu du “camp adverse” qui se réjouit du temps qui passe sans changement notoire. Les idées sont là mais l’audace et la vague porteuse du nombre manquent.


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  • Matthieu

    Pour les cours de cuisine, pourquoi ne pas en faire une option ?


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  • berplume

    Vous souhaiteriez, Matthieu, pouvoir vous initier à la cuisine en option, comme chinois en LV3 ou théâtre. Franchement, croyez-vous que vous y trouveriez ce que vous cherchez ? Moi, je doute. Figurez-vous que cela a existé, il y a longtemps d’accord, mais cela s’est fait. Quand j’étais jeune (j’ai 50 ans maintenant), j’ai suivi des cours de cuisine et couture en 3ème, je crois. Je précise que c’était ds un collège public bien coté. Eh bien, ce fut un véritable pensum et un calvaire malgré la grande gentillesse du prof. Je me souviens d’essais lamentables de pâte à choux, de tentatives pénibles pour ganser un peignoir … Vous pouvez penser que je n’étais pas motivée, mais ce n’est pas ça - même si la suite a prouvé que je n’avais aucun talent ds ces domaines. C’est tout simplement que manquaient l’ambiance chaleureuse d’une cuisine entre copains, le plaisir de cuisiner pour ceux qu’on aime, de participer, pour sa petite part, à la fête des papilles. Croyez-moi, le jour où on veut cuisiner, on s’y met avec bcp d’allant et d’énergie. Que ce soit pour des plats bio, végétariens ou des beignets au chocolat. L’option n’apporterait rien sinon de l’ennui et des heures en plus.


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  • berplume

    Soit tout le monde part en vacances - ce dont je doute - , soit le débat sur l’éducation ne suscite des passions et le besoin urgent de s’exprimer qu’en période scolaire - ce qui m’interroge et m’inquiète. La mise en veilleuse de ce blog ne sera excusée à la rentrée que sur présentation de preuves solides de séjours au grand air et/ou fiches de lecture d’ouvrages portant sur le sujet qui nous agite.
    Un conseil de lecture sous parasol ou parapluie :
    “Contes pour les enfants et la maison” des frères Grimm. Une nouvelle traduction à déguster pour 50euros. Un placement par ce temps de crise !
    http://www.jose-corti.fr/titresmerveilleux/grimm-contes.html


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  • Matthieu

    L’idée de faire des cours de cuisine une option est une façon de faire rapporter aux élèves quelques points supplémentaires pour le bac…

    Cela dit, l’idée d’une “activité cuisine” peut aussi se développer sous forme péri-scolaire : au lieu de cuisiner lors d’une heure de cours -qui pourrait aussi bien être utilisée pour la LV3 ou le théâtre- les élèves seraient aux fourneaux en dehors des heures officielles de cours.
    Une telle activité avait (ou “a” je l’espère) lieu dans mon ancien collège : le Chef prenait un petit groupe d’élèves, entre 17 et 18 heures, deux fois par semaine, auxquels il enseignait la cuisine et la découverte du monde culinaire, dans la cuisine de l’établissement. Je ne me souviens plus si les élèves n’emportaient pas le fruit de leur apprentissage ; mais je me souviens tant de l’enthousiasme du Chef, que de celui des élèves, qui souhaitaient plus d’horaires consacrés à cette activité pour satisfaire la demande (il y avait plus de volontaires que de places disponibles).

    Après, l’idée de rendre officielle une telle activité n’est encore une fois qu’un moyen de rapporter quelques points pour le bac.


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  • berplume

    Option cuisine. Là, non, franchement. Apprendre à cuisiner est très formateur sous divers aspects, nous sommes d’accord. Mais un examen terminal qui sanctionne la fin des études et ouvre la voie vers le supérieur ne se gagne pas avec des points supplémentaires grappillés à droite à gauche. Oui à la notation d’un travail interdisciplinaire sur projet + entretien (type TPE, qui doivent être grandement améliorés). Non aux options exotiques (chinois) ou très locales (bas-breton ou surf), ou qui valorisent une pratique culturelle extérieure (musique).


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  • Matthieu

    Les options facultatives, toutes catégories confondues (langues vivantes, régionales, anciennes, pratiques culturelles, sportives…) sont souvent prisés par les bons élèves afin d’obtenir une mention.

    Dans mon lycée nous notons ainsi que les bacheliers obtenant la mention “très bien” sont pratiquement tous des élèves suivant une option facultative.

    Ainsi, il ne s’agit en aucun cas d’obtenir un bac sur le fil à l’aide d’un travail complémentaire (ce qui peut paraitre paradoxal étant donné que l’élève ne fournit déjà pas assez d’efforts dans les matières principales, dans ce cas, pourquoi se rajouter une charge de travail supplémentaire ?) ; mais au contraire permet à de bons élèves, grâce à ce travail complémentaire, de “décrocher” une mention (ou une mention supérieure), qui vous le savez sans doute, facilite l’inscription à l’université (ou autres grandes écoles…), et permet dans certains cas d’obtenir une bourse d’étude.


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  • Duret

    Ce que dit Mathieu montre le caractère de plus en plus inutile et irrationnel du bac qui n’a plus beaucoup de valeur parce qu’il ne correspond plus aux mutations économiques et aux besoins de marché de l’emploi.
    D’où la nécessité de simplifier cet examen, de diminuer le nombre d’épreuves, de raccourcir sa durée, d’utiliser le contrôle continu etc.


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  • berplume

    Je ne vois aucune raison d’entretenir la possibilité d’ajouter des options au bac pour gagner des points en plus. Et, Matthieu, cet ajout intempestif à l’examen terminal accentue sa relative injustice (même s’il ne s’agit que de qqs points). Le bac roule sur une trajectoire pas réfléchie, pas adaptée à la modification de la société et de ses besoins.
    Par contre, tout à fait d’accord pour proposer dans l’année des enseignements ou ateliers divers et très variés, encourager et valoriser d’une certaine manière la participation à ceux-ci. Mais les présenter en option pour gagner trois points est une stratégie à supprimer du jour au lendemain. Il faut absolument arrêter cette course compétitive qui n’a rien à voir avec l’éducation.
    Encore une fois, tant qu’on n’aura pas bien réfléchi et posé les fondements de l’enseignement secondaire, on rencontrera ce genre d’attitude : je pioche un max de cartes, je garde un peu plus de bonnes cartes que les autres et mon but est d’être le gagnant. Nous pouvons mieux faire, non ?


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  • Matthieu

    Pour ce qui est des options “intellectuelles” (LV3, latin-grec…), je ne vois pas pourquoi les élèves qui travaillent plus ne seraient pas récompensés par des points supplémentaires au Bac.

    Pour les autres options (pratiques culturelles/artistiques, sportives…), il est clair qu’il s’agit plus d’une faculté naturelle, un don, que le résultat d’un apprentissage. La présence de ces options au bac est alors discutable ; mais cela n’empêche pas ces matières d’exister.

    Pour répondre à Duret, j’ai bien du mal à cerner votre discours. D’un côté, vous notez que le bac n’a plus beaucoup de valeur ; mais de l’autre côté, vous plaidez pour un bac plus simple… Ce n’est pas en simplifiant encore le bac, que l’on va lui redonner de la valeur.

    Un point sur lequel nous nous accorderons : il faut réformer le bac !
    Le problème d’une telle réforme c’est que tous les ministre qui s’y sont essayés, ont échoués, preuve que l’opinion publique est très attaché à ce monument républicain du bac ; une réforme est donc une chose difficile à faire accepter.

    Cela dit, un réforme du bac est aujourd’hui une chose indispensable pour redorer le blason du bac.

    De nos jours, on peut regretter que le bac ne soit plus ce qu’il était. Autrefois sélectif et gage de réussite professionnelle (sans autres qualifications), il n’est plus aujourd’hui qu’une simple formalité permettant d’espérer accéder à l’enseignement supérieur. Je dis bien “espérer accéder à l’enseignement supérieur” car nous savons bien qu’un large fossé sépare le niveau bac du niveau des concours d’entrés. Cela est bien la preuve d’un bac déqualifié !
    Alors réformons le bac !

    Premièrement, il faut fixer des objectifs à cette réforme.
    Elle doit permettre de redonner au bac une “valeur marchande”, et ainsi exiger de lui une réelle difficulté permettant une sélection des élèves. Il doit donc sanctionner plus de connaissances pour relever le niveau à la hauteur de l’enseignement supérieur pour supprimer l’écart entre le monde du lycée et celui de l’enseignement supérieur ; mais il doit également être assez complet pour permettre aux élèves souhaitant entrer sur le marché du travail sans faire des études supérieures de pouvoir le faire sans hériter d’emplois déqualifiés.

    Je vous proposerai ma vision d’une réforme du bac dans les jours à venir (le temps de peaufiner ma prose), pour que nous puissions en débattre.


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  • berplume

    Il faut préciser de quel bac on parle. Du seul, du vrai, du noble, à savoir le général ?(là, je souris largement !) Ou l’on a en tête aussi les multiples bac professionnels et technologiques. D’abord, il faut avoir une idée précise de ce sur quoi nous allons discuter ensemble.
    J’aimerais aussi savoir quoi mettre derrière la notion de “valeur marchande” … Je préviens que je bloque déjà sur ce point - pour le bac général bien sûr. Et, à la réflexion, je bloque pour tous les bacs. A bientôt.


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  • Matthieu

    Je parle en effet du bac général.
    Derrière la notion de “valeur marchande” du bac, j’entends deux choses :
    Premièrement, les connaissances qu’il apporte doivent être suffisante pour accéder à l’enseignement supérieur sans difficultés, ce qui, à l’heure actuelle, n’est pas le cas, vu la différence de niveau entre le lycée et l’enseignement supérieur.
    Ensuite, j’entends par “valeur marchande”, le fait de pouvoir accéder au marché du travail avec un BAC qui permet vraiment de réussir.
    Il n’y a pas si longtemps, on pouvait réussir professionnellement seulement avec le BAC. Aujourd’hui, on pousse les élèves à faire des études supérieures, et certains y échouent, et se retrouvent, avec uniquement le bac en poche, au chômage, sans réelles opportunités de s’en sortir.

    Selon moi, la réforme du bac devra permettre deux chose :
    Soit les bacheliers poursuivent à l’université (ou autre), soit ils choisissent de quitter l’école pour le monde du travail, dans ce cas, ils ont en poche un diplôme offrant une réelle qualification (comme le certificat d’études de ma grand-tante, qui permettait en son temps de devenir instituteur).

    La seconde option, vue d’un autre angle, permet aux étudiants qui échouent dans l’enseignement supérieur d’avoir en le diplôme du Bac une qualification sérieuse.
    Car, un autre problème qui se pose à notre société, c’est celui du chômage déqualifié. Un chômeur qui n’a que le bac aura bien du mal à se trouver un emploi. Le “bac réformé” devra avoir une vraie valeur sur le marché du travail.


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  • Alex

    Matthieu, je crois malheureusement que votre raisonnement et votre analyse se montrent assez naïfs.

    En effet, vous voudriez que le bac réformé, puisse être un diplôme donnant accès au monde professionnel, donc au marché du travail. Ceci est impossible avec le bac général dont vous parlez, tout simplement parce que pour accéder à un emploi, il faut avoir été formé et posséder des compétences et non pas seulement des connaissances. Ce que je veux dire par là, c’est qu’un Bachelier S, par exemple, ne peut être embauché tel quel. Pour schématiser, il ne saura rien faire de façon pratique, donc inproductif, donc inembauchable, c’est la réalité…

    Si un jeune souhaite arrêter l’école après le bac, il faut à la rigueur s’orienter en bac pro pour augmenter ses chances de trouver un emploi. Ceci dit, même avec un bac pro maintenant, c’est fortement conseillé d’aller au moins jusqu’en BTS.

    Il est clair, que maintenant, pour se donner le plus de chances, il faut au moins viser un cursus bac+3, ce n’est pas ce que je trouve le plus logique, mais c’est la réalité.
    Et l’Université (au sens généraliste du terme), n’est pas la seule voie. Vous avez les BTS, IUT, DTS, Classe Prépa, et autres, qui vous permettent d’accéder à un cursus Bac+2 encadré, accessible et professionnalisant dans la plupart des cas, et qui enssuite ouvrent les portes à une orientation en Bac +3 type licence pro ou licence généraliste par Validation d’études et encore…

    Ensuite vous pouvez encore continuer jusqu’au master, et je vous assure que vous aurez beaucoup plus de chances de réussir qu’en intégrant dès le bac une L1 généraliste : cela est d’ailleurs surtout vrai pour les bac technos, et pros. (même si ceux-ci restent encore minoraitaires)

    Dans le contexte actuel et avec un marché du travail français très tendu où le nombre d’offreurs (les salariés qui offrent leur force de travail) est nettement supérieur au nombre de demandeurs (entreprises demandresses de main d’oeuvre), en tout cas dans la majorité des secteurs, ce sont les employeurs qui imposent leurs conditions à la fois contractuelles et de diplômes. Ils auront tendance à recruter des candidats surdiplômés, qu’ils sous paieront mais dont ils seront sûr des compétences. C’est regréttable, mais c’est la réalité, et c’est en cela que je trouvais vos propos très naïfs et plus adaptés au monde de oui-oui !!!.


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  • berplume

    Le discours d’Alex est très raisonnable. Le bac général n’est pas “moyennable” directement sur le marché du travail, pour la simple raison qu’il n’est pas prévu pour.
    Par contre, Matthieu, vous mettez le doigt sur un malaise que bcp de lycéens ressentent sans le formuler nettement. En effet, c’est à la fin de la troisième que l’on s’engage vers une voie professionalisante ou non. Cette orientation décisive se fait rarement par choix ou vocation (même si cela arrive pour qqs chanceux); ce sont les moyennes en frçs, maths, hist, langues qui vous “trient”. Qui peut croire qu’à quinze ans on sait si l’on est taillé ou non pour s’engager ds des études longues ? Or c’est le cas si l’on part pour une seconde générale. Vous allez me dire que les enseignants et les COP sont là pour vous dire si vous avez un bel avenir scolaire ou pas … Bien sûr, ils ont une idée presque complète du jeune mais ne jamais oublier qu’ils peuvent se tromper et qu’ils ne connaissent pas tous les éléments. Les excellents qui se dégonflent comme un soufflé avant bac +2, ça existe ; idem pour les besogneux ternes qui se révèlent, une fois la motivation trouvée. Demandez autour de vous !
    Donc je pense qu’il ne faut jamais bloquer les passages d’une voie à l’autre, que tout doit être organisé pour que cela soit possible et qu’on n’ait pas la certitude d’engager définitivement sa vie à 16 ans. Et le lycée général aurait tout à gagner à ôter ses oeillères, à s’ouvrir à des disciplines du monde d’aujourd’hui, à considérer avec autant d’intérêt le concret que le théorique.
    Le bac n’a pas besoin d’être hypersélectif ; ce serait déjà bien s’il sanctionnait correctement un travail régulier des deux dernières années (contrôle continu ou partiels), une compréhension intelligente de textes (frçs et langues vivantes) et le bagage scientifique indispensable à notre époque. Cela fait déjà beaucoup …, j’enlèverai aussi la philo au bac (fabuleuse à pratiquer et découvrir pdt l’adolescence mais une épreuve au bac n’a pas de sens).

    Enfin ce n’est pas de la naïveté de vouloir entrer ds la vie active avec un bac gal (intelligemment conçu)en poche. C’est un désir légitime de jeune adulte. Le monde professionnel doit faire un effort important pour accueillir de jeunes “têtes bien faites” en faisant monter en puissance la formation par alternance.


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  • Matthieu

    Le “triage” des élèves pour les orienter montre à quel point notre système est très sélectif, que ce soit pour l’orientation après la 3è, pour la Première, ou autre…
    Etant délégué depuis plusieurs années, j’ai remarqué combien les résultats sont déterminants pour l’orientation dans les différentes filières, qui, si on en croit le discours de l’Education Nationale, permettre toutes de réussir.
    Maintenant, je remarque que les élèves n’ayant pas la moyenne en 3è sont presque exclus du lycée Général et Technologique. De la même façon, on “force” les élèves ayant des résultats convenables à ne pas aller en lycée Pro (BEP, CAP, Bac Pro, apprentissage…).
    Pour ce qui est de l’orientation en fin de seconde, je note que 100 % des élèves n’ayant pas la moyenne sont orientés vers une filière Techno. L’inverse n’est pas vrai.
    De la même façon, les élèves ayant plus de 12 sont orientés majoritairement vers une Première S.

    Pour ce qui est du bac sanctionnant un travail régulier, je suis tout à fait d’accord. Il est intolérable de voir des élèves ayant la capacité de réussir au bac se tourner les pouces deux années durant, sans vraiment apprendre, car ils savent qu’ils auront le bac. Leur potentiel de réussite ne doit pas leur permettre de ne rien faire !

    Pour le français, j’ajoute que cette matière qui devrait être intéressante (en faisant) réfléchir les élèves, ne sert en réalité qu’à nous faire apprendre des listes de figues de styles plus étranges et déconnectés les unes que les autres.
    Au bagage scientifique, j’ajoute une connaissance des sciences économiques et sociales, une matière importante pour décrypter notre monde contemporain (pour ma part, je trouve que cette matière est la plus “connectée” au quotidien, avec la géographie).
    Quant à la philosophie, j’attendrai d’avoir découvert cette discipline de façon scolaire ; mais je peux d’ors et déjà dire qu’il serait intéressant de l’enseigner dès la Seconde.
    Je crois que cette demande a déjà été formulée.

    Pour conclure, je dirai, qu’à l’aide de vos remarques, je suis aperçu que la solution n’est pas de réformer le bac, mais les “passerelles” de l’orientation au niveau du lycée.


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